Méga-manifestation : tout l'hôpital dans la rue pour réclamer un traitement de choc

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(Crédits : Reuters)
L'appel à une "grande manifestation", lancé il y a un mois par le nouveau collectif Inter-Hôpitaux, a fait le plein de soutiens. À commencer par le collectif Inter-Urgences, à l'origine d'un mouvement social inédit, débuté en mars à Paris et qui s'est étendu à tout le pays, avec encore 268 établissements touchés en début de semaine.

Des médecins aux aides-soignantes, des doyens aux étudiants, c'est un hôpital public à bout de souffle qui est appelé à manifester jeudi pour exiger davantage de moyens et d'effectifs, pendant que le gouvernement peaufine un "plan de soutien" très attendu.

Sous pression budgétaire depuis des années, portée à ébullition par la grève des urgences, la cocotte-minute de l'hôpital a fini par exploser.

L'appel à une "grande manifestation", lancé il y a un mois par le nouveau collectif Inter-Hôpitaux, a fait le plein de soutiens. À commencer par le collectif Inter-Urgences, à l'origine d'un mouvement social inédit, débuté en mars à Paris et qui s'est étendu à tout le pays, avec encore 268 établissements touchés en début de semaine.

Sibeth Ndiaye reconnaît les " très grandes difficultés" de l'hôpital public

Les revendications n'ont pas changé depuis le départ: augmentation des salaires, hausse des effectifs et réouverture des lits supprimés. Mais la colère n'a cessé de monter.

Les professionnels "ont raison de pointer les très grandes difficultés dans lesquelles se trouve aujourd'hui l'hôpital public", a estimé Sibeth Ndiaye jeudi matin sur France Inter. Les difficultés du secteur "perdurent depuis très longtemps", a souligné la porte-parole du gouvernement, évoquant un "déficit d'investissement" et "d'attractivité des professions médicales".

Fait rare, tous les syndicats de la fonction publique hospitalière se sont ralliés à la mobilisation, en particulier la CGT, FO et la CFDT, qui peinent tant à s'accorder sur d'autres sujets au niveau national.

Chez les praticiens, les anesthésistes du Snphare tablent sur "une mobilisation historique", tandis que les gynécologues du Syngof ont "préparé la grève en évitant toute programmation de soins non urgents".

Même l'Ordre des médecins "comprend ce désarroi"

Du côté des étudiants, les carabins de l'Anemf et les futures sages-femmes de l'Anesf ont rejoint le mouvement, avec la bénédiction des doyens de médecine, qui ont décrété une "journée sans activités dans toutes les facultés".

Leurs aînés en internat, indispensables au fonctionnement des services hospitaliers, sont pour leur part consultés par leur intersyndicale (Isni) sur une possible grève "totale et illimitée à partir du mardi 10 décembre".

L'inquiétude remonte jusqu'aux pontes des commissions médicales d'établissements (CME), qui évoquent un "état d'urgence républicaine".

Même l'Ordre des médecins "comprend ce désarroi" dû à "des conditions de travail toujours plus difficiles" et attend "une réponse à la hauteur des enjeux".

Buzyn promet un "plan de soutien"

Agnès Buzyn a promis en réponse un "plan de soutien" qui mettra l'accent sur "un meilleur investissement courant" et "la revalorisation des salaires, notamment en début de carrière".

Mais la ministre de la Santé a déjà échoué par deux fois à sortir de ce conflit: ni la prime mensuelle de 100 euros versée depuis juillet, ni le plan de "refondation" annoncé en septembre n'ont suffi à faire baisser la tension.

Les manifestants veulent être reçus cet après-midi à Matignon

Les manifestants visent désormais plus haut: le cortège parisien s'élancera à 14H00 de Port-Royal en direction des Invalides, en espérant que leurs représentants seront reçus à Matignon.

Ils trouveront en tout cas porte ouverte au Sénat, dominé par la droite, où une délégation sera accueillie par la commission des Affaires sociales.

En plein examen du budget 2020 de la Sécu par la chambre haute, les débats se polarisent sur la hausse des dépenses de santé, pour l'heure limitée à 2,1% à l'hôpital, quand les grévistes réclament le double.

"Des discussions sont en cours" sur le sujet, mais "elles nécessitent des arbitrages difficiles", a reconnu Mme Buzyn devant les sénateurs mardi.

En face, le ministère de l'Economie veille au grain et a déjà fait savoir qu'une reprise, même partielle, de la dette colossale des hôpitaux publics (30 milliards d'euros) "n'est pas une option envisagée".

Et Bruno Le Maire a prévenu que, "si l'on dépense de l'argent pour l'hôpital", il faudra "trouv(er) des économies en face".

Pour ouvrir le verrou de Bercy, la clé viendra d'Emmanuel Macron, qui estimait fin octobre qu'"il va falloir qu'on remette des moyens, parce qu'il faut qu'on réponde à la souffrance des personnels de santé".

A trois semaines d'une grève massive dans les transports contre la réforme des retraites, il y a urgence.

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Commentaires
a écrit le 15/11/2019 à 18:33 :
Les hôpitaux publiques : beaucoup évitent ....

Dans les années 1980 , nous n’entendions jamais des morts à 42 ans subite ( aux urgences ) des morts alors que les malades allaient être libéré a 8 h le lendemain ,
le cas de trois retraités ( même schéma , vraiment identique,chaque fois )

Je pense qu’il faudrait une loi urgente : «  en cas de décès à l’hôpital de manière subite et inexpliquée «  mis en place d’une enquête d’expert non subventionnée par l’état et ni la préfecture mais un organisme citoyen et indépendant.

Pour sortir «  de ce chaos » de santé publique la solution :

Privatiser tous les hôpitaux : virer tout ceux qui ne sont pas motivés et qui n’ont rien à faire dans ce domaine

Il faudrait réformer les hôpitaux et leur fonctionnement de fond en comble
( hiérarchie, organisation,salaire tout de À à Z)
a écrit le 15/11/2019 à 10:06 :
Une fois que nous aurons payé notre obole de plusieurs milliard a "Bruxelles", que nous aurons payé nos pénalités pour retard d'application des contraintes de l'UE, nous pourrons pensée "souverainement" a nos dépenses intérieures avec les miettes qui nous restera! Donc n'arrêtez pas de quémander sinon vous n'aurez rien!
a écrit le 14/11/2019 à 23:40 :
Quand je vais à l' hôpital public plutôt qu une clinique privée je suis toujours effaré par la pléthore de personnels abministratif, on passe par x secrétariats qui vous demandent en général 15 fous la même chose. Enfin pour résoudre le problème des urgence ou des 17 h tous les gens s'y retrouvent faute de pouvoir voir un médecin généraliste il est peut-être temps d arrêter de câliner nos généraliste qui n en foutent plus une.... Mais obtiennent des augmentations de la consultation.....
a écrit le 14/11/2019 à 23:31 :
Macron est au pouvoir depuis 2 ans et demi

L Hopital , comme la police ,la justice, les prisons sont des problèmes depuis 30 ans
On bidouille toujours
Rien ne change l insupportable 1 er énarque de Matignon fanfaronne et ne règle aucun problème
L Hopital devrait être la 1 ère chose a fonctionner dans l état .depuis 8 mois ça grogne et rien n’a été fait
Il ne reste plus qu’à changer les élus et virer toute cette clique politique
a écrit le 14/11/2019 à 18:55 :
.Secteur Public de l'hôpital : 3 bureaucrates pour un soignant.

.Le contraire d'urgence c'est quoi : lenteurs ?
Enseigne à remplacer ainsi d'urgence

.Hygiène laxiste : 4 fois plus de morts nosocomiales, scandaleuses, que de morts sur la route, y ajouter !!!!! les amputations : infections nosocomiales.
Réponse de le 15/11/2019 à 14:34 :
Comme dans la plupart des grands groupes privés ou public ,3 cadres pour un non-cadre qui se tape tout le taff.
a écrit le 14/11/2019 à 16:57 :
Comment expliquer qu'avec des cotisations santé au max,le système de santé n'y arrive pas:sans doute faut il chercher du coté des mutuelles santé,dont le rendement collecte-versements est mauvais.
a écrit le 14/11/2019 à 15:43 :
Méga-manifestation : tout l'hôpital dans la rue pour réclamer un traitement de choc

Il convient d'en faire le constat, en France les conditions de la santé sont en totale déliquescence,

les hôpitaux ont raison de manifester,

les déserts médicaux sont un véritable scandale,

la misère dans les établissements pour personnes âgées sont aussi en pleine décrépitude

la pauvreté dans toutes les générations, des étudiants aux retraités qui ne peuvent pas se soigner et son malades de dénutrition

l'aveuglement et les erreurs du gouvernement Philippe font la démonstration de son incompétence, et surtout de sa mauvaise volonté,

si Mme Busin est incapable, bonne à rien mauvaise à tout, qu'elle parte et qu'elle emporte tout le gouvernement Philippe dans son sillage,

il est devenu urgent de laisser l'arrogant Macron seul, tout seul aux manettes, il n'a besoin de personne et il n'a personne pour former un autre gouvernement digne de ce nom, à part un magma de bras cassés bons à rien mauvais à tout LaREM Modem

Du vent, partez, vous effondrez la France et vous piétinez les citoyens contribuables
a écrit le 14/11/2019 à 14:29 :
C'est pas fini :

Retraite :

Et du côté des perdants? Il s'agira surtout des travailleurs qui, à l'inverse, affichent une carrière longue, et sans accroc majeur. Ceux-ci, dans le système actuel, peuvent en effet partir sans pénalité dès 62 ans, ou plus tard, mais avec une surcote. Le futur régime universel ne leur assurera pas le même taux de remplacement, surtout si l'âge pivot devait être adopté, avec sa pénalité de 5% par année manquante avant 64 ans. Comme le montrent nos profils d'employée et d'infirmière du public, le revenu à la retraite pourrait baisser de 5 à… 30 points! Or ces travailleurs étant, le plus souvent, peu diplômés et cantonnés à des métiers faiblement rémunérateurs, ils perçoivent déjà les retraites les plus basses en valeur absolue.Capital
a écrit le 14/11/2019 à 14:14 :
Les assistés de l'état que l'on nomme fonctionnaire dans la rue pour défendre leur 32 heures hebdo la plus faible productivité de l'UE, leur absentéisme de complaisance récurrent, leur retraite privilège injustifiés, leur droit à pleurnicher et faire grève en longueur d'année... Ils ne sont pas content ALIGNEMENT SUR LES MÊMES CONDITIONS QUE LES SALARIES DES CLINIQUES Y COMPRIS SALARIALES, RETRAITES, ETC. BREF CONTRAT DE DROIT PRIVE. Et croyez moi cela les calmera une fois pour toute car les conditions dans le privé sont largement inférieure y compris salariale et travail hebdo à 39h !!!
a écrit le 14/11/2019 à 13:37 :
"anesthésistes du Snphare ,gynécologues du Syngof ,carabins de l'Anemf et les futures sages-femmes de l'Anesf".

Eh ben, je comprends pourquoi, ils n'obtiennent rien, c'est quoi c'est chapelle .
a écrit le 14/11/2019 à 13:11 :
Plein soutien aux personnels aux personnels de la sécurité civile, des hôpitaux et des structures pour personnes âgées ;

En revanche,
les heures supplémentaires promises aux policiers et crs ne sont pas du tout justifiées

EN RAISON de ce que ANNUELLEMENT ces FONCTIONNAIRES de polices politiques sont dans leurs casernes et/ou leurs appartements de fonction aux frais des contribuables durant près de 80 à 90 % de leur temps salariés.
a écrit le 14/11/2019 à 12:42 :
Le gavage de nos mégas riches par l'argent public a dépassé le seuil de tolérance.

Nos politiciens feraient mieux de se méfier à trop servir les mêmes c'est eux les premiers qui seront visés et pas ceux qui se cachent derrière leurs outils de production tels les médias ou justement ces mêmes politiciens.

Si encore notre oligarchie avait élaboré un plan démoniaque mais même ps ils sont totalement lobotomisés par leur cupidité, plus on possède et plus on est possédé.

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