Mixité sociale : le grand écart persiste
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
"Ghetto social", "apartheid", "extrême pauvreté"... depuis des décennies, de nombreux économistes, sociologues, géographes tirent la sonnette d'alarme pour expliquer et décrire les effets délétères des inégalités et le manque de mixité dans les grandes zones urbaines. Les crises à répétition dans les banlieues et la récente révolte des "gilets jaunes" ont jeté une lumière crue sur les discriminations subies par certaines populations. Avec la pandémie actuelle, ces phénomènes s'amplifient déjà alors que l'économie française traverse une seconde vague de contaminations ravageuse. L'avalanche de destructions de postes dans les territoires accélère le risque de pauvreté et des populations déjà fragilisées avant la crise pourraient basculer dans l'extrême pauvreté.
> Lire aussi : Covid-19 : 500 millions de personnes menacées de pauvreté dans le monde
Face à tous ces risques, les différents gouvernements et élus à tous les échelons ont multiplié les politiques publiques (politique de la Ville, plans pauvreté, éducation, urbanisme) censées favoriser la mixité sociale, le mélange des catégories socioprofessionnelles et la baisse de la pauvreté. Qu'en est-il vraiment ?
Dans une étude éclairante rendue publique ce lundi 9 novembre, l'Insee explique que les ségrégations sociales se réduisent considérablement sur les heures de travail à Paris, Marseille et Lyon. En revanche, les disparités de résidence se renforcent lorsque les travailleurs ont rejoint leur logement. En outre, si toutes ces catégories sociales se côtoient pendant la journée de travail, cela ne veut pas dire qu'elles entretiennent des relations sociales et professionnelles étroites. La coexistence de différents groupes sociaux au sein des villes restent donc bien éphémère.
À lire également
Les déplacements professionnels conduisent des catégories hétérogènes à se croiser dans les grandes métropoles françaises. À partir des données de mobilité issues de la téléphonie mobile, les économistes de l'Insee montrent que "la ségrégation est maximale lorsque les individus ont davantage tendance à être chez eux, c'est-à-dire au cœur de la nuit, autour de 4 heures du matin". Sans surprise, les contraintes relatives au lieu de résidence (loyers, prix de l'immobilier) pèsent sur les choix des lieux de vie pour les catégories modestes et certaines classes moyennes. Résultat, certaines catégories pourront faire bien plus d'heures de déplacement que d'autres. Dans leurs travaux de recherche, les statisticiens montrent par des cartes ces déplacements massifs de catégories de revenus hétéroclites à plusieurs heures de la journée.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?