Mobilisation pour l'emploi : le plan de bataille du gouvernement

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A l'issue de la matinée, Édouard Philippe a mis l'accent sur les six chantiers à mener avec les corps intermédiaires.
A l'issue de la matinée, Édouard Philippe a mis l'accent sur les six chantiers à mener avec les corps intermédiaires. (Crédits : Reuters)
Emploi, apprentissage, territoires... lundi dernier, le chef du gouvernement a détaillé les chantiers prioritaires qu'il souhaitait mener avec les corps intermédiaires dans les prochaines semaines.

Après la conférence de presse du jeudi 25 avril dernier, le président de la République a décidé de mettre son gouvernement en ordre de bataille pour fixer le calendrier et la méthode des prochains grands chantiers. Confronté à une crise sociale sans précédent, l'exécutif peine à trouver des solutions alors que le mouvement des "gilets jaunes" se poursuit depuis le 17 novembre dernier. Lundi, le Premier ministre avait réuni un grand nombre d'organisations en présence de plusieurs ministres comme François de Rugy, Muriel Pénicaud ou encore Bruno Le Maire.

"Territoire par territoire, il faut qu'on fasse de la haute couture, en tout cas du sur-mesure, pour être certain que les solutions concrètes sont bien apportées et que les changements se voient", a déclaré le chef du gouvernement, d'après des propos rapportés par l'AFP.

"Mon objectif c'est de faire en sorte que les changements se voient, que les Français voient la différence, c'est pour ça que nous avons mis, d'une certaine façon, beaucoup de pression sur le calendrier", a-t-il poursuivi en affirmant vouloir "aboutir pour le mois de septembre".

Six chantiers à venir

Édouard Philippe a mis l'accent sur six chantiers prioritaires pour les prochains mois en concertation avec les corps intermédiaires invités lundi à l'hôtel de Matignon: l'apprentissage, les emplois non pourvus, les freins à la reprise de l'emploi, l'accompagnement des territoires aux transitions, et les gestes écologiques du quotidien. Après la matinée, et à l'initiative de la CFDT, "nous avons décidé d'en rajouter un sixième: celui de la rénovation thermique ou énergétique des bâtiments", a indiqué Édouard Philippe. "Il nous a semblé que, là encore, si nous voulions obtenir de bons résultats en la matière, il fallait mettre autour de la table territorialement l'ensemble de ceux qui peuvent intervenir sur le sujet: les entreprises, les organisations syndicales, les acteurs locaux qui sont essentiels, les grands opérateurs, l'État", a détaillé l'ancien maire du Havre. "Et, avec ce travail en commun, nous allons trouver les solutions précises qui seront d'ailleurs parfois différentes ici ou là", a-t-il fait valoir. Le gouvernement a annoncé un nouveau rendez-vous au mois de juin qui interviendra "après un travail territorial".

Un changement de méthode salué

Plusieurs organisations syndicales ont salué le changement de méthode de l'exécutif. "Il y a un changement de méthode", a déclaré le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. "Il faut le noter, il est clair, il est net. (...) Les thèmes qui sont ouverts sont de bons sujets mais il en manque... De toute façon, la CFDT jugera sur pièces," a-t-il ajouté. De son côté, l'UNSA a souligné le besoin d'associer "l'ensemble des travailleurs, qu'ils soient du public ou du privé, sur l'ensemble de ces chantiers". Le secrétaire général de l'UNSA, Laurent Escure, dans un communiqué"a alerté pour que ces discussions soient l'occasion d'une nouvelle méthode prenant en compte réellement l'expression des partenaires sociaux et que les syndicats soient non seulement écoutés mais aussi entendus".

En revanche, la CGT et Solidaires ont annoncé dans  communiqué qu'ils n'allaient pas participer à cette réunion. "Le président de la République souhaite « associer » les syndicats, pour ce qui nous concerne, à la mise en œuvre de ces décisions. De manière épisodique, il se souvient qu'il existe des syndicats dans ce pays et qu'il serait bon de les réunir. C'est ce qu'il avait déjà fait le 10 décembre dernier en pleine mobilisation des « gilets jaunes » avec le résultat que tout le monde connaît".

Au Medef, on rappelle que "le problème des emplois non pourvus, qui devient un véritable handicap pour de très nombreuses entreprises, doit mobiliser tous les acteurs pour apporter des réponses concrètes en termes de formation, mais aussi de logements et de mobilité".

Contacté par La Tribune, Pierre Goguet, président de CCI France, a noté "un format très large avec plus de soixante personnes autour de la table [...] On était dans un format de lancement d'une réflexion qui se veut territoriale." "S'il y avait un biais de corporatisme et une diversité d'acteurs, l'ensemble des représentants semblait satisfait de cette réunion. Elle a été perçue comme très positive et comme un reconnaissance de l'utilité des corps intermédiaires dans une problématique nationale. [...] Le Premier ministre a évoqué l'agenda d'un pacte productif 2025 qui propose des ambitions en demandant des engagements assumés et territorialisés pour les entités concernées", a ajouté Pierre Goguet. "Au niveau consulaire, les CCI s'impliqueront en tant que corps intermédiaires en fonction des chantiers qui vont être lancés."

Confronté à des réductions de moyens depuis des années, le réseau des CCI doit faire face à un changement de modèle de financement risqué à un moment où le gouvernement fait appel aux corps intermédiaires.

> Lire aussi : Le réseau des CCI se transforme dans la douleur

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Commentaires
a écrit le 08/05/2019 à 13:14 :
Macron est sont ministère le clan des mon songes et dés voleurs espère que les retraitées et handicapés ont compris le voyeuses élections européennes le pen n est pas pires que Macron
Réponse de le 09/05/2019 à 14:18 :
Macron a oublié qu'une grosse partie des retraités ont votés pour lui, en 2022 il s'en souviendra !!!
a écrit le 08/05/2019 à 11:12 :
Enoncer des principes est aisé, mais passer au concret l'est moins. Déjà , répondre à une annonce dans une région différente de la sienne est une épreuve: prix du déplacement pour se rendre à un rendez vous d'embauche. Si, celle ci est validée, il faut ensuite trouver un logement surplace ou à proximité du nouveau lieu de travail. Si le conjoint travaille, comment sera fait le regroupement familial? Et les enfants? Prévoir le déménagement et retrouver un travail pour le conjoint: tout cela, nos politiques en ont ils conscience ?: hélas, certainement pas, car des avantages, ils en crèvent. CQFD, pourquoi la population ne les respecte plus, car ils sont trop éloignés des préoccupations journalières du commun des mortels.
Réponse de le 08/05/2019 à 18:14 :
Aucun gouvernement ne pourra jamais répondre à chaque problème quotidien de chacun des 65 millions de citoyens. C'est matériellement impossible. A un moment, c'est à chaque citoyen de choisir le meilleur compromis en fonction des solutions qui s'offrent à lui.
Réponse de le 09/05/2019 à 8:16 :
Simple effet d'annonce …

… pour ses "solutions" qui ne verront jamais le jour ou presque… car au guichet de la "France d'en bas", vous entendrez avec le sourire : "ca ne va pas être possible sauf si vous allez à l'AFPA ou au CRETA faire le stage de 6 mois qui est nouveau : c'est la Formation Longue d'Orientation Nationals (Flan).
On est désolé ais on a rien d'autre" [ rire débile pour terminer].
a écrit le 08/05/2019 à 8:40 :
De la propagande pour les élections européennes. Le vote blanc, c'est pour quand ?
a écrit le 08/05/2019 à 7:37 :
Avec les seuils sociaux et fiscaux, les entreprises ont appris à gagner plus d'argent avec moins de salariés. Ces incitations à la sur-productivité ont non seulement conduit au sous-effectifs, mais aussi à l'accroissement du chômage. Le sous-effectifs conduit aussi à la fragilité de l'entreprise, en ne maintenant pas en interne les compétences indispensable à la pérennité, voir à l'évolution de l'activité. Et en plus l'état augmente les coûts de la mobilité et de l'énergie, ce qui handicap à la fois les salariés, les chômeurs, mais surtout nos entreprises. Pour ce qui est de la formations des chômeurs, est-il normal que contrairement aux salariés, les chômeurs se voient contraint pas des contrats à se constituer garant du payement de celle-ci dans le cas de la défaillance des organismes sociaux prévu à cet effet ? On met les chômeurs fragilisés entre les mains d'organismes parfois douteux, pour des formations par forcément en adéquation avec le marché du travail. C'est à l'employeur d'assurer cet adéquation avec son activité, pas l'inverse. Pour ce qui est de la rénovation thermique, le climat se réchauffe, même en France. Va-t-on demander à des familles appauvrie de financer des travaux très chers, et qui ne seront pas amortis avant que les travaux soient à refaire ?
a écrit le 07/05/2019 à 23:37 :
Pour eviter une crise economique et social il faux s investir dans les energies renouvlable .????le seul moyen pour faire barage a cette crise . Prenant comme modelle almagne suisse espagne.
a écrit le 07/05/2019 à 15:10 :
L'état a investi énormément pour gagner la coupe du monde, les Français ne vont quand même par râler de travailler pour rien, on a gagné la coupe c'est déjà énorme !
a écrit le 07/05/2019 à 13:17 :
il manque pas d'air il parle des heures supplémentaires mais qu'il commence par payer les policiers
a écrit le 07/05/2019 à 12:58 :
il devrait se teindre la barbe en blanc et mettre un bonnet rouge il voudrait se faire passer pour le pére Noël mais on n'est pas dupe la réindexation des pensions c'est en 2020 donc perte du pouvoir d'achat en 2019 et le prix du gasoil au plus haut il va falloir retourner aux ronds points
a écrit le 07/05/2019 à 12:57 :
Les emplois sont délocalisés à l' est à 400/500 euros mensuels, c' est quoi le plan Philippe, sortir de l' UE comme F. Asselineau pour régler le problème et refuser les GOPE de l' UE ..?
Aligner son salaire sur le salaire roumain ..?! Frexit, vite ..
a écrit le 07/05/2019 à 12:01 :
Cela fait 40 ans que tous ces homme politique sans aucune experience industrielle d'ailleur a lutter contre le chomage et cela donne toujours plus de chomage et de fonctionnaires, chercher l'erreur!!!
a écrit le 07/05/2019 à 9:54 :
"mais aussi de logements et de mobilité"

Ça y est ça commence, enfin un tout début ne nous excitons pas non plus, à percuter dans les cerveaux fossilisés de nos dirigeants économiques.

Oui yen a marre de perdre 10 ou 15 heures par semaine en transport, temps qui non seulement ne nous est pas rémunéré mais qui en plus nous coute de plus en plus cher.

Pas facile de faire avancer les momies hein... -_-
Réponse de le 07/05/2019 à 11:53 :
Citoyen parle de lui.....
Réponse de le 07/05/2019 à 15:23 :
@ multipseudos:

"Citoyen parle de lui..... "

Ça y est tu n'y crois plus... :-)

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