Près du tiers des cadres veulent changer d'emploi

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Le manque d'attachement à l'entreprise est l'une des causes principales qui motive la recherche d'un nouvel emploi chez les cadres.
Le manque d'attachement à l'entreprise est l'une des causes principales qui motive la recherche d'un nouvel emploi chez les cadres. (Crédits : Reuters/Gonzalo Fuentes)
33% des cadres envisagent de changer de poste et 29% veulent quitter leur emploi selon le dernier baromètre Ifop réalisé pour Cadremploi. Ces résultats en hausse de 4 et 6 points par rapport à 2018 témoignent du manque de perspectives à l'intérieur des entreprises pour cette main d'oeuvre souvent très qualifiée.

Les entreprises risquent encore d'être confrontées à de sérieuses difficultés de recrutement cette année. Selon le dernier baromètre IFOP réalisé pour la société Cadremploi publiée ce jeudi 21 mars, 33% des cadres interrogés envisagent de changer de postes et 29% veulent changer d'emploi en 2019. Ces résultats sont en hausse de 4 et 6 points par rapport à janvier 2018. L'autre enseignement est que 27% sont prêts à changer de secteur.

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Sur l'ensemble des personnes questionnées, 36% se disent ouverts à des opportunités et 39% ont réalisé une démarche active au cours des six derniers mois. Ce groupe a par exemple consulté des offres d'emploi, réalisé des entretiens ou envoyer des candidatures à des recruteurs. Alors que le marché de l'emploi des cadres est au beau fixe, ces résultats témoignent des difficultés d'une catégorie de la population active à trouver un avenir professionnel correspondant à leurs attentes dans leur entreprise.

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Le manque d'attachement à l'entreprise, problème numéro un

Parmi les difficultés évoquées pour les entreprises par les intervenants, "le manque d'attachement apparaît comme le problème numéro un", explique François Hommeril, président de la CFE-CGC, qui compte selon ses dires "150.000 adhérents à jour de cotisation". Pour le syndicaliste, "quand les cadres s'enrhument, c'est la France qui tousse".  Il évoque notamment "la souffrance des cadres qui ont besoin de trouver du sens à leur travail [...] Ce qui va déclarer l'attachement des cadres, c'est que le travail ait du sens pour la collectivité. Les cadres veulent que leur travail ait un impact positif sur la société".

François Hommeril a ajouté que le manque de perspectives même dans les grandes entreprises peut inciter les cadres à partir. Le directeur du pôle Opinion et Stratégies d'entreprise chez l'IFOP, Frédéric Dabi, a ajouté que "la mobilité des cadres évolue". Parmi les attentes prioritaires, si gagner plus reste l'objectif principal pour une majorité de ces travailleurs (51%), cette proportion est en forte diminution par rapport à la période 2009-2010 où les résultats tournaient autour de 60%. Arrivent ensuite "l'ambiance" citée par 42% des répondants (en hausse de 9 points par rapport à 2011) et la possibilité de faire de nouvelles expériences pour 35% des interrogés.

L'embauche des cadres au plus haut

Malgré une conjoncture internationale morose et une crise sociale en France qui perdure, les perspectives d'embauche des cadres sont au plus haut. D'après des chiffres de l'Apec communiqués par l'IFOP, 281.400 embauches sont prévues en 2019 contre 266.400 en 2018 et 240.100 en 2017. L'institut de sondages note également que 73.400 postes ont été crées en 2018 contre 53.800 en 2017 et 45.200 en 2016. Sur le front du marché du travail, ces résultats se retrouvent dans les chiffres du chômage.

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Thibaut Gemignani, patron de Cadremploi a rappelé que "le taux de chômage des cadres était de seulement 3,4%. Le marché de l'emploi pour les cadres est très tendu. Ce qui pose des difficultés de recrutement pour les entreprises", ajoute-t-il. Pour le responsable, ces chiffres apparaissent comme une bonne nouvelle alors que "le statut de cadre n'a jamais été autant remis en cause". Ainsi, la France compterait 4,9 millions de cadres dont 3,6 millions dans le privé. Cette catégorie représenterait environ 17% de la population active, une proportion en progression depuis des décennies.

Montée en puissance du télétravail

Encore minoritaire il y a quelques années, le télétravail monte en puissance au sein des entreprises. D'après les chiffres obtenus par l'institut de sondages, 45% des cadres interrogés ont eu recours au télétravail contre 37% en 2013.

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Pour le responsable de la CFE-CGC, "tous les cadres font du télétravail quand ils se connectent chez eux sur leur smartphone. La différence est qu'il y a des cadres qui sont payés pour le faire et d'autres qui ne le sont pas."

Des réformes très suivies

La fusion des régimes Agirc et Arrco, entrée en vigueur depuis le premier janvier dernier, a suscité l'attention des cadres. Ils sont 79% à en avoir entendu parler. Au sujet de leur opinion sur une telle réforme, les répondants n'ont pas vraiment d'avis tranché. Seuls 45% des personnes interrogées estiment que c'est une bonne chose, 21% une chose défavorable et 34% n'ont pas exprimé d'opinion sur cette mesure.

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La possibilité de bénéficier de l'assurance chômage en cas de démission est un dispositif relativement connu (65%) mais beaucoup (40%) n'ont pas vraiment d'idée précise sur cette mesure. Enfin concernant le projet de réforme controversé de l'assurance chômage pour les cadres, 55% ne sont pas favorables à l'abaissement du plafond des indemnités chômage et 56% s'opposent  à la dégressivité, c'est à dire la baisse progressive des allocations versées.

Méthode : l'enquête a été menée auprès d'un échantillon de 1.000 personnes, représentatif de la population cadre sous contrat de droit privé. Les enquêtes ont été réalisées en ligne du 15 au 22 février 2019.

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Commentaires
a écrit le 22/03/2019 à 20:11 :
Et combien sont prets pour ça à déménager à 800 kms ?
a écrit le 22/03/2019 à 10:06 :
Et alors? Les cadres profitent du plein emploi. Oui c'est un comportement de mercenaire quand on change d'entreprise juste pour des hausses de salaire. .
Mais est-ce que les entreprises ont des états d'âmes pou "ajuster leur masse salariale" (=nous dégager) en cas de crise économique?
Non. C'est juste la loi du marché!
a écrit le 22/03/2019 à 7:37 :
Le carriérisme est de retour il va à l’encontre d’une bonne évolution économique des entreprises
Réponse de le 22/03/2019 à 9:16 :
ce n est pas exactement ce qui est dit dans l article...... et quand on s aperçoit le matin en partant au boulot qu on ne sait plus pourquoi on y va.... ça craint un peu
Réponse de le 22/03/2019 à 11:51 :
Pour évoluer il faut bien souvent changer d'entreprise surtout dans les pme , dans les grandes entreprises il existe des opportunités en interne .
Et sauf à dire qu'avoir de l'ambition professionnelle est un pêcher mortel je ne vois là rien que de plus normal , chacun est libre de choisir !!!
a écrit le 22/03/2019 à 7:14 :
Courage! Fuyons!
a écrit le 21/03/2019 à 21:59 :
"... du tiers" : sujet, nom masculin, singulier. "...des cadres" : complément du nom. Donc : près du tiers des cadres "veut" changer d'emploi...
a écrit le 21/03/2019 à 17:36 :
Il serait temps que les classes dirigeantes valident le fait que de nous avoir rendu toujours plus malléables à l'exploitation salariale, dorénavant nous passons entre une heure et trois heures de notre temps à se déplacer par jour pour aller uniquement travailler.

Du coup la semaine de 35h (sachant que le 39h est revenu en force...) peut s'étendre jusqu'à 50h, avec 15h non rémunérées, pire qui nous coutent de plus en plus chers. Et je ne sais même pas si les gilets jaunes le voient ce phénomène primordial pour bien comprendre l'incompréhension générale des uns et des autres.

Parenthèse non spécifique à cet article: Aux médias soldats des marchés financiers, arrêtez de grâce de dire que les français ne veulent pas travailler, à savoir le discours de l'oligarchie financière esclavagiste de nature, ils consacrent déjà bien trop de temps à leur travail mais personne n'est en mesure de le voir car aucun d'entre vous n'a la capacité indispensable de prendre le recul nécessaire.

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