Moins optimiste sur la croissance, le gouvernement revoit ses ambitions sur la dette en 2020

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le scénario du gouvernement n'affiche plus qu'une prévision de croissance de 1,3%, contre 1,4% attendu jusqu'ici, et 1,7 en 2018.
le scénario du gouvernement n'affiche plus qu'une prévision de croissance de 1,3%, contre 1,4% attendu jusqu'ici, et 1,7 en 2018. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
Contraint d'intégrer un contexte macroéconomique défavorable, le gouvernement français a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2020, tandis que les baisses d'impôts annoncées en réponse au mouvement des "gilets jaunes" vont grever la réduction de la dette.

Dévoilé par le ministère de l'Economie et des Finances en amont de la présentation du projet de budget pour 2020, le 25 septembre prochain, le scénario du gouvernement n'affiche plus qu'une prévision de croissance de 1,3%, contre 1,4% attendu jusqu'ici. La France va ainsi être rattrapée par le ralentissement économique qui touche déjà l'économie mondiale et européenne, aggravé par les tensions commerciales, alors que la croissance devrait déjà se tasser cette année à 1,4%, contre 1,7% en 2018.

A Bercy, on défend la résilience de l'économie française, qui resterait portée par des moteurs internes : consommation des ménages, investissements des entreprises, bonne tenue de l'industrie, et baisse du chômage.

Cette prévision prudente pour 2020 complique toutefois un peu plus une équation budgétaire déjà tendue, avec l'ensemble des mesures de pouvoir d'achat annoncées en réponse au mouvement des "gilets jaunes" et la difficulté à trouver suffisamment d'économies pour les financer.

Economies : le compte n'y est pas

Conséquence dans ce premier budget "post-gilets jaunes": si le déficit public va bien baisser l'an prochain (de 3,1% du PIB en 2019 à 2,2%), une grande partie du recul s'explique par la transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisse de charges, qui avait plombé l'exercice budgétaire de l'an dernier. Hors cet effet exceptionnel, le déficit va en réalité stagner, alors que le gouvernement voulait le réduire à 2% dans les prévisions transmises au printemps à la Commission européenne.

L'écart par rapport à cette prévision s'explique aussi par la baisse d'impôt sur le revenu de 5 milliards d'euros annoncée par Emmanuel Macron à la suite du mouvement des "gilets jaunes" et la réindexation d'une partie des pensions de retraites sur l'inflation pour un coût de 1,5 milliard d'euros.

La dépense publique va d'ailleurs encore croître en 2020, et son niveau rapporté au PIB, actuellement le plus élevé de l'Union européenne, devrait lui peu baisser, passant de 53,8% en 2019 à 53,4% en 2020, alors que le gouvernement espère toujours une baisse de 3 points sur l'ensemble du quinquennat.

En face, le gouvernement n'a pu trouver les économies pour financer l'ensemble de ce surcroît de dépenses. Suppression de niches fiscales en faveur des entreprises, décalage de la baisse de l'impôt sur les sociétés, rabot sur certaines prestations sociales : le compte n'y est pas. Et cela même si la baisse des taux d'intérêt devrait permettre d'économiser cinq milliards d'euros sur les charges de la dette.

Le gouvernement prend donc du retard sur la réduction de la dette publique - 98,7% du PIB attendu en 2020 après un bond à 98,8% cette année -, pourtant un des objectifs majeurs du quinquennat avec la baisse des prélèvements obligatoires. Ces derniers devraient d'ailleurs légèrement remonter à 44% du PIB l'an prochain, après une baisse de 1,2 point à 43,8% cette année.

Une décision assumée à Bercy, où l'on affirme que le rythme de baisse de la dépense et de désendettement devait être ajusté pour tenir compte des demandes des Français. "Vous ne pouvez pas faire comme s'il n'y avait pas eu un mouvement social de très grande ampleur", expliquait cet été Bruno Le Maire pour justifier l'augmentation des dépenses publiques.

Ces prévisions macroéconomiques seront examinées dans les prochains jours par le Haut conseil des finances publiques, qui doit rendre un avis sur le scénario retenu par le gouvernement pour établir son budget 2020.

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a écrit le 17/09/2019 à 16:44 :
Pour compenser ces aides y a juste a virer le président et le premier ministre le porte feuille devrait compenser car plus de piscine, plus de vin ni homard et ca ira !!!
a écrit le 16/09/2019 à 10:04 :
Vive l'interdiction des cryptomonnaies, encore une activité de croissance qui va pouvoir partir en Suisse ou autre Singapour.
a écrit le 15/09/2019 à 19:32 :
C est les retraitées qui vont trinquer les handicapés décidément Jupiter champion des arnaquer les plus fragiles Macron champion dés trubles sociaux Macron fait les poches des pauvres président des riches les gilets jaunes c est pas finis
a écrit le 15/09/2019 à 17:05 :
Moins optimiste sur la croissance ... dit le gouvernement Philippe / Lemaire

c'est CONFORME pour un gouvernement UMPS du vieux monde ...en 2019 pour 2020 !
a écrit le 15/09/2019 à 11:41 :
Si ces crétins n'avaient pas refusé le gaz de schiste, on n'en serait pas là, la dette reculerait et les impôts aussi. Beati ....
a écrit le 14/09/2019 à 18:47 :
Rien de nouveau ss le soleil.
Le gouvt comme ts ses prédécesseurs doit faire face à la Real politique avec son lot de dépenses nvelles imposées par la rue et non financées ds un contexte économique morose... Et dc adieu aux belles promesses budgétaire du début du quinquennat.
a écrit le 14/09/2019 à 18:44 :
C est pas grave, l important c est de continuer les réformes structurelles, afin d augmenter notre croissance potentielle.
Les taux vont rester durablement bas et c est tant mieux, on a des montagnes de dettes à recycler 10 ans après Lehman.
C était pas vraiment au programme du candidat Macron 2017 la réforme de l Etat, il pourra s en occuper plus fortement à partir de 2022. Ceci dit logement ou santé par exemple des choses importantes sont déjà entreprises.
Et au fond tout le monde sait que si on veut faire des économies significatives, faut taper dans le social... Facile à écrire hein.
a écrit le 14/09/2019 à 15:16 :
Si on a pas depassé les 100% c'est grace aux primes d'emission depuis le QE. A la louche il y en a au moins pour 3 points de pib. En aout il y a eu une OAT 25/04/2035 4,75 % a 170.84%, un record je crois 70.84/170.84, plus de 41% de prime d'emission sur 2326 millions, presque le milliard de non dette rien que sur cette ligne là ce jour là. Et si les primes d'emission sont utilisées pour racheter de la dette, maastricht c'est net de rachat, alors là je vous raconte pas...

Deja avec Sapin Eckert c'etait dur de pas ricaner, mais Nono et Gégé, les Pif et Hercule de Bercy, ils nous battent des records
Réponse de le 15/09/2019 à 12:09 :
C'est comme les commissions sur marchés, elles viennent en déduction du net financé, comme cela personne ne voit rien, et l'ajustement se fait sur la qualité.
a écrit le 14/09/2019 à 14:40 :
Les gilets jaunes ont bon dos .Ce n'est pas leur faute si des niches fiscales, qui ne concernent que 30% des salaries ont été crées et non financées.

De meme la reforme chomage !!! tout le monde savait que le deficit venait des intermittants du spectacle et des stages bidons qui alimentent les syndicats Rien n' ete fait

l'ELYSEE devrait montrer l'exemple Pourquoi a t elle dépassé son budget;

on a un gouvernement pléthorique , pourquoi a t on rajoute deux ministres

etc etc
a écrit le 14/09/2019 à 12:44 :
Le freluquet tient à ses chances de réélection, il sacrifiera tout pour cela, la France n' est pour lui que l'instrument de sa promotion. PMA oui, réduction de la dette non.
a écrit le 14/09/2019 à 11:54 :
De toutes façons en France, quel que soit l'exécutif, tout est prétexte à remettre à plus tard l'assainissement de la dépense publique et sociale. Il faudra se retrouver coincés comme l'a été la Grèce pour que le nécessaire soit enfin fait.
a écrit le 14/09/2019 à 11:02 :
L'Allemagne est en surplus depuis 2014!
Nous sommes en déficit depuis 1981. Les français sont malades de dépendance à la dépense publique et veulent garder des retraites financés par les générations futures.
Réponse de le 14/09/2019 à 15:53 :
Pour être plus juste, il faudrait que vous précisiez que depuis 1974 la France est en déficit. Même si Giscard d'Estaing a ramené le déficit à 0,5% à partir de 1979.

Quant aux retraites, il est possible d'avoir des retraites généreuses ... Mais pour cela les français devraient travailler jusqu'à 65 ans. D'ailleurs, si l'âge de départ à la retraite avait été reculé comme il aurait dû être, les dépenses publiques et les impôts et déficits qui vont avec auraient été largement moins importants.

Mais dès qu'on explique cela aux français, on se prend des gilets jaunes...
Réponse de le 14/09/2019 à 18:10 :
@Adieu BCE
Sauf que l'Allemagne est déjà en récession, et que ça ne va pas s'améliorer. Ses excédents sont en train de fondre à la vitesse grand V.
Quant aux "dettes" les sommes sont tellement incommensurables qu'elles ne veulent plus rien dire. Elles ne seront jamais remboursées.
Elles sont vouées à perdurer et grossir.
Réponse de le 15/09/2019 à 9:10 :
La non-réélection de Giscard, contrairement au panier percé qui lui a succédé, prouve que malheureusement en France, pratiquer une bonne gestion de l'argent public est la garantie de perdre les élections. Ses successeurs ne s'y sont plus risqués .

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