France : la croissance révisée à la hausse au second trimestre

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Petit bémol, dans les secteurs de l'alimentaire et des biens manufacturés, la consommation des Français a reculé au cours de ce second trimestre.
Petit bémol, dans les secteurs de l'alimentaire et des biens manufacturés, la consommation des Français a reculé au cours de ce second trimestre. (Crédits : Reuters)
La croissance économique a atteint 0,3% en France au deuxième trimestre, un chiffre légèrement plus élevé que ce qui avait été initialement annoncé (0,2%), selon une deuxième estimation publiée jeudi par l'Insee. Sur l'année, le pouvoir d'achat progresserait de 2,3%, du jamais-vu depuis douze ans.

L'économie française a fait légèrement mieux que prévu. Selon les derniers chiffres de l'Insee publiés ce jeudi 29 août, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,3% entre avril et juin, au même rythme que pour le premier trimestre. L'organisme public précise avoir revu à la hausse sa première estimation de 0,1 point. Ces résultats confortent les objectifs du gouvernement qui table désormais sur une croissance de 1,4% pour cette année contre 1,7% l'année dernière. Avec ces résultats, l'"acquis de croissance" - c'est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait à la fin de l'année si la croissance restait nulle au cours du prochain semestre - était au 30 juin de 1,1%, au lieu du 1% initialement prévu.

Pour l'instant, l'activité sur le territoire française semble mieux résister que celle de ses voisins. En Europe, les craintes de récession se multiplient de l'autre côté du Rhin après une fin d'année très difficile pour le moteur industriel allemand et un premier semestre décevant. L'économie allemande s'est légèrement contractée au deuxième trimestre, avec un recul de 0,1% du PIB par rapport aux trois mois précédents, freiné par les moindres performances de son économie extérieure. En Italie, la situation économique est guère meilleure. Après une "récession technique" au second semestre 2018 (avec un recul de 0,1% sur les deux trimestres), l'Italie a connu une croissance nulle de son PIB sur les six premiers mois de 2019 alors que la péninsule est encore plongée dans une crise politique majeure.

La demande intérieure booste la croissance

L'économie tricolore a été dopée par ses moteurs traditionnels. Dans le détail, la demande intérieure a contribué à hauteur de 0,4 point de la valeur ajoutée au cours du second trimestre. Si les dépenses de consommation des ménages ont marqué le pas (0,2% au T2 contre 0,3% au T1), l'investissement est reparti à la hausse.

Selon l'organisme basé à Montrouge, la consommation des Français a reculé dans l'alimentaire et les biens manufacturés. Les achats de services ont quant à eux progressé de 0,5%, soit le même rythme qu'au trimestre précédent.

Les économistes expliquent que le revenu disponible des ménages a ralenti en grande partie par contrecoup des primes exceptionnelles versées par certaines entreprises au premier trimestre à la suite de la crise des "gilets jaunes".

"Les prestations sociales en espèces ralentissent également (+0,3 % après +1,0 %) après la mise en place au premier trimestre des mesures sur la prime d'activité. Les cotisations sociales à la charge des ménages croissent à nouveau (+0,4 % après -0,3 %) après l'entrée en vigueur au trimestre précédent de l'exonération de cotisations à la charge des salariés sur les heures supplémentaire", souligne l'Insee.

Pour le mois de juillet, les chiffres de la consommation marquent une progression. Les dépenses des ménages français en biens ont rebondi de 0,4% laissant entrevoir une accélération de la consommation.

Du côté des investissements, ils ont particulièrement bondi chez les ménages passant de 0,1% à 0,8% entre les deux premiers trimestres de l'année. Les administrations publiques ont également dopé leurs dépenses d'investissement entre avril et juin tout comme les entreprises non financières.

L'épargne en baisse

Beaucoup d'économistes avaient des doutes sur les comportements de consommation et d'épargne des Français sur la première partie de l'année. Lors d'un point presse au mois de juin, le responsable du département de la conjoncture à l'organisme en charge des statistiques publiques, Julien Pouget, s'interrogeait.

"Comment les gains de pouvoir d'achat vont se transmettre à la consommation plutôt que vers l'épargne ? En France, les mesures d'urgence ont contribué à faire progresser le pouvoir d'achat. C'est une progression assez vive avec la deuxième tranche de réduction de la taxe d'habitation qui a lieu en fin d'année. L'inflation reste contenue. Le pouvoir d'achat progresserait de 2,3% sur l'année, cela représente 1,8% par unité de consommation. C'est le chiffre le plus élevé depuis douze ans."

Les derniers chiffres fournis ce jeudi matin indiquent que le taux d'épargne des Français a reculé de 0,4 point entre fin mars et fin juin après avoir atteint un pic à 15,3% au cours du premier trimestre. La défiance et les craintes des Français semblent s'apaiser après une fin d'année tumultueuse.

Le commerce extérieur ne pèse plus sur la croissance

Souvent considéré comme un point noir de l'économie hexagonale, le commerce extérieur a contribué de manière légèrement positive au PIB (0,1 point ) au cours du second trimestre après avoir plombé l'activité entre janvier et mars (-0,3 point).

Les importations ont reculé de 0,2% entre avril et juin après avoir bondi en début d'année (1,1%). Dans le même temps, les exportations ont stagné en rythme après avoir été dynamiques en fin d'année 2018 (1,8%) et atones entre janvier et mars (0,1%). Les variations de stocks, enfin, ont pesé négativement sur l'activité, amputant la croissance de 0,2 point de PIB après l'avoir dopé de 0,3 point lors du premier trimestre.

Le taux de marge des entreprises se redresse

Sans surprise, le taux de marge des entreprises a progressé à 33,1% contre 32,6% précédemment. "Au premier trimestre, la hausse était due au cumul du versement du CICE au titre de 2018 et de sa transformation en 2019 en exonération de cotisations" signale l'Insee. elle avait été tempérée par la hausse des salaires, dynamisée temporairement par les primes exceptionnelles. Au deuxième trimestre, la masse salariale augmente moins vite et le taux de marge poursuit donc sa progression".

Malgré ces nouvelles favorables pour les entrepreneurs, l'environnement international est loin d'être porteur. La perspective d'un Brexit sans accord défendue avec force par le Premier ministre Boris Johnson plongent à nouveau un bon nombre de dirigeants et d'investisseurs dans l'incertitude. La suspension des activités au parlement britannique pourrait envenimer la situation déjà chaotique de l'autre côté de la Manche alors que l'exaspération dans les milieux d'affaires ne cesse de grandir.

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Commentaires
a écrit le 30/08/2019 à 13:37 :
Pouvoir d’achat en hausse de 2,3% ! Diantre, j’ai dû rater quelque chose.
a écrit le 30/08/2019 à 11:20 :
Pour la consommation alimentaire, si les gens jettent en moyenne 10%(ou plus ??) de leurs achats sans parfois avoir déballé le produit, s'ils font attention à réduire le gâchis, ça fera autant en baisse de ventes, car étant consommé. C'est pas une raison de continuer à gâcher pour aider la croissance. :-)
Réponse de le 02/09/2019 à 14:21 :
On peut aussi dire que l'argent non dépensé en gâchis alimentaires seraient dépensés en vêtements, dans l'industrie culturelle, pour acheter des biens durables...
a écrit le 30/08/2019 à 9:14 :
conclusion c"est une fausse croissance puisqu'elle est tirée par les primes donc financee par le DEFICIT
a écrit le 30/08/2019 à 0:30 :
Un cercle vertueux semble s'être déclanché puisque les 2 moteurs, consommation et investissements sont allumés en simultané.
Augmentation du pouvoir d'achat ( merci les GJ), baisse annoncée du chômage redonnent un regain d'optimisme aux ménages qui investissent tt en profitant des tx bas, ce qui stimule l'investissement des E incitées des lors à embaucher...
Réponse de le 02/09/2019 à 14:24 :
Ce sont avant tout les entreprises qui investissement. Bizarrement cet article n'en parle pas alors que la croissance des investissements des entreprises est proche de 2%.

La croissance due à la consommation des ménages est minimes - inférieure même au coût des dépenses liées aux gilets jaunes.
a écrit le 29/08/2019 à 13:27 :
Comme annoncé !
Il manque juste dans ce tableau les investissements R&D, industries et services pour les ME, entreprises hors ME et sociétés.
Juste plus de 15% de créations sur les 3 derniers mois / aux 3 de l'année précédentes.
Et sur les 12 mois, même progression, de 2018-19 sur 2017-18.
https://www.latribune.fr/economie/france/les-creations-d-entreprises-se-stabilisent-826469.html
a écrit le 29/08/2019 à 12:46 :
Je me souviens encore lorsque la première estimation du T2 à +0,2% est sortie...les médias se sont empressés de titrer "la croissance cale". Je me suis dit alors qu'il suffisait qu'elle soit ensuite révisé d'un dixième de point pour que l'assertion devienne fausse. On y est ! Peut-être serait-il plus prudent d'attendre les chiffres définitifs avant de se prononcer, la prochaine fois ?

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