Municipales : de multiples déconvenues pour LREM, le RN en embuscade

MUNICIPALES - Au Havre, Edouard Philippe est en ballotage et certains candidats de la République en marche se retrouvent relégués en dernières positions. Dans le même temps, le Rassemblement national prend, lui, de solides positions dans plusieurs villes clés.
(Crédits : Reuters)

Malgré la décision du gouvernement de maintenir le premier tour des élections municipales, en pleine crise du coronavirus, le scrutin aura été marqué par une forte abstention. Premier signe de cette rupture avec la majorité, le taux d'abstention qui a atteint 56%, soit 20 points de plus qu'en 2014.

La déconvenue la plus retentissante pour La République en Marche (LREM) se trouve au Havre, où le candidat Edouard Philippe est placé en situation de ballotage. Avec 43% des voix, le premier Ministre est certes arrivé en tête au premier tour dans cette ville de Seine-Maritime, selon les estimations Harris Interactive-Agence Epoka pour TF1, LCI et RTL, reprises par l'agence Reuters. Il devance ainsi le député communiste Jean-Paul Lecoq (35,87%), l'écologiste Alexis Deck (8,28%) et Frédéric Groussard pour le Rassemblement national (7,31%).

Mais c'est loin d'être une victoire comme celle qu'Edouard Philippe avait réalisée en 2014. Il avait alors été élu au premier tour avec 52% des voix, souligne Le Figaro. S'il est élu, le locataire de Matignon restera en poste jusqu'à la fin de sa mission au gouvernement, avant de reprendre son fauteuil de maire, comme il l'a promis aux Havrais.

Une vision d'échec que tempère logiquement le gouvernement : « C'est un bon score dans un contexte très particulier », a déclaré sur TF1 la porte-parole de l'exécutif Sibeth Ndiaye. « Il y a matière à satisfaction là où l'on prédisait que le Premier ministre serait particulièrement en difficulté.»

Des échecs manifestes dans les grandes villes

Dans d'autres villes, les échecs de LREM ne font pas débat : Limoges, où sa candidate ne recueille que 7,9% des voix. A Toulon, la députée Cécile Muschotti recueille 7%, à Arles, elle est en quatrième position.

A Paris, Agnès Buzyn, candidate choisie in extremis en remplacement de Benjamin Griveaux, est arrivée en troisième position, derrière Anne Hidalgo (PS) et Rachida Dati (LR).

Cette troisième position se vérifie également à Bordeaux où le candidat Thomas Cazenave enregistre moins de 13% des voix. Même scénario à Rennes, où Carole Gandon est numéro trois. A Nantes, la députée Valérie Oppelt est même quatrième, avec également moins de 13%. Enfin, à Lille où Martine Aubry est en tête, Violette Spillebout est troisième, à près de 18%.

LREM communique toutefois sur quelques victoires dès le premier tour : Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics a été élu au premier tour à Tourcoing. Tout comme Franck Riester, le ministre de la culture à Coulommiers et Sébastien Lecornu, élu à Vernon sur la liste de François Ouzilleau.

L'avant-dernière position à Marseille

Autre échec symbolique, l'arrivée en avant-dernière position à Marseille du candidat Yvon Berland, avec un peu plus de 7% des voix. "On n'espérait guère mieux en raison de la conjoncture. Dans ces élections intermédiaires, le parti au pouvoir est souvent désavantagé. (...) On va construire quelque chose un arc progressiste pour apporter un avenir serein à Marseille," confie le candidat LREM à La Provence.

Dans la cité phocéenne, la candidate LR Martine Vassal devance légèrement, avec 23%, Michèle Rubirola (PS/PCF) qui obtient 21% et Stéphane Ravier (RN) avec 19,5%.

Dans le même temps, le RN poursuit sa récolte

Dans plusieurs villes françaises, le RN n'aura même pas à attendre le second tour pour se faire réélire.

74% à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) pour Steeve Briois, 63,14 % pour Fabien Engelmann à Hayange (Moselle), 59,1 % pour Julien Sanchez, cadre et porte-parole du RN, à Beaucaire (Gard), 70% pour Philippe de Beauregard dans le Vaucluse, à Camaret-sur-Aigues, 50,60% pour David Rachline à Fréjus (Var), ou encore 68,7% pour Robert Ménard, certes candidat non-encarté mais soutenu par le RN en 2014, à Béziers (Hérault)...

En embuscade à Perpignan

Ce n'est pas le cas de Louis Alliot, qui s'est tout de même hissé à la première place dimanche, en obtenant 35,65 % des voix à Perpignan (Pyrénées-Orientales), la "plus grosse ville briguée par le parti", selon Le Figaro. Même position pour le député RN Ludovic Pajot à Bruay-le-Buissière (Pas-de-Calais), qui a récolté 38,57 % des suffrages. À Carpentras (Vaucluse), le candidat Bertrand de la Chesnais, soutenu mais non encarté par le RN, a pour sa part fini second, avec 30,49% des voix, derrière le maire sortant DVG, Serge Andrieu (35,85%).

Le parti de Marine le Pen a toutefois enregistré quelques échecs cuisants. Ainsi à Denain (Nord), où le porte-parole du RN, Sébastien Chenu, s'est incliné face à la maire socialiste sortante Anne-Lise Dufour-Tonini, réélue au premier tour. Même déconvenue à Calais, où Natacha Bouchart (LR) a elle aussi été réélue au soir du premier tour, devant Marc de Fleurian (RN), qui a fini en troisième position. Enfin, à Marseille, Stéphane Ravier a été relégué à la troisième place, avec environ 19%.

Lire aussi : Démographies municipales: les villes les plus attractives et celles en perte de vitesse

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Commentaires 3
à écrit le 16/03/2020 à 17:35
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Qui ose parler d'élections ! 40 % de votant, interdiction de sortir, les anciens sont restés à la maison et on ose parler d'une quelconques élections !

à écrit le 16/03/2020 à 14:58
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Le ron-ron habituel.

à écrit le 16/03/2020 à 12:54
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quand on a des intermittents du spectacle comme edouard philippe qui n'a pas eu le courage de supprimer les élections il ne faut pas s’étonner les HAVRAIS s"en souviendront tout sauf larem c'est des amateurs il n'y a pas de masques les medecins le pe...

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