Nicolas Hulot quitte le gouvernement sans prévenir Emmanuel Macron

latribune.fr

Hulot toujours favorable a un bonus-malus dans le batiment
Charles Platiau

latribune.fr

Hulot toujours favorable a un bonus-malus dans le batiment
Charles Platiau
[Articles publié le mardi 28 août 2018, à 8h58, mis à jour à 15h avec réactions]
C'est par cette brève entrée en matière que Nicolas Hulot a annoncé sa démission du gouvernement, ce matin sur France Inter:
Cette annonce est à la fois spectaculaire et, en même temps, complètement attendue : de l'aveu même du désormais ex-ministre français de la Transition écologique et solidaire, la situation était intolérable depuis longtemps.
--
La vraie surprise était autre part ce matin, quand on apprenait de sa bouche que l'ex-ministre n'avait pas encore prévenu ni le président ni le Premier ministre de cette décision - par "crainte qu'ils ne le convainquent de changer d'avis", a-t-il expliqué au micro de France Inter.
"Le Premier ministre, le président de la République ont été pendant ces 14 mois à mon égard d'une affection, d'une loyauté et d'une fidélité à toute épreuve", a confié le Nicolas Hulot.
Malgré cela, le gouvernement n'a pas su donner la priorité aux enjeux environnementaux, a plaidé Nicolas Hulot, estimant n'avoir pu obtenir que des "petits pas" et confiant se sentir "tout seul à la manœuvre" sur les enjeux environnementaux.
Nommé pour la première fois ministre en mai 2017, après avoir renoncé à une candidature à la présidentielle un an plus tôt, Nicolas Hulot avait dû avaler bien couleuvres en avalisant des décisions contraires à ses convictions, malgré certaines victoires symboliques comme l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il avait notamment dû endosser le report de l'objectif de ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% en 2025.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Et lundi, l'Elysée a annoncé la baisse du prix du permis de chasse de 400 à 200 euros par an, à l'issue d'une réunion à haut niveau qui a joué un rôle dans sa décision.
La présence du conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Thierry Coste, un "lobbyiste" qui "n'avait rien à faire là", a "achevé de me convaincre que ça ne fonctionne pas comme ça devrait fonctionner", a lancé le ministre démissionnaire, y voyant le symptôme "de la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir". Des déclarations rejetées comme "un beau prétexte" par M. Coste.
Chez les défenseurs de l'environnement qui s'interrogent sur la capacité d'un autre à faire mieux que Nicolas Hulot, l'humeur était morose.
Greenpeace a dénoncé un "gâchis", tandis que le président de la Ligue de Protection des oiseaux (LPO) Allain Bougrain-Dubourg se sentait "orphelin". "L'écologie perd son seul allié au gouvernement", pour la Fondation pour Nature et l'Homme créée par Hulot.
___
À lire également
+ Lire aussi : La démission de Nicolas Hulot suscite un déluge de réactions
latribune.fr
Budget : la sombre prévision de la Commission européenne pour la France
Ruptures conventionnelles : voici de combien sera réduite la durée de votre allocation chômage
A Marseille, la coalition des éditeurs de presse se renforce face aux plateformes d’IA
« Absurde », « prétexte », « injustifié »... Bruxelles hausse le ton face à la nouvelle offensive douanière de Trump