Nicolas Revel : « Gare aux coups de rabot budgétaire »
Propos Recueillis Par Fanny Guinochet
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Nicolas Revel, le 25 septembre, à Paris.
LTD/Corentin Fohlen/La Tribune Dimanche
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Nicolas Revel, le 25 septembre, à Paris.
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LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment abordez-vous cette rentrée ?
NICOLAS REVEL - L'été s'est bien passé. Comme les autres services publics, nous avons été au rendez-vous des Jeux olympiques. Nous nous préparons maintenant aux épidémies hivernales. Nous allons augmenter nos capacités d'hospitalisation, notamment en pédiatrie, en espérant qu'avec les nouveaux traitements préventifs contre la bronchiolite nous aurons moins de cas graves. Nous les proposons pour tous les nouveau-nés et 90 % des parents l'acceptent.
Et aux urgences ?
Cela reste difficile. Nous accueillons 1,2 million de patients chaque année dans les urgences de l'AP-HP et 20 % d'entre eux nécessitent une hospitalisation. Chaque matin, plus d'une centaine de malades, souvent âgés, attendent encore sur des lits brancards de pouvoir trouver une place dans un service. Pour éviter cette prise en charge dégradée, nous devons rouvrir plus de lits. C'est stratégique. Nous y travaillons.
Justement, début 2023, vous avez lancé un plan d'amélioration de l'hôpital public. Où en est-on ?
Les années qui ont suivi le Covid ont ressemblé à une descente aux enfers : l'AP-HP a perdu 2 000 infirmiers entre 2019 et 2022 et a dû fermer 1 800 lits faute de personnel, soit l'équivalent d'un petit CHU qui disparaît. Il fallait enrayer cette hémorragie, et pour cela redonner envie de venir travailler à l'hôpital et surtout d'y rester. Dès 2023, nous avons réussi à inverser la spirale avec plus d'arrivées que de départs : en presque deux ans, nous avons augmenté nos recrutements infirmiers de 25 % et réduit les départs de 28 %. Cela nous permet de rouvrir plusieurs centaines de lits, en chirurgie, médecine, en pédiatrie, etc. Mais attention, nous sommes encore loin d'avoir retrouvé notre niveau d'avant la crise. L'hôpital public est toujours convalescent. Il nous faudra encore au moins deux ans pour remonter la pente.
Comment vous avez réussi à inverser la tendance ?
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Il n'y a pas une mesure miracle, il faut agir sur tous les leviers possibles à la fois. Nous avons proposé des logements aux soignants, écouté leurs aspirations concernant leurs horaires en proposant par exemple des plannings sur trois ou quatre jours, créé des postes dans les services pour libérer les équipes soignantes de tâches logistiques ou administratives, travaillé sur l'accueil, la formation et les parcours de carrière, etc. Nous regagnons des effectifs et notre taux d'absentéisme est tombé à 8 %, contre 10 % avant le Covid.
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