Loin de l'activité retrouvée par la plupart des plateformes européennes, certains aéroports régionaux français n'arrivent pas à tourner la page de la crise sanitaire et restent à des niveaux de trafic dangereusement bas. Entre baisse de la clientèle professionnelle, retrait d'Air France et concurrence territoriale, zoom sur les difficultés des aéroports de Lorraine, de Bretagne, de Clermont-Ferrand et de Pau.
Soulagement dans le monde du transport aérien. Au premier semestre 2024, la fréquentation des aéroports européens a dépassé de 0,4% les niveaux de 2019 pour la première fois depuis la paralysie née de la pandémie de Covid-19. Mais ce mouvement est loin d'être unanimement partagé, tout particulièrement parmi les 38 aéroports intermédiaires français, ceux qui comptent entre 100.000 et un million de passagers commerciaux.
Pour diverses raisons, nombre d'entre eux restent encore très loin de leur niveau d'activité d'avant Covid, avec des chutes de trafic parfois vertigineuses. L'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine accuse ainsi une chute de -61% de son trafic par rapport à 2019, celui de Clermont-Ferrand - Auvergne de -47 % et celui de Toulon Hyères de -39 %.
Photo d'illustration (Crédits : UAF)
[Cliquez sur l'image pour l'agrandir. Le trafic des aéroports régionaux français en 2023 (crédits : UAF)]
Le maillage très dense qui caractérise le paysage tricolore - avec 73 aéroports métropolitains qui accueillent des passagers - entraîne des situations de concurrence entre territoires. « L'absence de coordination crée un rapport de force défavorable vis-à-vis des compagnies aériennes à bas coût, tentées de mettre en concurrence les plateformes et les dispositifs d'aides », pointe ainsi la Cour des comptes dans un rapport sur le sujet publié l'an dernier.
«Aujourd'hui, le maillage de ces aéroports intermédiaires est confronté à une situation financière durablement fragilisée et à une certaine précarité juridique, liée au décalage entre la réalité économique des aéroports et un droit européen très restrictif en matière d'aides publiques.Dans un tel contexte, les autorités publiques doivent revoir en profondeur la stratégie et les modes de gestion», préconise-t-elle.
Pierre Cheminade, Olivier Mirguet, Pascale Paoli-Lebailly, Emilie Valès