C'est une situation qui finit par devenir une habitude. Chaque été, l'hôpital public subit une pression monstre aux urgences, en raison de la fermeture d'un grand nombre d'établissements de santé et des départs en vacances des médecins de ville. Sur le terrain, 39% des hôpitaux questionnés constatent une dégradation de la situation des urgences cet été par rapport à l'année passée, et 46% ne voient aucun changement, rapporte un sondage de la Fédération des hôpitaux de France (FHF).
Au-delà des difficultés récurrentes aux urgences l'été, ce sont les moyens financiers qui commencent sérieusement à inquiéter. Il faut dire que la situation politique du pays - dans l'attente d'un nouveau gouvernement depuis cinquante jours - ne rassure pas.
Et pour cause, le déficit structurel des hôpitaux publics doit s'établir à 2 milliards d'euros en 2024, en grande partie en raison de l'inflation. Pour rappel, ce déficit s'établissait entre 550 à 650 millions d'euros avant la pandémie. Or, ces établissements de santé ne peuvent pas être à découvert. Résultat, les délais de paiement se sont rallongés et l'investissement a diminué.
Pour combler ces dépenses, la FHF demande une augmentation de 2,3% de l'objectif national de dépenses d'Assurance-maladie (Ondam, dans le jargon budgétaire) prévu pour 2024, soit un total de 108 milliards d'euros pour 2024 au lieu des 105,6 milliards prévus. En parallèle, l'institution a également réclamé un budget en hausse de 6% en 2025, à 111,9 milliards d'euros, en amont des discussions autour du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), prévues normalement à l'automne.