Catherine Vautrin : « Notre objectif : le plein-emploi jusqu’à 64 ans »
Propos recueillis par Fanny Guinochet
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Dans son bureau de la Rue de Grenelle, le 1er mars.
© Vincent Boisot pour La Tribune Dimanche
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Dans son bureau de la Rue de Grenelle, le 1er mars.
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Ce vendredi soir, après avoir accompagné Gabriel Attal dans les Vosges, Catherine Vautrin nous reçoit dans son grand bureau de la Rue de Grenelle. C'est avec émotion qu'elle a retrouvé en janvier ce ministère qu'elle a connu il y a vingt ans. En effet, en 2004, l'élue de droite occupait son premier poste de secrétaire d'État à l'Intégration et à l'Égalité des chances, sous l'autorité de Jean-Louis Borloo, dont elle est restée proche. La veille, l'ancien maire de Valenciennes lui a rendu visite. Alors qu'elle a été pressentie pour Matignon en 2022, elle est aujourd'hui à la tête d'un grand ministère qui embrasse tout à la fois le Travail, la Santé et les Solidarités. Bien qu'elle soit peu connue du grand public, l'Élysée vante son ancrage territorial, son sens du dialogue et sa solidité. Catherine Vautrin accorde à La Tribune Dimanche sa première interview dans la presse nationale.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous avez rencontré des bénéficiaires du RSA, tenus de faire quinze heures hebdomadaires de travail, de stage...
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CATHERINE VAUTRIN - Nous avons rencontré un jeune homme sans diplôme qui veut travailler dans les métiers de la sécurité mais n'a pas le permis de conduire ; une femme seule avec trois enfants qui n'a jamais travaillé depuis leur naissance et qui rêve d'être aide-soignante dans les Ehpad... L'un comme l'autre feront une journée d'immersion et sont accompagnés par des conseillers de France Travail [ex-Pôle emploi], mais aussi par du personnel des départements pour la partie sociale. Par exemple, pour la dame, il s'agit de trouver des solutions de garde des enfants. Dans ce dispositif, le bénéficiaire du RSA signe un contrat et s'engage dans un parcours de formation, un projet professionnel. De son côté, France Travail s'engage à lui fournir un accompagnement et s'occupe de la mise en relation avec les entreprises du territoire. Nous assumons la notion d'engagement, qui implique des droits et des devoirs, mais aussi la notion de contrôle : la personne respecte le contrat qu'elle a co-construit avec son conseiller, sans quoi elle peut avoir des rappels et voir ses droits suspendus. Dix-huit départements ont participé à l'expérimentation de ce nouveau système, et les résultats sont là : sur les 22 500 personnes entrées dans le programme, 45 % ont un contrat dans une entreprise et travaillent cinq mois après le début de leur accompagnement. Nous allons étendre ces dispositifs à de nouveaux territoires pour que 100 % des départements soient couverts en 2025. Depuis 2017, la majorité a créé 2 millions d'emplois, nous avons retrouvé une notion de plein-emploi. Il faut continuer, surtout quand, en France, il y a encore des postes vacants dans des secteurs essentiels à notre économie et à notre modèle social.
Propos recueillis par Fanny Guinochet