Déficit public : nouveau dérapage en vue pour 2024, plus de 5 % du PIB contre 4,4% initialement prévu
Fanny Guinochet
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Thomas Cazenave, ministre délégué chargé des Comptes publics et Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique
Selon nos informations, dans le nouveau programme de stabilité annuel, document que le gouvernement va envoyer à Bruxelles, et que le ministère des Finances va présenter en Conseil des ministres le 17 avril prochain, le déficit inscrit sera probablement 5,1 ou 5,2 % contre 4,4% initialement.
Initialement, le gouvernement avait prévu un déficit à 4,4 % du produit intérieur brut pour 2024. Mais il sera, selon nos informations, supérieur à 5 % du PIB.... Dans le nouveau programme de stabilité annuel, document que le gouvernement va envoyer à Bruxelles, et qu'il va présenter en Conseil des ministres le 17 avril prochain, sera inscrit probablement 5,1 ou 5,2 % du PIB.
Et c'est une très mauvaise nouvelle pour l'exécutif, qui se retrouve à quelques semaines d'intervalle à devoir se justifier sur un tel dérapage. Et pour cause, de nouveau, il revoit de nouveau sa copie. En mars dernier, le gouvernement a dévoilé un déficit pour 2023 bien supérieur à ses estimations : 5,5% contre 4,9% initialement anticipé. En cause, de moins bonnes recettes fiscales engrangées l'an dernier. Soit 15 milliards d'euros de différence.
Des dizaines de milliards d'euros supplémentaires à trouver
Après avoir déjà annoncé un plan d'économies de 10 milliards d'euros, le gouvernement se retrouve donc à devoir serrer encore la vis. Certes, il table sur les rentrées de la croissance, mais le pari est pour le moins audacieux. Car si la croissance française est restée positive, elle est bien plus faible qu'espérée. Et là aussi, le gouvernement a dû revoir ses prétentions à la baisse : 1% contre 1,4 % prévu.
Aussi, promet-il de couper dans les dépenses. Il a déjà commencé à le faire mais la pilule promet d'être dure à avaler. Il ne cache pas son intention de durcir les conditions d'indemnisation des demandeurs d'emploi avec une nouvelle réforme de l'assurance chômage, y compris pour les seniors. En ligne de mire également : des économies sur les collectivités, mais aussi du côté des dépenses sociales, où il faut s'attendre, par exemple, à des déremboursements des soins de santé, à la mise en place de jours de carence ..etc.
Autant de mesures impopulaires qui risquent d'affaiblir la majorité présidentielle à quelques semaines des élections européennes. D'où le flou sur le calendrier et les modalités afin de ne pas effrayer ses électeurs.
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