Pour Bartolone, Pécresse "tient les mêmes propos que le FN" et défend "la race blanche"

Le candidat socialiste a violemment attaqué Valérie Pécresse au sujet d'une affiche de campagne qui stigmatise, selon lui, les habitants de Seine-Saint-Denis. La tête de liste LR juge quant à elle les sorties de Claude Bartolone "abjectes".

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La lutte est très serrée entre les deux têtes de liste de la droite et de la gauche.
La lutte est très serrée entre les deux têtes de liste de la droite et de la gauche. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau. Montage : La Tribune.)

Vives tensions dans la campagne pour le second tour des régionales en Île-de-France. Le socialiste Claude Bartolone, qui a recueilli 25,19% des voix au premier tour de l'élection, a attaqué violemment la tête de liste LR-UDI-Modem Valérie Pécresse (30,51% des votes exprimés).

"Elle tient les mêmes propos que le FN, elle utilise une image subliminale pour faire peur", a lancé Claude Bartolone dans une interview publiée par L'Obs mercredi 9 décembre en fin de journée. "Avec un discours comme celui-là, c'est Versailles, Neuilly et la race blanche qu'elle défend en creux." La tête de liste PS fait référence à une affiche de la candidate LR sur laquelle est inscrit "Nous ne voulons pas devenir la Seine-Saint-Denis de Bartolone !" On peut également y lire: "Voter Saint Just (tête de liste du FN présent au second tour, Ndlr) = voter Bartolone."

Selon le président de l'Assemblée nationale, cette attaque jette "l'opprobre sur un million et demi d'habitants", même s'il conçoit que ces derniers "connaissent des difficultés". Et de renchérir: "Heureusement que des entreprises, y compris du CAC 40, sont moins débiles, viennent s'y installer, découvrent la richesse de cette jeunesse et des surfaces qui leurs sont proposées."

Plus tôt, lors d'un meeting à Créteil dans le Val-de-Marne, Claude Bartolone avait dit à l'intention des candidats de la liste LR-UDI-Modem en Île-de-France: "Notre région, ils veulent la mettre en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux."

"Il y a des lignes jaunes qu'on ne peut pas franchir"

Les propos du socialiste ont hérissé Valérie Pécresse. Sur Radio Classique, jeudi matin,
elle a qualifié ses sorties d'"abjectes":

"Il y a des lignes jaunes qu'on ne peut pas franchir. La campagne n'autorise pas tout. (...) Ce qui est important, c'est que les Franciliens sachent qui est vraiment M. Bartolone. Cet homme ne peut pas être président de la première région de France", a-t-elle dit.

Sur Europe 1, le président de l'UDI et colistier de la candidate est venu à la rescousse de cette dernière en s'adressant à l'élu de Seine-Saint-Denis:

"Je lui demande de s'excuser ou de retirer ce qu'il vient de dire. On ne peut pas utiliser les méthodes du Front national et se prétendre le candidat du Parti socialiste."

Des sondages contradictoires

Ce regain de tension prend place dans un contexte où rien n'est joué. Un sondage diffusé le 9 décembre prévoit un résultat serré au second tour. Valérie Pécresse serait élue avec 42% devant Claude Bartolone (40%), loin devant le candidat FN Wallerand de Saint-Just (18%), d'après Odoxa pour Le Parisien et BFM-TV.

A l'inverse, un sondage Elabe pour « Les Echos », Radio Classique et Alila, donne la liste d'Union de la gauche menée par Bartolone gagnante avec 41,5 % des suffrages au second tour, contre 41 % pour Valérie Pécresse et 17,5 % pour Wallerand de Saint-Just.

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