LE DÉBAT DE LA TRIBUNE – Avec la hausse continue de l’inflation qui s’est élevée à 5,9% sur un an en août, la question du pouvoir d'achat est devenu la principale préoccupation des Français. Si des milliards ont déjà été débloqués par l'Etat, dans le cadre de la loi pouvoir d'achat notamment, ces dépenses ne seront pas illimitées surtout si la hausse des prix dure. Parmi les outils à mobiliser, le titre-restaurant qu'utilisent 4,8 millions de salariés pourrait être modifié. Reste à savoir comment. L'une des réponses serait d'élargir la liste des produits payables en titres-restaurant,...
... t dans les grandes surfaces pour doper le pouvoir d'achat. Le scénario divise et deux personnalités concernées, Patrick Mercier, président de l'Association de défense et d'information du consommateur (ADEIC) et le restaurateur Romain Vidal, secrétaire général du syndicat GNI en Ile-de-France, expliquent leurs divergences.
C'est l'un des incontournables du portefeuille des Français. Le titre-restaurant sert en théorie à régler le repas au travail quand il n'y a pas de cantine, notamment pour se rendre dans des commerces de bouche. Mais depuis longtemps, son usage s'est élargi et les salariés s'en servent pour acheter leur nourriture immédiatement dans les supermarchés, parfois en dehors des heures de repas au travail. Une pratique qui s'est encore étendue pendant la crise sanitaire avec le doublement du plafond à utiliser, à 38 euros, avant que celui-ci ne revienne à 19 euros en juillet dernier, au grand dam des salariés. Mais il doit remonter à 25 euros prochainement.
Par ailleurs, depuis septembre, il est désormais possible d'acheter des produits alimentaires non consommables immédiatement (farine, pâtes, riz, œufs, poisson, viande...). La décision agace les restaurateurs. Ils s'inquiètent en effet de voir ce dispositif être dévoyé, aux dépens de leur activité. Les associations de consommateurs plaident elles pour donner plus de liberté aux Français dans la gestion de ce budget non-négligeable.
Alors, faut-il élargir les produits éligibles au titre-restaurant pour augmenter le pouvoir d'achat ?
« On peut tout à fait entendre la position des restaurateurs, qui aimeraient profiter davantage des titres-restaurant et craignent de voir cette manne aller ailleurs. Mais s'ils veulent s'assurer que les salariés utilisent les titres-restaurant dans leurs établissements, il leur revient de les rendre plus accessibles en termes de prix et de temps passé à table. D'une part, les titres-restaurant ne couvrent pas toujours l'addition dans un restaurant ; d'autre part, essayez de manger dehors avec une enveloppe de 6 euros par midi... sauf à aller dans un « fast-food ». Les employés n'ont pas toujours le temps d'aller au restaurant. Un repas prend souvent plus d'une heure, et il faut souvent ajouter de sa poche en plus du titre-restaurant pour régler la note.