Pour ou contre : faut-il taxer les superprofits ? (Henri Sterdyniak face à Agnès Verdier-Molinié)
Paul Marion
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Henri Sterdyniak et Agnès Verdier-Molinié.
Reuters
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Henri Sterdyniak et Agnès Verdier-Molinié.
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... ir d'achat ». Une telle taxe a-t-elle un sens contre l’inflation ? Quelle est sa véritable vocation : punir les entreprises qui « profitent » de la crise ou aider l’Etat ? Mais est-il vraiment pertinent de combler le déficit public par une taxe sur les superprofits ? L'avis de deux personnalités du monde économique, Agnès Verdier-Molinié, présidente du cercle de réflexion libéral iFRAP, et Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE et co-fondateur des Economistes atterrés.
Tout s'est joué à huit voix près. 114 voix contre et 96 voix pour. Fin juillet, le projet d'amendement soutenu par la Nupes et le RN d'une taxe sur les superprofits a été rejeté de justesse à l'Assemblée nationale dans le cadre de l'examen de la loi « pouvoir d'achat ». L'amendement prévoyait d'imposer une « taxe exceptionnelle de 25% » sur les « bénéfices exceptionnels » des fournisseurs d'hydrocarbures, des prestataires de transport maritime ou encore des concessionnaires d'autoroutes.
Pour autant, ce premier échec parlementaire n'éteint pas le débat autour d'une taxe temporaire des superprofits. La question plane encore dans l'air du temps, particulièrement en cette période de résultats financiers du premier semestre. Un cru remarquable pour plusieurs grands groupes français dont le cas emblématique TotalEnergies et ses 5,7 milliards d'euros de profits en trois mois, deux fois plus qu'à la même période en 2021. Le géant énergétique profite à plein de l'envolée des cours de l'énergie.
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En réponse et (surtout) sous pression du gouvernement, TotalEnergies a fait un geste en accordant une réduction du prix à la pompe dans toutes ses stations jusqu'à la fin de l'année. Insuffisant pour enrayer la controverse autour de ses profits. Jusqu'à présent, le gouvernement Borne défend les initiatives librement consenties par les entreprises comme TotalEnergies en faveur du budget des ménages plutôt qu'un nouvel impôt, même si certaines figures de la majorité comme le député Sacha Houlié sont favorables au principe d'une « contribution exceptionnelle » des entreprises prospères. Tant que l'inflation durera, ce projet de taxes va occuper le débat politique. L'Espagne et le Royaume-Uni ont quant à eux déjà sauté le pas.
Paul Marion