Pour ou contre : faut-il bloquer les prix pour stopper l’inflation ? (Virginie Monvoisin face à Sylvain Bersinger)
Paul Marion
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Virginie Monvoisin et Sylvain Bersinger.
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... oble Ecole de Management.
« Jour 1, je bloque les prix » de tous les produits de première nécessité. Jean-Luc Mélenchon en avait fait la promesse pendant la campagne présidentielle. Si sa défaite au premier tour puis l'échec de la Nupes à former une majorité absolue à l'Assemblée en ont empêché l'application de cette proposition, la mesure reste dans l'air du temps à mesure que l'inflation s'installe dans le paysage économique. Les gouvernements européens rivalisent d'inventivité et de dépenses pour tenter de freiner l'accélération brutale des prix. En France, s'il a gelé les tarifs réglementés du gaz et de l'électricité, l'exécutif semble exclure l'option d'un blocage des prix imposé de manière unilatérale aux entreprises et favorise des aides qui garantissent un prix bas au consommateur et une marge aux entreprises, comme la ristourne sur le prix à la pompe.
Néanmoins, la possibilité légale de bloquer les prix existe dans le Code du commerce dans « une situation de crise, des circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une situation manifestement anormale du marché dans un secteur déterminé ». L'Etat y a eu recours plusieurs fois au XXème siècle sous le Front populaire, à la fin de la Seconde guerre mondiale et pendant la première guerre du Golfe. Avec des fortunes diverses.
Alors, l'Etat doit-il procéder à un blocage des prix pour endiguer l'inflation, ne serait-ce que sur certains produits spécifiques ?

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« L'inflation fait un retour fracassant dans le quotidien des ménages et dans les débats de politiques économiques. En juin, l'Indice des Prix à la Consommation augmentait de 5,8% et cette augmentation s'intensifie : en mai, cet IPC était à 5,2% et l'Insee prévoit une hausse proche des 7% à la fin de l'année. La surprise est d'autant plus grande que depuis les années 1980, l'inflation avait disparu ; rarement la hausse des prix a excédé 2% en 35 ans. Et seules les banques centrales et les conservateurs continuaient à agiter la peur de l'inflation comme un chiffon rouge pour justifier des politiques monétaires restrictives.
Paul Marion