Pouvoir d'achat : grand cafouillage autour du chèque alimentaire
Fanny Guinochet
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Une des solutions serait de distribuer une carte alimentaire, sur le modèle des titres restaurants que les supermarchés et grandes surfaces savent l'utiliser. Seul problème, impossible de faire ses achats sur les marchés (photo). "La crainte aussi d'un...
Promesse d'Emmanuel Macron, le chèque alimentaire a bien du mal à voir le jour, alors que l'inflation dépasse les 5%. Si le principe est acté, la mise en place technique, elle, donne lieu à d'âpres batailles. Au sein de la majorité mais aussi entre lobbys. L'atterrissage promet de susciter des déceptions. Explications.
Pour l'instant, le gouvernement se contente de dire que le chèque alimentaire verra bien le jour, comme l'a promis le président de la République, mais il se garde bien de donner des modalités. Sera-t-il mensuel ou versé en une seule fois ? Qui sera concerné ? Sera-t-il fléché sur quelques produits ou pourra-t-il être utilisé quels que soient les articles du panier ? Pour l'heure, ces questions restent sans réponse...
Pourtant, il y a urgence. L'inflation s'installe durablement en France, et vient pour la première fois depuis septembre 1985 de dépasser la barre des 5%. Au mois de mai, la hausse des prix atteint 5,2% sur un an, selon l'Insee. Les prix de l'alimentation progressent de 4,2%, avec une flambée des étiquettes particulièrement marquées pour les viandes, les pâtes, et les farines. De nombreux ménages sont obligés de faire des arbitrages et de réduire leurs achats de biens essentiels.
Des difficultés techniques
Du côté de l'exécutif, pourtant, on assure qu'il n'est pas simple d'élaborer ce chèque alimentaire. On met en avant la difficulté technique. Pourtant, l'idée n'est pas née avec la guerre en Ukraine ni avec l'inflation qui s'installe en France, mais lors de la Convention citoyenne. Le principe a même été adopté dans la loi climat de juillet 2021.
Par ailleurs, le gouvernement a commandé à l'inspection des Finances un rapport sur le sujet, mais cette étude, rendue il y a quelques semaines, n'a pas été publiée.
Il faut dire que, politiquement, les positions divergent, et ce chèque est devenu un objet de tensions politiques au sein de la majorité. Les plus "sociaux" veulent qu'il soit un coup de pouce largement distribué, alors que les tenants des finances s'inquiètent des dérapages budgétaires éventuels. "Il faut veiller à ne pas arroser le sable avec un dispositif très large et très coûteux", met en garde l'entourage de Bruno Le Maire.
En cause, probablement, les nombreux objectifs que l'exécutif veut, a priori, donner à ce chèque. Économique, tout d'abord, puisque ce chèque a pour visée principale d'aider les ménages les plus modestes à faire face à la flambée des prix alimentaires. Nutritionnel, ce chèque pourrait aider ces foyers à mieux se nourrir, et donc à privilégier les produits frais, et de bonne qualité. Ecologique, enfin, puisqu'il s'agirait de le flécher sur des denrées locales et de soutenir ainsi la filière agricole.
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