Le mal-logement s'enracine en France

Le rapport annuel de la fondation Abbé Pierre dresse un constat accablant : 14,6 millions de personnes - au sens large - seraient concernées directement par la crise du logement en France.
Mathias Thépot

6 mn

La Fondation Abbé Pierre livre donc une batterie de propositions aux candidats pour sortir de cette situation.
La Fondation Abbé Pierre livre donc une batterie de propositions aux candidats pour sortir de cette situation. (Crédits : Statista*)

Les gouvernements passent et la crise du logement demeure... Alors que le quinquennat Hollande arrive à son terme, il y a, au bas mot, 14,6 millions de personnes qui sont victimes de la crise du logement, constate le rapport 2017 de la fondation Abbé Pierre... C'est la première fois que la fondation dresse un bilan aussi exhaustif des victimes de la crise.

Concrètement, au sein de ces 14,6 millions de personnes, la fondation compte en premier lieu les mal-logés et les non-logés, qui représentent près de 4 millions d'individus. Près de 900.000 d'entre eux sont privés de logement personnel, 143.000 sont sans domicile, 25.000 résident de manière permanente et contrainte dans une chambre d'hôtel, 85.000 dans une habitation de fortune, et 643.000 sont contraints d'habiter chez des tiers.

3,96 millions de mal-logés

En outre, les personnes privées de confort dans leur logement, c'est à dire ne disposant pas ou de WC intérieur, ou de douche, ou d'eau courante, ou de moyen de chauffage etc., ou cumulant ces problèmes, sont aujourd'hui au nombre de 2 millions en France...  En parallèle, le nombre de personnes vivant dans un logement en situation de « surpeuplement accentué » s'élève à près d'un million. Et pour la première fois, la fondation Abbé Pierre a comptabilisé dans son rapport les gens du voyage qui subissent des mauvaises conditions d'habitat, ce qui représente 206.000 personnes en France, ainsi que les résidents de foyers de travailleurs migrants non traités qui sont 39.000. Au total, et en ne comptant qu'une fois les ménages qui sont concernés par plusieurs des problèmes mentionnés ci-dessus, ce sont donc 3,96 millions de personnes qui subissent la crise du mal-logement.

12 millions de personnes en situation de fragilité

Mais ce n'est malheureusement pas tout. Au-delà de ces près de 4 millions de personnes en situation critique, il y a aussi 12 millions de personnes en France qui sont fragilisées dans le rapport à leur logement. Les causes ? Les copropriétés en difficulté (1,1 million de personnes), les locataires en situation d'impayés (1,2 million), les personnes en situation de « surpeuplement modéré » (4,3 millions), les personnes modestes souffrant du froid dans leur logement pour des raisons de précarité énergétique (3,5 millions de personnes), et les personnes modestes en situation d'effort financier excessif (5,7 millions de personnes).

Au total, tous ces ménages (mal-logés et en situation de fragilité) représentent 14,6 millions de personnes. La crise du logement s'enracine en France. C'est un constat accablant, conséquence des échecs des politiques publiques passées et existantes, mais aussi de l'incapacité du secteur privé (qui représente 80 % du parc des résidences principales en France) à satisfaire les besoins en logement de la population.

Désengagement de l'Etat

Dès lors, que faire ? A très court terme, sensibiliser les candidats à l'élection présidentielle de 2017. Surtout que le logement est jusqu'ici abordé dans beaucoup de programmes électoraux de manière très marginale. La fondation Abbé Pierre a donc demandé à rencontrer les candidats à l'élection - sauf Marine Le Pen - ce 31 janvier pour discuter mal-logement, la veille de l'anniversaire des 63 ans de l'appel de l'Abbé Pierre, le 1er février 1954. Reste à savoir si les candidats seront sensibles aux propositions de la fondation. Car les deux grands partis au pouvoir n'ont pu résorber le mal logement depuis le début du siècle.

La fondation a notamment dressé un bilan peu élogieux du quinquennat Hollande. Elle fustige le désengagement de l'Etat du financement direct du logement social et très social, du fait des restrictions budgétaires. « Les politiques de bas loyers ont été très affaiblies au fil de ce quinquennat », regrette Christophe Robert, le délégué général de la fondation Abbé Pierre. Ce qui rend d'autant plus difficile la réinsertion par le logement de dizaines de milliers de personnes en hébergement d'urgence.

Le gouvernement Valls a terni le bilan social du quinquennat

Par ailleurs, priorité a été donnée durant le quinquennat en cours aux logements sociaux intermédiaires et aux logements intermédiaires. Ce qui n'a, dans l'absolu, rien de choquant, surtout dans les zones urbaines où la production de logements intermédiaires répond à un fort besoin. Mais ce que déplore la fondation Abbé Pierre, c'est l'arbitrage budgétaire au profit de ce type de logements, et au détriment des logements très sociaux, pourtant les plus à même de répondre à la situation du mal-logement actuel.

Plus globalement, Christophe Robert regrette le revirement de François Hollande après la nomination de Manuel Valls en tant que Premier ministre. Par exemple, il déplore l'évolution du dispositif Duflot en dispositif Pinel, qui donne la possibilité notamment aux investisseurs particuliers de louer à leurs descendants. Ce qui exclut un peu plus la mobilité sociale dans le parc locatif privé par le biais de ce dispositif d'investissement locatif. Pourtant, l'instauration du dispositif Pinel a sans conteste fait revenir les investisseurs particuliers sur le marché du logement neuf. Dont acte. « Mais avec le Pinel, les fonds des investisseurs particuliers sont moins redirigés vers les ménages qui en ont le plus besoin, comme c'était davantage le cas avec le Duflot », regrette Christophe Robert. Enfin, la fondation Abbé Pierre regrette que sous Manuel Valls, l'encadrement des loyers ait été limité à Paris intramuros, et demande donc son extension à 28 agglomérations françaises.

Du positif en matière de rénovation énergétique

Mais le quinquennat Hollande n'aura toutefois pas été si négatif que cela. Sur les questions du financement du logement social (TVA à taux réduit, exonération de taxe foncière, augmentation du plafond du livret A), de la rénovation énergétique (loi pour la transition énergétique), de la part de logements sociaux obligatoire par commune (loi SRU 2), ou même de l'encadrement des loyers à la relocation (décret du 31 août 2012), la fondation Abbé Pierre dresse un bilan très satisfaisant.

Mais, il faudrait aller plus loin. La Fondation Abbé Pierre livre donc une batterie de propositions aux candidats. Leur but premier : ériger le logement pour tous en priorité absolue, et sans attendre. De façon à sortir de la logique actuelle qui veut donner le temps au marché d'attribuer seul et « naturellement » des logements décents à prix abordables à ceux qui en ont le plus besoin. Désormais, les mal-logés n'ont plus le temps d'attendre.

Une question de priorité

Pour ce faire, une nouvelle politique d'attribution des logements sociaux prioritairement aux mal-logés est nécessaire, selon la fondation Abbé Pierre, qui constate qu'au-delà des 143.000 personnes sans domicile, 160.000 personnes « Dalo », c'est à dire prioritaires pour l'accès à un logement, restent dans l'attente. Surtout, la fondation demande que l'Etat se réengage directement dans sa politique d'aides à la pierre, que ce soit par le biais des bailleurs sociaux ou privés. Cela coûtera cher, certes. Mais, comme le note Christophe Robert : « C'est une question de priorité ! ».

*Graphique réalisé par Statista

Mathias Thépot

6 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 43
à écrit le 01/02/2017 à 17:03
Signaler
On passe de 200000 entrées légales par an à mettons 10000 et le mal-logement et le bétonnage du pays, c'est réglé en 10 ans. Mais chut ... macron ... bouygues ...carrefour ... canal+ pas d'accord

à écrit le 01/02/2017 à 9:17
Signaler
Que faire ? Une purge des salaires et primes de nos hauts fonctionnaires, fils et fille a papa maman placé dans les meilleurs coins. Je lis actuellement le livre LA CAISSE qui doit financer les logements et les entreprises. Ce n'est pas le seul livre...

le 01/02/2017 à 13:05
Signaler
Bonjour le pire et que l'on doit payer la taxe d'habitation qui s'ajoute a notre mal logement l je sait j'en fait parti tout les ans je la reçoit sa me rend malade je pensais qu'il y avait bareme pour les RSA ASS moi je gagne a peine 6 mille euro...

à écrit le 01/02/2017 à 2:12
Signaler
Utiliser la place des églises pour faire des logements BIEN isolés serait en effet une bonne idée. Vu leur occupation...

le 01/02/2017 à 17:04
Signaler
teu teu teu .... préemptées pour des salles de prière du culte ...

à écrit le 31/01/2017 à 16:38
Signaler
Il existe une solution douce pour procurer des *** logements décents """ à tous les Français, en ligne avec la Constitution de la République fondée sur la Liberté Egalité Fraternité Les mal qui ronge de la France, ce sont les propriétaires héritie...

le 31/01/2017 à 17:15
Signaler
Il faut vous calmer, beaucoup de propriétaires ne sont pas des rentiers;ils ont travaillé dur pou se payer leur logement. Souvent des emprunts longs , jusqu'à 30 ans pour beaucoup de jeunes qui souhaitent acquérir un logement. Le problème du logemen...

le 01/02/2017 à 8:34
Signaler
Un autre axe complémentaire pour résoudre les problèmes de logement serait de faire en France comme avec les biens mal acquis des potentats africains, certains des politiciens professionnels français, des parlementaires, présidents de région dépar...

le 01/02/2017 à 9:47
Signaler
Votre solution douce ressemble à celle des bolshevicks en 1917: exproprier et partager le butin. On sait où ça les a amené. Il est triste de voir qu'on envisage de refaire les mêmes erreurs. Il est triste aussi que la France est un pays pauvre, si 14...

à écrit le 31/01/2017 à 14:48
Signaler
On aurait près de 15 millions de mal ou de pas logés du tout, et les socialos veulent encore inviter des centaines de milliers de "réfugiés" ? De qui se moque-t-on ?

le 31/01/2017 à 16:54
Signaler
Un oubli surement : On se souvient du président Pompidou avouant peu avant sa mort qu’il avait ouvert les vannes de l’immigration en France à la demande des grands patrons, désireux de pouvoir bénéficier d’une main d’œuvre nombreuse, docile et bon...

le 31/01/2017 à 18:03
Signaler
@lachose: quand on sait que les Européens sont près de 500 millions et qu'en France uniquement on a 7 millions de chômeurs et 15 millions de mal logés, l'immigration extérieure à l'UE n'a plus de sens...ou je vis sur une autre planète :-)

à écrit le 31/01/2017 à 14:03
Signaler
Avec les critères de la fondation 95% de la population mondiale est mal logée. Il y a de quoi faire.

à écrit le 31/01/2017 à 13:26
Signaler
Pour parodier un homme politique célèbre: la meilleure façon de s'acheter un appartement(un costard) c'est de travailler !!!!!!!!!

à écrit le 31/01/2017 à 13:06
Signaler
Christophe Robert souligne deux causes : Les copropriétés en difficulté (1,1 million de personnes), les locataires en situation d'impayés (1,2 million), Lui qui soutient Cécile Duflot devrait honnêtement reconnaitre que la démarche punitive de la lo...

à écrit le 31/01/2017 à 12:19
Signaler
le serpent de mer que l'on remet à chaque élection comme la marmotte se réveille au début de chaque printemps .Comment maintenir la hausse de l'immobilier et les loyers facteurs de rentabilité (ce qui perdurent depuis bientôt 14 ans bien étonnammen...

à écrit le 31/01/2017 à 11:40
Signaler
Le logement coute de plus en plus cher. Les constructions ne sont pas forcement de meilleur qualité, loin de là, mais il y a une avalanche de normes et obligations à respecter qui font grimper les factures de travaux, et les assurances. Quand un mén...

à écrit le 31/01/2017 à 11:37
Signaler
Conséquence d'une métropolisation des bassins d'emploi et de vie. Vite un plan Marshall pour la France des petites villes et de la ruralité ! Si l'on retrouve l'emploi dans ces zones désertifiées et pleine de logements vides, alors on combattra e...

à écrit le 31/01/2017 à 11:14
Signaler
Pour quelles raisons 3 millions de logements sont-ils vides? Des vieux propriétaire en maison de retraite, des logements habitables mais non certifiables aux nombreuses normes actuelles et donc impropres à la location. Loi logement et loi travail mêm...

à écrit le 31/01/2017 à 11:11
Signaler
nous louions une maison à des personnes percevant le RSA, dans laquelle nous avions fait les mises en conformités (isolation fenêtres, électricité, eau, peintures ... ) devant l'augmentation des normes et des taxes sur les loyers (CSG + IR au taux d...

le 31/01/2017 à 18:25
Signaler
Bien vu cette intrusion de la réalité en contre-point des "yaka"; les élus créent les problèmes pour ensuite essayer de les résoudre,ainsi ils justifient leurs existences et leurs revenus honteux.

à écrit le 31/01/2017 à 11:08
Signaler
Le principal problème est que l'on concentre 12 millions de personnes en île de France sur 45 Km 2 . Cette surpopulation entraîne forcement un manque de logements et des transports saturés. Nous avons dans notre pays des régions entières complèteme...

à écrit le 31/01/2017 à 11:02
Signaler
S'assurer d'un environnement décent avant de pondre des gosses réduirait aussi ces statistiques. Ce serait bénéfique pour tout le monde : les enfants non nés qui ne vivraient pas dans la misère, la collectivité, les non-parents qui pourraient prépare...

le 01/02/2017 à 9:45
Signaler
Entièrement d'accord. Choquée hier d'entendre à la radio un couple avec 2 enfants se plaindre de leur logement trop petit pour 4 mais Madame attendait pourtant le 3ème. C'est certain, leur situation ne va pas s'arranger.

à écrit le 31/01/2017 à 10:31
Signaler
alors que l'on construit bien plus que la croissance du nombre de ménages : 375 000 logements pour 240 000 nouveaux ménages. le parc de logements rapporté à la population est le 3e de l'UE et le taux de construction est le 2e de l'UE (Deloitte Prope...

à écrit le 31/01/2017 à 10:07
Signaler
La France est à 80% rempli de logements vides ou qui ne valent presque plus rien, pas plus cher qu'au Cambodge ou au Vietnam. Il faut arrêter de vouloir habiter à Paris, Nice ou Deauville

le 31/01/2017 à 11:13
Signaler
il faut peut-être aussi arrêter de faire des enfants tant qu'on n'a pas un logement décent à leur offrir.

le 31/01/2017 à 17:29
Signaler
Ou un avenir décent ...

à écrit le 31/01/2017 à 10:00
Signaler
Certes, le chiffre de 15 millions est largement éxagéré. Mais ce problême illustre l'explosion des couts des loyers et d'achat du moindre logement qui est devenue disproportionné par rapport au cout d'il y a 20 ou 30 ans ! Surtout que les salaire...

à écrit le 31/01/2017 à 9:08
Signaler
Près de 15 millions de personnes sont victimes de la crise du logement en France Pour compléter les informations, Actuellement, les contribuables qui ont eu des revenus mensuels de 1075 euro par mois en 2016 reçoivent une lettre signée de Monsi...

le 31/01/2017 à 10:56
Signaler
1075€ par mois à Paris et proche banlieue, c'est en effet compliqué. En revanche, ailleurs, vous n'êtes pas au seuil de la pauvreté. 2 choix s'offrent à vous : déménager ou prendre des cours du soir pour vous reconvertir dans un métier qui paie d'ava...

le 31/01/2017 à 11:02
Signaler
C'est vrai qu'évoquer la classe moyenne avec 1075€/mois parait absurde, Tranche : de 9 700 à 26 791 €: 14,00% Par contre tu es aussi contre allégement de ton impôt sur le revenu car cela vient aussi de ceux que tu critiques ? Avec 1075€ /mois , tu ...

le 31/01/2017 à 12:42
Signaler
@ truc, et @ lachose classer 1075 €/mois en classe moyenne, ce n'est pas absurde, c'est imbécile crétin, seuls des politicards de sience po et de l'Ena en sont capables

le 31/01/2017 à 12:58
Signaler
La sphère politique réalise pourtant queytout le monde ne peut pas être ministre, député ou sénateur avec leurs salaires et leurs avantages annexes.

à écrit le 31/01/2017 à 8:47
Signaler
"désengagement de l'état" ? Alors qu'on ne peut ne peut plus planter le moindre clou sans l'avis de l'état et/ou des collectivités territoriales, sans faire face à des monceaux de réglementations, sans remplir des dossiers à n'en plus finir, et sans ...

à écrit le 31/01/2017 à 8:34
Signaler
Politique d'austérité politique de pauvreté. Vite un frexit.

à écrit le 31/01/2017 à 8:26
Signaler
Des journaux disent 15 et d'autres 4 millions de mal logés. Moi je dis que la solution c'est que c'est 15 ou 4 millions de ma logés se fassent inscrire comme RÉFUGIES. Ils auront droit à l'hôtel, à une formation, à faire du sport, des loisirs etc.......

à écrit le 31/01/2017 à 8:13
Signaler
Quel beau et riche pays

le 31/01/2017 à 9:23
Signaler
C'est vrai : En 2013, la France comptait 2,1 millions de millionnaires. Ils seront 2,4 millions cette année et, si les prévisions sont exactes, presque le double dans cinq ans, soit 4,2 millions. Des chiffres qui paraissent tout bonnement incroyab...

le 31/01/2017 à 19:01
Signaler
J' avoue j' ai 1,5 millions en capital. A 63 ans, je pars à la retraite cette année. Ma femme et moi ingénieur tous les 2 avons démarré avec 1000 francs en poche, pour cause de parents modestes. Nous avons quitté notre région d' origine pour avoir u...

le 01/02/2017 à 18:58
Signaler
@Réponse de un millionnaire, histoire vraie " puis travaillé 40 ans sans une journée de chômage tous les 2 et sans une seule journée d' arrêt maladie pour moi et quelques mois de maternité pour elle". Comme quoi, le plein emploi avait du bon, n...

à écrit le 31/01/2017 à 7:06
Signaler
Quand je lis: "Près de 15 millions de personnes sont victimes de la crise du logement en France" ou "désengagement de l'état" je me demande si je rêve... Ce secteur est totalement à la merci et sous influence des politiques de l'état et de leurs décl...

à écrit le 31/01/2017 à 4:14
Signaler
Le bateau France est a la derive. A quand le naufrage ? Les caisses sont parait-il vide. Que va etre l'avenir des "sans dents" ? Liberte, egalite, tu parles Charles.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.