
Placements européens : que peuvent espérer les épargnants français ?
Des projets pour orienter l'épargne des ménages vers les entreprises européennes se multiplient, sans se concrétiser pour l'instant. Mais que valent vraiment ces placements ?
Ce samedi 1er février, les 60 ans de l'appel de l'Abbé Pierre en faveur des sans abris sont célébrés. 60 ans et toujours 3,5 millions de personnes mal logées ou sans abri et près de 10 millions concernées par la crise du logement. La situation atteint un tel point de non-retour, que les politiques économiques semblent s'être totalement détournées de ces problèmes.
En laissant majoritairement le pouvoir du logement au marché, l'État a en fait laissé les prix du foncier croître de manière vertigineuse. "Le foncier a augmenté de plus de 500% depuis les années 70, soit beaucoup plus que les salaires et le PIB. Ce qui a entrainé un décalage structurel entre les prix de l'immobilier et les revenus des français ; et a par ailleurs perturbé la capacité du pays à construire des logements", explique Marie-Noëlle Lienemann.
"Avec l'emballement des prix de l'immobilier, et notamment du foncier, certains ménages ne peuvent plus se loger, ou déménager pour se loger dans des appartements qui correspondent à leurs besoins", constate pour sa part Christine Rifflart, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Le développement de telles situations "montre que les efforts des gouvernements au fil des années n'ont pas été à la mesure de ce qu'il fallait faire", ajoute-t-elle.
La crise économique de 2008 n'a fait qu'empirer la situation avec la multiplication des situations de chômage.
Remettre une politique de régulation des prix au centre des préoccupations paraît donc indispensable, tout en remédiant en parallèle à l'impuissance de l'Etat planificateur.
C'est à dire brandir l'arme du logement social, "le principal contrepoids de l'État pour contrôler les prix", selon Christine Rifflart. "Avant l'adoption de la loi SRU, qui a imposé 20 puis 25% de logements sociaux dans les communes, il y avait clairement une absence de mobilisation de l'État dans ce domaine", se souvient l'économiste. Depuis, la situation s'est de ce côté améliorée même si certaines communes préfèrent toujours payer des pénalités plutôt que de respecter les quotas de la loi SRU.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
Mais la situation du mal logement "ne pourra pas se régler uniquement avec la politique du logement", juge Marie-Noëlle Lienemann. Il faudra en plus "que l'État investisse massivement dans l'accompagnement social pour suivre humainement les gens et leur apporter des réponses diverses à leurs problèmes", ajoute la sénatrice. Reste à savoir si Bercy l'entend ainsi...