Présidentielle 2017 : aucun candidat n'a encore convaincu les chefs d'entreprises

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Pour 43% des chefs d'entreprises interrogés dans le cadre de La Grande consultation, aucun des cinq principaux candidats ne propose de politique économique meilleure que celle de ses concurrents.
Pour 43% des chefs d'entreprises interrogés dans le cadre de La Grande consultation, aucun des cinq principaux candidats ne propose de politique économique meilleure que celle de ses concurrents. (Crédits : Reuters)
Interrogés par Opinion Way pour CCI France/La Tribune/ Europe 1 dans le cadre de « La grande consultation », les dirigeants d'entreprises témoignent de leur inquiétude. Selon 43% d'entre eux, aucun des cinq principaux candidats ne propose de politique économique meilleure que celle de ses concurrents.

A un mois du premier tour de l'élection présidentielle, les chefs d'entreprise ne se démarquent pas par leur optimisme. En effet, interrogés par Opinion Way pour CCI France/La Tribune/ Europe 1 dans le cadre de " La grande consultation "*, 43% d'entre eux estiment qu'aucun des cinq principaux candidats ne propose de politique économique meilleure que celle de ses concurrents.

Plus grave, peut-être, 41% des chefs d'entreprises ont le sentiment qu'aucun des présidentiables n'est à leur écoute. Ils sont 39% à reconnaitre " ne voir en aucun d'eux une incarnation du changement en matière de politique économique ", précise la Grande consultation.

Des sentiments très confus

A noter, François Fillon se distingue puisqu'il est perçu comme ayant plus d'atouts que ses adversaires sur chacun des points évoqués (respectivement 26% pour le meilleur projet économique, 25% pour son écoute des préoccupations des chefs d'entreprises et 23% pour l'incarnation du changement en matière de politique économique). Puis, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, lui succèdent systématiquement. Jean-Luc Mélenchon et enfin Benoît Hamon ferment la marche.

Le programme économique porté par François Fillon est-il donc celui qui leur convient le mieux ? La grande confusion règne ! Seule une de ses deux propositions testées compte parmi celles jugées les plus réalistes et recueillant l'adhésion de la majorité. Ainsi, sa proposition sur l'alignement du taux de l'IS sur celui des pays européens comparables est approuvée par 77% des dirigeants et un peu plus de la moitié la jugent réaliste (54%).

Pour autant, les propositions de Marine Le Pen et Emmanuel Macron séduisent davantage : la possibilité d'accorder une indemnisation chômage pour les entrepreneurs après cinq ans d'activité, proposition du candidat d'En Marche, est à la fois celle jugée la plus crédible (77%) et celle à laquelle les dirigeants sont le plus favorable (93%).

Suivent ensuite les deux propositions de Marine Le Pen : l'exonération de charges pour la première embauche d'un jeune de moins de 21 ans, jugée réaliste par 70% d'entre eux, et la réserve de commandes publiques pour les entreprises françaises (64%).

Emmanuel Macron et Marine Le Pen ne sont pas des candidats qui rassurent

" Mais l'approbation et le consentement des dirigeants concernant ces propositions d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen ne signifie en rien qu'ils accueillent avec apaisement la possible élection de ces deux candidats, favoris des intentions de vote. La dégringolade de l'indicateur de l'optimisme en est la preuve : établi à 99 ce mois-ci, il enregistre son deuxième score le plus bas depuis le début du baromètre", précise La Grande consultation.

Dans ce contexte, le sentiment de malaise croissant vis à vis de la situation actuelle est perceptible. En effet, seuls 18% des chefs d'entreprise sont portés à dire que " c'est très bien en ce moment " - un pourcentage en repli de 6 points par rapport à février - et la crainte de l'avenir est de plus en plus tangible. Ainsi, ils sont 30% à déclarent que " ce sera mieux demain ". Ils étaient 36% en février.....

Les chefs d'entreprise témoignent de leur inquiétude qui ne cesse d'augmenter (40%, +3 points en un mois mais surtout +11 points depuis novembre dernier) et, dans le même temps, de leur niveau de confiance qui chute (21%, -7 points par rapport à la mesure de février).

Pas de confiance, pas d'embauches

A noter, cette érosion de leur confiance dans l'avenir concerne aussi bien l'environnement proche que celui plus lointain. Le pourcentage de chefs d'entreprises confiants dans l'avenir de leur entreprise recule à 59% (-3 points et jusqu'à -11 points par rapport au mois de novembre dernier). Ils ne sont que 21% à avoir confiance dans l'économie française (-1 point en un mois) et 26% à espérer un rebond de l'économie mondiale (-2 points).

Dans ce contexte, sans surprise, la très large majorité des dirigeants envisage de maintenir le nombre de salariés de leur entreprise (91%), un chiffre en hausse de trois points par rapport au mois dernier. Seul point rassurant, près d'un tiers des entreprises de 10 salariés ou plus envisage des recrutements pour l'année à venir (27%).

*Vous désirez exprimer votre avis, émettre une idée sur les questions économiques ? Rejoignez la Communauté CCI des entrepreneurs en participant à la plateforme d'échanges et de débats : www.grandeconsultation.fr

Opinion Way, CCI France, La Tribune, La grande consultation des entrepreneurs,,

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a écrit le 03/04/2017 à 19:00 :
M.Fillon est un illusionniste en nous proposant un programme pas du tout financé, comme avant, avec la loi TEPA : ce n'est pas en augmentant de 2 points la TVA au taux normal qu'il financera l'abrogation de l'ISF, la réduction des charges des entreprises, du taux de l'IS, la création de multiples niches fiscales (il en a l'habitude), un prélèvement forfaitaire de 30% sur les revenus du capital, l'augmentation du quotient familial de des allocations familiales, des petites retraites (tout en supprimant l'encadrement des loyers), les moyens de l'armée, de la police et tout à l'avenant, de même qu'un emploi pour tous (sauf dans la justice ). On a vu dans le passé ce que donnait ses promesses : un triple record de déficits.
a écrit le 28/03/2017 à 9:52 :
Si j'en crois la baisse de la courbe de confiance les chef d'entreprises regrettent Hollande. Ces enquêtes ne veulent rien dire. les chef d'entreprises font comme tous les autres sondés, ils se défoulent ou essayent de mettre la pression.
a écrit le 27/03/2017 à 22:59 :
Les chefs d'entreprise ne peuvent pas apprécier Marine le Pen car elle propose une sortie de l'euro alors que cette zone économique est très bénéfique aux entreprises et à l'emploi, constitue souvent leur principal marché, tout comme l'Union européenne l'est aux différents programmes de R&D et d'innovation. Il y a donc de très importantes différences entre candidats. Emmanuel Macron étant celui qui a la meilleure approche de l'Europe et de son évolution nécessaire, c'est évidemment celui qui est le plus favorable à l'activité des entreprises et donc à l'emploi et à l'avenir. Le programme Fillon a des points intéressants mais il entraînera un récession avec la hausse de TVA donc le programme Macron est plus favorable, équilibré et adapté.
a écrit le 27/03/2017 à 21:37 :
Les candidats sont à l'image de leur pays ,pas plus pas moins !L'indecision d'une partie de l'électorat n'a rien à voir avec les programmes politiques et ils savent d'instinct ou est le serrieux et l’utopie et l'utopie c'est le bordel politique social économique assuré ,le plus sur moyen de faire exploser sa propre boite en plein vol et son emploi avec ....
a écrit le 27/03/2017 à 20:34 :
Bonjour,
En fait il est grand temps d'arrêter avec ces 5 principaux candidats. Ils ne sont plus représentatifs ! (Les taux d'abstention des élections précédentes le prouve et la majeurs partie des électeurs ne savent pas pour qui voter d'après d'autres mesures).
Il faut cesser d'ignorer les autres candidats.
Je vous invite notamment à consulter les conférences et le programme de François Asselineau de l'UPR.
Cordialement,
Seb
a écrit le 27/03/2017 à 16:18 :
Après les 30 glorieuses et les 30 piteuses...Voici les 30 pleureuses !
a écrit le 27/03/2017 à 16:15 :
Vous savez quoi, je viens de lire le programme de Nicolas Dupont - aignan, a bien lire , je suis entrain de me dire que ce gars serait un président dans les clous, pas de casseroles pour l instant , beaucoup de bonnes idées , je change mon vote, comme quoi ,il est pas trop tard pour faire son choix....et je ne serai pas surpris de voir un bon score au premier tour...pourtant , comment il me gonfler au début!!!!!!
Réponse de le 27/03/2017 à 19:12 :
tout dépend par ce que l'on entend par casseroles pour moi profiter d'argent public est une casserole car ce Monsieur a pour attaché Madame pas beau la vie sans risque avec l'argent du contribuable. Pas étonnant qu'il est la plus grosse fortune des candidats. Madame a un vrai job peut-être car il le citoyen n'a pas le droit de juger du bien fondé du job d'un attaché, ne parlons pas de cagnotte parlementaire la clientéliste et ce Monsieur ne dénonce ni l'un ni l'autre et pour cause.
a écrit le 27/03/2017 à 15:41 :
C'est normal , aucun n'a jamais travaillé dans une entreprise, des politiciens professionnels et un jeune banquier en passe de devenir à son tour un politicien de métier. La France souffre de cette classe politique très éloigné de la réalité. Pour augmenter la dette et les impôts, ils savent faire .Idem pour les réglementations administratives, une paperasserie qui rebute les entrepreneurs.
a écrit le 27/03/2017 à 13:20 :
c'est sûr aucun candidat n'a prévu à la fois la suppression du SMIC, des 35 heures du CDI, des charges sociales, de l'impôt sur les sociétés et j'en passe des meilleurs.
a écrit le 27/03/2017 à 13:19 :
L AGRICULTURE ! catégorie évincée ! va t elle devoir choisir le FN ,?
Réponse de le 27/03/2017 à 14:07 :
Faux, ils ne sont pas oubliés tous les candidats ont des propositions.
Le problème c'est que les agriculteurs sont forts mal représentés (par leur représentant, car sinon leur poids est inversement proportionnel à leur démographie électoral) et ce qu ils veulent en plus est tout sauf clair, mis à part, certes, que comme tout le monde ils aimeraient correctement gagner leurs croûtes.
Ils doivent trancher leur avenir, être des entrepreneurs, des fonctionnaires ou des rentiers?
Comme tout autres chefs d'entreprises, ils doivent entendre les attentes des consommateurs, parfois également contradictoires, et donc choisir leur marché, leur type de production, innover dans leur mode de distribution etc etc Qu ils soient en ça aidé par l'état et l UE ok, mais faut pas tout attendre non plus.
S'ils préfèrent malgré tout tomber dans les bras de la démagogie, c'est aussi leur choix et ils en payeront rapidement les conséquences. Sans même parler des barrières à l'import qui auraient des conséquences, le programme économique est d'une telle indigence, que le tournant de la rigueur obligatoire quelques mois après, signifierait un recul immense des services publics et des investissements par exemple dans la ruralité. Bon vote à vous.
a écrit le 27/03/2017 à 12:40 :
Notre leader doit se programmer président sans passer par les urnes "lui ou la Grèce "
Réponse de le 27/03/2017 à 17:01 :
on est tous heureux qu on vous ai autorisé à sortir pour la journée.
a écrit le 27/03/2017 à 11:58 :
Aucun candidat n'a encore convaincu les chefs d'entreprises et cela est bien normal, ils ne peuvent brosser tout le monde dans le sens du poil pour ensuite leur imposer la politique décidé a Bruxelles par le fameux GOPE qui leur est favorable!
a écrit le 27/03/2017 à 11:46 :
"Présidentielle 2017 : aucun candidat n'a encore convaincu" tout court.
Ah si, Macron a convaincu tous ceux que le système politique actuel convient, vu que 2F n'est plus présentable. Avec l'appui des banques en prime.
a écrit le 27/03/2017 à 11:06 :
ils ne seront jamais contents.
on leur a fait des tas de cadeaux fiscaux/sociaux ces 15 dernières années. ils n'ont pas l'air d'avoir fait beaucoup d'efforts de leur côté.
et ils ont encouragé la bulle Immo/construction. le dégonflement de la bulle ayant causé la morosité économique de ces dernières années.
a écrit le 27/03/2017 à 10:21 :
Suite. Je précise que les Allemands et les Suédois appliquent cette mesure et s'en portent très bien.
a écrit le 27/03/2017 à 10:20 :
Peut Être l ange blanc, va t il convaincre nos chefs d .entreprises, après le cabinet noir de Fillon ......mais question? C est qui l ange blanc!!'
a écrit le 27/03/2017 à 10:17 :
La solution, l'ultime solution, consiste à répartir les charges sociales sur les entreprises (charges sociales) et sur ménages. Cela implique de mettre une taxe sur l'énergie pour financer les charges sociales, à niveau constant. Mais les Français refusent d'envisager cette possibilité. Cela correspond à la proposition de Jean Tirole de mettre une taxe sur l'énergie, et à l'application de la note n°6 du CAE. Et en plus, cela permet de protéger le climat, de réduire le chomage, de retrouver un peu de croissance; le bonheur!
a écrit le 27/03/2017 à 10:02 :
"aucun candidat n'a encore convaincu les chefs d'entreprises"

Faire croire qu'on hésite devant des journalistes est un classique du patronat ,alors qu'il suffit de rappeler ce qu'ils ont voté aux deux dernieres presidentielles :
Medef : 97% exclusivement pour l'UMP .CPME,UPA environ 70% toujours pour l'UMP.
a écrit le 27/03/2017 à 9:14 :
On les comprend il n'y a que des candidats pro-multinationales et actionnaires milliardaires, les PME une fois de plus seront les grandes délaissées d'une économie qui ne privilégie que les plus riches préférant les intérêts de ceux-ci à ceux des classes moyennes et de ceux qui font vivre réellement l'économie.

Heureusement que les affaires colorient un peu cette campagne sinon si on prend les trois chouchous de l'oligarchie que distinguent leurs médias de masse depuis plusieurs mois à savoir macron fillon et le pen, ces élections sont franchement désespérantes car la fabrique à opinion va nous imposer une fois de plus un guignol, une marionnette dont les ficèles sont bien connues.

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