Bientôt la fin de la croissance molle ?

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Comment transformer la France, sans verser dans le slogan ?
Comment transformer la France, sans verser dans le slogan ? (Crédits : © Dado Ruvic / Reuters)
Dans son ouvrage intitulé « Pour en finir avec la stagnation française », François Perret, le directeur général de Pacte PME dresse un état des lieux peu réjouissant de l'économie française. Mais tout espoir de rebond n'est pas perdu, à condition de changer enfin de politique économique.

En finir avec les idées reçues. Une bonne fois pour toutes. Ce serait tellement formidable. Avec son ouvrage, intitulé "Pour en finir avec la stagnation française*", François Perret poursuit cet objectif.

Dans cet essai, brillante synthèse des innombrables rapports qui dressent les atouts et les insuffisances de l'économie française, cet ancien de Bercy aujourd'hui directeur général de Pacte PME, une association qui tente de pacifier les relations entre les PME et les grands groupes, ruine les illusions d'un certain nombre d'experts... C'est en particulier le cas de ceux qui réduisent la politique économique au seul débat sur le coût du travail, via de nouveaux allégements de charges, et de ceux qui rêvent de transformer la France en une seule « start-up nation » en ignorant la réalité du tissu économique tricolore et notamment industriel. On reconnaîtra parmi eux certains des candidats à l'élection présidentielle...

Reprenant l'image de l'alpiniste au pied de la montagne, François Perret plaide pour le lancement immédiat de cinq grands chantiers : digitalisation, innovation, internationalisation, montée en compétences et responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Faire grandir les entreprises, la priorité

Certes, ce sont des sujets sur lesquels les pouvoirs publics se sont déjà penchés. Mais le succès de ces initiatives parfois anciennes se fait toujours attendre. Dans le domaine de l'internationalisation par exemple, la France affiche un déficit commercial depuis 2003 et le nombre de ses entreprises exportatrices est trois fois moins important que celui de l'Allemagne. Il a même reculé en 2015 et 2016. Pourtant, les entreprises françaises disposent de centaines de structures publiques d'accompagnement à leur service pour se lancer à la conquête des marchés étrangers...

Selon François Perret, ce n'est qu'en menant à bien (enfin) ces chantiers que les entreprise françaises pourront accélérer leur développement, ce qui leur permettra de rivaliser à armes égales avec leur concurrentes mondiales.

Mais comment réussir là où les autres ont échoué ? L'auteur met tout le monde devant ses responsabilités : les pouvoirs publics, les élus, les partenaires sociaux, les réseaux consulaires, les fédérations professionnelles et aussi les entreprises elles-mêmes. Seule la conjugaison de leurs efforts permettraient de faire enfin avancer ces dossiers.

Ni slogan ni mesure-choc

On l'aura remarqué, cette méthode est transpartisane. C'est la raison pour laquelle elle devrait consensus. Le pourrait-elle ? Le problème, c'est que cette méthode peine à coller aux principes du marketing politique moderne. Les recettes proposées par François Perret reposent somme toute sur du bon sens. La lecture de cet ouvrage achevée, aucun slogan, aucune mesure-choc ne vient à l'esprit. C'est là peut-être sa seule limite.

* "Pour en finir avec la stagnation française", François Perret, L'Harmattan, 26 euros.

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Commentaires
a écrit le 22/03/2017 à 13:19 :
Pas un mot sur la relation entre le cout du travail et le prix de l'énergie. C'est pourtant ce qui fait la différence entre la France et l'Allemagne au profit de l'Allemagne. Mais qui le comprendra? C'est écrit dans la note n°6 du CAE, page 12.
a écrit le 22/03/2017 à 12:07 :
Si "la croissance" c'est en avoir plein nos armoires; on se fait des illusions! Rien ne pousse a acheter mais simplement a louer, nos travailleurs/consommateurs sont poussé au nomadisme!
a écrit le 22/03/2017 à 11:36 :
digitalisation (ou numérisation ?) : c'est John Chambers qui disait en juin dernier que la France est à la pointe, grâce à l'action du gouvernement. alors que pour lui, les US sont à la traîne.
innovation : il y a déjà des bonnes bases, semble t-il (classements Thomson Reuters, Reuters, Deloitte Tech Fast 500, PWC cities of opportunity, Robocup Soccer Leipzig, etc...).
internationalisation : effectivement. tant que les Français et leurs entreprises ne voudront pas apprendre l'Anglais (et/ou autres langues) et craindront l'international, l'économie restera un peu poussive.
montée en compétences : on n'a pas de précisions sur ce que dit François. mais cf. ci-dessus sur l'innovation. ou classement Euroskills 2016. ou les patrons français qui sont au top. ou les diplômés français qui sont les mieux payés en Europe, avec les Suisses. ou les ingénieurs français qui sont très prisés. ou M. Altrad, immigré syrien parti de rien, désigné entrepreneur mondial de l'année 2015 par EY. etc...
RSE : ça progresse en France comme ailleurs, a priori.

il faut effectivement regrouper les entreprises pour créer des ETI d'envergure.
et il faut que nos grands groupes arrêtent de se comporter en prédateurs envers nos PME...
a écrit le 21/03/2017 à 18:32 :
C'est sût qu'il y a du potentiel : le jour où les chômeurs des 5% de taux de chômage en trop retourneront au boulot, et dépenserons leur paie.
En attendant, il faudrait peut-être que les acheteurs des grands groupes français achètent français quand c'est 2% plus cher que le concurrent chinois.
C'est ce que font nos amis allemands depuis 15 ans.
Et ceci explique cela.
Réponse de le 22/03/2017 à 11:17 :
Si les acheteurs des grand groupes allemands c est pas tant parce que c est allemand que parce que c est mieux (meilleure qualite, meilleurs delai de livraison, plus reactif ...). Les services achat de VW sont pas plus patriotes que ceux de Renault.
Les allemands ont garde une activite industrielle dans leur pays. les francais ont delocalise en chine. donc on vend souvent maintenant du made in france qui est en fait du made in china. Alcatel en est le parfait exemple !

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