Présidentielle : les DRH s'impliquent dans la campagne

Simplification du CDD, coût du travail, apprentissage... L'Association nationale des directeurs des ressources humaines à réalisé une enquête auprès de ses membres pour connaître les dossiers prioritaires en matière sociale qu'ils voudraient voir abordés par les candidats.
Jean-Christophe Chanut
Les DRH souhaitent que le prochain président fasse de l'emploi sa priorité. Ils préconisent de poursuivre la baisses des cotisations sociales employeurs. En revanche, ils se montrent plus mesurés sur la question de la durée du travail.
Les DRH souhaitent que le prochain président fasse de l'emploi sa priorité. Ils préconisent de poursuivre la baisses des cotisations sociales employeurs. En revanche, ils se montrent plus mesurés sur la question de la durée du travail. (Crédits : Reuters)

Se faire entendre ! C'est devenu un véritable leitmotiv pour des pans entiers de la société civile à l'occasion de l'élection présidentielle. Syndicats, patronats, professions libérales, groupements de défense, etc. Tout le monde y va de son « livre blanc », et autre doléances pour interpeller les candidats et attirer leur attention.

L'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) n'est pas en reste. Regroupant 5.000 professionnels des relations sociales en entreprise, elle a réalisé un sondage auprès de ses membres afin que « les DRH prennent la parole » à l'occasion de la campagne présidentielle pour informer les candidats sur leurs préoccupations et les sujets prioritaires qui devraient être traités par le prochain président dans leur domaine de compétences.

Une priorité pour le prochain président: l'emploi...

582 DRH ont répondu aux questions dont 44% d'entreprises de moins de 300 salariés. Pour eux, dans le domaine social, trois questions devraient être prioritaire dans le débat public à l'occasion de la présidentielle : l'insertion professionnelle des jeunes (sujet placé en tête dans 40,43% des cas), la transformation numérique (33,83%) et le développement des nouveaux modes d'organisation du travail, comme le télétravail (28,94%). Et si l'on demande à ces mêmes DRH quel devra être le domaine d'action prioritaire du prochain président, c'est la question de l'emploi qui emporte les suffrages (67%)

Si, l'on se penche sur les sujets qui font polémique, les DRH, en bons professionnels, refuse les prises de position à l'emporte pièce. Ainsi, ils ne sont qu'une petite majorité à estimer que la question de la durée légale du travail doit être une priorité de réforme (54,67%) et, pour eux, cette réforme devrait aller dans le sens de pouvoir totalement laisser à la négociation d'entreprise le soin de déterminer les règles en matière de durée du travail.

.... et la baisse des cotisations patronales

Autre sujet sensible : celui du coût du travail. Les DRH sont 85,48% à en faire une priorité, jugeant qu'il faut encore diminuer le poids des cotisations patronales, notamment celles qui n'ont rien à voir avec l'entreprise, comme les cotisations « maladie ».

Par ailleurs, les DRH sont près de 70% a vouloir faire évoluer le CDD. En revanche, ils sont très partagés (quasiment en deux blocs égaux) sur la question de savoir s'il faut substituer aux CDD et CDI un contrat de travail unique à droits progressifs. A titre strictement personnel, Jean-Paul Charlez, président de l'ANDRH et DRH du groupe Etam, estime:

« que le contrat unique est le prototype de la fausse bonne idée qui va en fait conduire à revenir sur les garanties du CDI. En revanche, il est certain qu'il y a des règles à revoir sur le CDD, notamment sur les cas de recours autorisés pour ce type de contrat qui devraient être revus ».

Il ne croit également pas au fait que « les entreprises ne recrutent pas car elles ont peur de ne pas pouvoir licencier. Le seul argument qui compte c'est le carnet de commande et la confiance dans l'avenir ».

Interrogé sur la question d'une éventuelle taxation des contrats courts, dans le cadre de la renégociation en cours de l'assurance chômage, toujours à titre personnel, Jean-Paul Charlez a répondu « pourquoi pas, si cette taxation prend en fait la forme d'un bonus-malus en fonction du taux moyen de recours aux contrats courts constaté dans la branche. Les entreprises au-dessus subiraient un malus, alors que celles-en dessous bénéficieraient d'un bonus ».

Concrètement donc, l'ANDRH regrette que sur de nombreux sujets portant sur les relations sociales les débats soient trop « politisés » ce qui empêche de les aborder « professionnellement »

Jean-Christophe Chanut

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Commentaires 2
à écrit le 28/02/2017 à 16:05
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Ce sondage auprès de DRH confirme que le programme de Fillon est sous emprise idéologique, avec le totem des 35H qui n'est absolument pas prioritaire pour les professionnels. Se tromper de combat c'est coupable pour un candidat.

à écrit le 24/02/2017 à 8:33
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Les DRH, ces exécutants de leurs PDG qui sont les exécutants des actionnaires. On pourrait faire un sacré paquet d'économies au sein de l'économie française mais c'est sûr faudrait virer un sacré paquets d'emplois fictifs offerts à l'oligarchie.

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