Bouclier tarifaire, chèque énergie, chèque inflation, indemnité kilométrique..., la liste des mesures du gouvernement pour lutter contre la hausse du coût de la vie ne cesse de s'allonger. Après avoir atteint un creux à la fin de l'année 2020, l'inflation grimpe en flèche en France poussée par la fièvre des prix de l'énergie. Les derniers chiffres de l'Insee dévoilés mardi 9 février dernier indiquent que l'indice des prix à la consommation en glissement annuel a accéléré de 2,9% en janvier contre 2,8% en décembre 2021. Et l'Insee table désormais sur une hausse de l'inflation comprise entre 3 et 3,5% jusqu'en juin prochain.
Ces résultats encore provisoires ont déjà des répercussions sur le pouvoir d'achat et les coûts de production dans les entreprises même si la France semble plus épargnée que certains de ses voisins européens. "A l'horizon 2023, l'inflation sous-jacente et l'inflation totale pourraient se retrouver à un niveau supérieur à celui pré-crise", a prévenu, Olivier Garnier, directeur des études à la Banque de France, lors d'une récente audition à l'Assemblée nationale.
Les économistes de l'Insee tablent déjà sur un recul du pouvoir d'achat au cours du premier semestre 2022 d'environ 0,5% dans leur note de conjoncture de décembre. Du côté des entreprises, certains secteurs doivent faire face aux difficultés d'approvisionnement depuis plusieurs mois et à l'accélération du prix des matières premières. Alors que le sujet du pouvoir d'achat devient une question brûlante à quelques semaines de la présidentielle, le gouvernement, qui a encore à l'esprit la crise des "gilets jaunes", veut à tout prix éviter une nouvelle fronde sociale. Les mesures avancées sont-elles à la hauteur ? Lors d'un débat au Sénat en janvier, plusieurs élus membres de la commission des affaires économiques ont multiplié les critiques à l'égard des mesures du gouvernement. "On dépense dans l'urgence pour des raisons électorales 16 milliards d'euros sur des mesures purement conjoncturelles sans stratégie d'ensemble. Comment financer de grands projets structurels, tels que le nouveau nucléaire ou la transition énergétique, au regard de si lourdes dépenses conjoncturelles ?" , a déclaré la sénatrice Sophie Primas (LR), présidente de la Commission.