L'Insee table sur une inflation entre 3% et 3,5% d'ici fin juin

L'Insee table sur un acquis de croissance de 3,2% jusqu'en juin 2022 contre 3% en décembre. Les tensions sur les chaînes d'approvisionnement ont commencé à s'infléchir et l'impact du variant Omicron est limité et temporaire sur l'activité. L'indice des prix à la consommation propulsé par les prix de l'énergie pourrait osciller entre 3% et 3,5% jusqu'en juin.
Grégoire Normand
L'Insee table sur une baisse de la consommation au cours du premier trimestre 2022.
L'Insee table sur une baisse de la consommation au cours du premier trimestre 2022. (Crédits : Reuters)

Les effets de la pandémie sur l'économie tricolore vont-ils se répéter indéfiniment ? Après deux longues années marquées par des confinements et des restrictions, la croissance française résiste relativement mieux aux répercussions de la crise sanitaire. Dans sa dernière note de conjoncture dévoilée ce mardi 8 février, l'Insee a révisé à la hausse l'acquis de croissance pour le premier semestre 2022 à 3,2% contre 3% en décembre dernier. L'acquis de croissance est le taux de croissance que la France obtiendrait si l'activité restée figée aux troisième et quatrième trimestres à son niveau prévu pour le deuxième. "Depuis deux ans, les effets économiques des vagues successives sont allés en s'amenuisant, grâce à l'adaptation des comportements et à la vaccination", soulignent les économistes.

Pour le premier trimestre, l'institut a légèrement révisé à la baisse ses prévisions d'activité de 0,1 point à 0,3% contre 0,4% précédemment. En revanche, le rebond pourrait être légèrement plus haut qu'attendu à 0,6% contre 0,5% initialement prévu pour le second trimestre. Même si l'exécutif a assoupli les mesures de restriction il y a quelques jours, le niveau de contaminations demeure à un niveau élevé. Sur le plan international, les fortes tensions en Ukraine et la persistance de la flambée des prix de l'énergie laissent présager une sortie de crise périlleuse à négocier pour les Etats et les banques centrales qui ont décidé pour certaines de resserrer leur politique monétaire.

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Les difficultés d'embauche à un niveau inédit

Les dernières enquêtes menées par l'organisme de statistiques basé à Montrouge indiquent que les difficultés d'approvisionnement ont tendance à refluer. Après avoir connu de fortes périodes de turbulences dans le contexte de la pandémie et de la forte reprise économique mondiale, les entreprises sont moins nombreuses en proportion à signaler des difficultés pour se fournir auprès de clients au début du mois de janvier. Le ralentissement de la croissance mondiale et les moindres embouteillages sur les chaînes logistiques facilitent les livraisons même s'il reste de nombreux goulets d'étranglement sur la planète.

En revanche, les difficultés de recrutement dans l'industrie, les services et le bâtiment demeurent à un niveau élevé. Le rebond économique et le manque d'adéquation sont parfois évoqués par les économistes. Certains secteurs souffrent également d'un manque d'attractivité et de conditions de travail parfois jugées difficiles.

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Un coup de frein de la consommation au premier trimestre

Après une fin d'année relativement favorable sur le front économique (+0,9% de croissance au dernier trimestre), les premiers indicateurs de janvier reflètent un coup de frein de l'activité. "La consommation des ménages serait peu allante en début d'année", a déclaré Olivier Simon de l'Insee lors d'un point presse. La demande des ménages qui est l'un des principaux moteurs de l'économie tricolore a souffert des effets du variant Omicron.

Les dépenses des Français dans l'hébergement et la restauration, les loisirs ou les services de transport ont marqué le pas au cours du premier mois de l'année 2022. L'institut qui passe au scalpel les indicateurs de haute fréquence comme les transactions par carte bancaire depuis le début de la crise sanitaire pour suivre au plus près la conjoncture anticipe une accélération de la consommation des Français au cours du second trimestre dans l'hypothèse de l'amélioration de la situation sanitaire.

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Une inflation entre 3 et 3,5% jusqu'en juin 2022

Après avoir progressé entre décembre et janvier pour s'établir à 2,9% à la surprise des économistes, l'inflation pourrait osciller entre 3 et 3,5% dans les mois à venir. Les prix de l'énergie continuent de propulser l'indice des prix à la consommation vers des sommets. Dans leur point de conjoncture, les statisticiens ont retenu l'hypothèse d'un prix du baril de Brent à 90 dollars jusqu'à la fin du premier semestre. "Les prix à la production, qui ont beaucoup grimpé au cours de l'année 2021, se transmettraient aux prix de l'alimentation et aux produits manufacturés", a poursuivi Julien Pouget. Ces dernières semaines, les différentes enquêtes de conjoncture ont montré que les prix dans certains secteurs avaient grimpé en flèche.

"Les entreprises industrielles et agricoles se trouvent dans un contexte de hausse de prix de leur production de 16% et 18% en 2021. Le renchérissement du prix des matières premières et les difficultés d'approvisionnement ont contribué à ces hausses. Dans les services, la hausse des prix de production est plus modérée. Des hausses peuvent être beaucoup plus marquées dans le fret maritime (+85% du prix du fret maritime sur un an)", selon Olivier Simon, de l'Insee.

S'agissant des semaines à venir, les conjoncturistes tablent sur deux mouvements opposés. "L'inflation augmenterait dans les prix de l'alimentation et les biens manufacturés. L'inflation énergétique irait en diminuant. C'est la conséquence des mesures de bouclier tarifaire qui limiterait significativement la dynamique des prix du gaz et de l'électricité", ajoute Olivier Simon. Selon les calculs de l'institut, sans les mesures du bouclier tarifaire sur les tarifs du gaz et de l'électricité mises en œuvre par l'exécutif, l'inflation aurait été supérieure de un point en février. En attendant l'élection présidentielle, le gouvernement espère limiter les effets de la hausse des prix de l'énergie sur le porte-monnaie des Français.

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Grégoire Normand

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Commentaires 4
à écrit le 10/02/2022 à 8:25
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Et un président qui fait le guignol sur la scène internationale après l'avoir fait sur la scène européenne, je vous dis moi qu'il ne veut pas y retourner qu'il est contraint et forcé d'y aller.

à écrit le 10/02/2022 à 0:54
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La seule trouvaille de la BCE pour faire baisser l'inflation, c'est l'augmentation de l'EUR par rapport a l'USD depuis jeudi 3 février 2022, suffit de voir les cours. Un euro fort permet de réduire le prix de l'importation de l'énergie. On règle pas...

à écrit le 09/02/2022 à 19:35
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Le problème c’est les 2 mois qui viennent car Macron, qui a un rendez-vous avec l’histoire, ne pourra être réélu avec une inflation supérieure à 3 %. Donc si quelqu’un pouvait faire en sorte que ça baisse vraiment jusqu’en mai et que cela ne reprenne...

à écrit le 09/02/2022 à 14:47
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Et combien d'inflation sur l'année, plus de 4 surement. Donc on va revaloriser 2 fois le smic plus ajustement au 1er janvier. Quand on parle de réindustrialiser et de redresser la balance commerciale, faire de la montée en gamme (si chère a notre Paa...

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