Article mis à jour à 16h30 avec la réaction de l'universitaire Thibaud Mulier.
François Bayrou est en quête de nouvelles recettes pour bâtir son budget 2026. Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche (JDD) samedi 3 mai, le Premier ministre a mis sur la table la possibilité d'un référendum sur l'orientation à venir des finances publiques. « C'est un plan d'ensemble que je veux soumettre, il demandera des efforts à tout le monde, et par l'ampleur qui doit être la sienne, il ne peut réussir si le peuple français ne le soutient pas », a-t-il déclaré à la veille d'une conférence de financement des collectivités locales. Ce plan doit contenir un volet sur les finances publiques et un autre sur la production.
Confronté à l'absence de majorité, le chef du gouvernement tente de trouver la parade pour éviter une nouvelle paralysie budgétaire en fin d'année pour la préparation du projet de loi de finances 2026 (PLF 2026). Mais cette piste laisse sceptique les spécialistes en droit constitutionnel. « Bayrou, grand défendeur des coalitions et du parlementarisme, se réfugie dans les fondamentaux de la Ve République en évoquant un référendum, donc ne pas passer par la représentation nationale, car politiquement il ne parvient pas à créer du consensus », juge Thibaud Mulier, maître de conférences en droit public à l'université Paris Nanterre.