Moins de deux semaines après la signature d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran, les deux pays ont de nouveau échangé des frappes. Au cœur des tensions : le contrôle du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Le cessez-le-feu conclu le 17 juin entre les États-Unis et l’Iran montre déjà de sérieuses fissures. Samedi et dimanche, les deux pays se sont mutuellement accusés d’avoir violé l’accord, multipliant les frappes militaires et ravivant les craintes d’une nouvelle escalade au Moyen-Orient.
L’armée américaine a annoncé avoir bombardé une dizaine de cibles iraniennes, parmi lesquelles des infrastructures de surveillance, des systèmes de communication, des sites de défense aérienne, des installations de stockage de drones et des capacités de pose de mines. Washington affirme avoir agi en représailles à l’attaque d’un pétrolier transportant plus de deux millions de barils de brut dans le détroit d’Ormuz.
En réponse, les Gardiens de la Révolution ont revendiqué des tirs de missiles et de drones contre des installations militaires américaines au Koweït et au Bahreïn. Les autorités koweïtiennes ont confirmé être en train d’intercepter des projectiles, tandis que les sirènes d’alerte ont retenti à plusieurs reprises au Bahreïn.
Le détroit d’Ormuz, nouvelle ligne de fracture
Au-delà des échanges de frappes, le contrôle du détroit d’Ormuz reste au cœur de la confrontation. Fermé au début du conflit déclenché le 28 février, ce passage maritime stratégique a rouvert dans le cadre du protocole d’accord signé mi-juin.
Téhéran n’autorise toutefois désormais qu’un unique couloir de navigation longeant ses côtes et menace d’intervenir contre tout navire qui ne respecterait pas ces nouvelles règles. Les Gardiens de la Révolution ont encore averti dimanche que les bâtiments jugés contrevenants seraient désormais traités « avec une fermeté accrue ».
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Avant le conflit, près de 20 % du commerce mondial des hydrocarbures transitait par ce détroit large d’une trentaine de kilomètres. Toute remise en question durable de la liberté de navigation ferait peser un risque immédiat sur les marchés pétroliers et le commerce maritime international.
Donald Trump hausse le ton
Le président américain Donald Trump a accusé samedi soir l’Iran d’avoir, « une fois de plus » violé le cessez-le-feu. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il a également brandi la menace d’une reprise des opérations militaires à grande échelle.
« Il se peut qu’un jour nous soyons contraints de mener à bien par la force militaire la mission que nous avons si bien entamée. Si cela se produit, la République islamique d’Iran cessera d’exister », a-t-il déclaré.
Malgré ces tensions, le Commandement central américain assure que le trafic commercial continue de transiter par le détroit d’Ormuz.
La situation reste également fragile sur le front libanais. Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a dénoncé comme une « grave erreur » l’accord-cadre conclu entre Israël et le Liban en vue d’une paix durable. Dans le même temps, l’armée israélienne a poursuivi ses frappes dans le sud du Liban et le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a confirmé le maintien prolongé de ses forces dans cette zone tant que le désarmement du Hezbollah ne sera pas engagé.