LA TRIBUNE DIMANCHE - Quelle est la situation après cette ouverture très chahutée su Salon international de l'agriculture : les ponts sont coupés ou le dialogue est renoué ?
ARNAUD GAILLOT -
Non, le dialogue n'est pas coupé. En tant que corps intermédiaire, c'est notre responsabilité de le maintenir. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons accepté de participer au petit déjeuner avec le président de la République samedi. Nous avions en revanche refusé de prendre part au grand débat, car après l'annonce de l'invitation du mouvement Les Soulèvements de la Terre, la colère dans les rangs était trop forte. Après le petit déjeuner, nous savions que la tension était encore là, mais nous avons d'abord échangé avec notre réseau, et ensuite nous avons proposé au président d'avoir un dialogue avec des délégués syndicaux. Cela a permis de consolider notre parole, celle de leurs représentants.
Est-ce que cela a permis d'apaiser la base ?
Les gens qui ont discuté avec le président ont pu constater que les choses tendent dans le bon sens. On a le sentiment qu'il a envie d'avancer. Mais il faut que ses promesses se concrétisent rapidement. Les réunions annoncées dès lundi dans les préfectures afin de lancer un recensement des situations de trésorerie les plus critiques pourront notamment donner des gages.
Qu'est-ce qu'il s'est passé à l'ouverture du Salon de l'agriculture samedi ? Avez-vous eu le sentiment d'avoir été instrumentalisés par la Coordination rurale et l'extrême droite ?
Cela n'échappe à personne que certains sont plus énervés que d'autres. Mais il ne faut pas qu'ils nuisent au Salon. Et j'invite tout corps intermédiaire à rester indépendant. Les convictions personnelles ne doivent pas dominer dans un syndicat. Quand un syndicat se positionne pour un parti, quel qu'il soit, cela devient dangereux.