Quel est le coût de l'absentéisme ?

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Une santé défaillante explique le plus souvent l'absentéisme dans les entreprises. Mais ce n'est pas la seule explication.
Une santé défaillante explique le plus souvent l'absentéisme dans les entreprises. Mais ce n'est pas la seule explication. (Crédits : reuters.com)
Une étude évalue à 45 milliards d'euros le "coût direct" des absences au travail pour les entreprises, et bien plus si l'on prend en compte les "coûts indirects". Le taux d'absentéisme a légèrement progressé entre 2013 et 2014.

Les chiffres indiquent une aggravation de la situation. Selon le 7e baromètre de l'institut Alma Consulting Group réalisé auprès de 268 entreprises, l'absentéisme au travail a marqué une "légère hausse" en France en 2014, les salariés s'absentant en moyenne 16,7 jours par an, contre 15,6 jours en 2013.

Le taux d'absentéisme a également continué de progresser l'année dernière. Il s'est élevé à 4,59% en 2014, contre 4,26% l'année précédente, proche des 4,53% atteint en 2012.

Allongement de la durée des absences

Autre précision fournie par cette étude, cette tendance à la hausse s'est accompagnée d'un "allongement de la durée des absences, à l'instar des chiffres publiés par la Caisse nationale d'assurance maladie" (Cnam).

De même, la part des salariés n'ayant eu aucune absence a légèrement baissé, pour s'établir à 53% d'après les directeurs de ressources humaines consultés. Ce pourcentage recule de deux points par rapport à 2013.

Un coût direct entre 45 milliards et 60 milliards d'euros !

Nouveauté de ce baromètre, il évalue " le coût direct de l'absence dans les entreprises ", en prenant en compte le maintien du salaire de l'employé absent, le coût de son remplacement temporaire éventuel et " la perte de valeur ajoutée entraînée par cette absence ".

Au niveau national, les coûts directs de l'absence et de l'absentéisme, qui représentent environ 5,8% de la masse salariale, charges incluses, s'élèvent donc à environ 45 milliards d'euros pour l'ensemble des entreprises du secteur privé.

En ajoutant les coûts "indirects" (prévention, prévoyance, cotisations dédiées aux accidents du travail et aux maladies professionnelles), la facture atteindrait même 60 milliards d'euros.

18 jours: la durée moyenne d'un arrêt maladie en 2014

Selon une autre étude du groupe Malakoff Médéric (assurance santé et prévoyance), également rendue publique mardi et portant sur 3 millions de salariés d'entreprises clientes, 32,6% des salariés ont été absents en 2014 au moins une fois dans l'année, un chiffre stable par rapport à 2013 (32,4%).

La durée moyenne d'un arrêt maladie était de 18,1 jours, contre 17,4 l'année précédente.Toujours selon cette étude, les salariés les plus touchés sont les femmes (35,6% ont eu au moins un arrêt contre 29,3% des hommes), les 30-39 ans (36%) et ceux travaillant dans le secteur de la santé (37,2% de salariés absents dans l'année).

Des motifs d'absence classiques

Si les problèmes de santé ou des motifs personnels sont "naturellement" cités comme premières causes d'absence, le baromètre d'Alma Group précise les autres explications à l'absentéisme : une mauvaise organisation ou conditions de travail (9%), un manque de reconnaissance (7%) ou encore la charge de travail (6%), une mauvaise ambiance (4%) et enfin un manque de soutien managérial (4%).

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a écrit le 29/09/2015 à 15:04 :
Bonjour, voilà un édito qui ne manque pas de clarté. A toutes fins utiles, il serait de bon ton de rendre le sujet encore plus limpide. En effet, après le coût de l'absentéisme au travail, il serait bon d'aligner aussi le coût du blanchiment des bénéfices des groupes industriels, dans les paradis fiscaux. Suite à cette démarche, un autre sujet serait aussi intéressant à explorer. Les conditions de travail de plus en plus délétères, qui poussent de plus en plus de gens au suicide... Très humblement, l'édito ci-dessus prendrait alors une autre ampleur emblématique...
a écrit le 28/09/2015 à 20:37 :
Il faut bien faire la différence entre un arret abusif et une vrai maladie.
a écrit le 23/09/2015 à 13:14 :
Il devrais avoir plus de contrôles de la sécurité sociale
a écrit le 11/09/2015 à 18:52 :
Et si on recherchait les causes de cet absentéisme pour mieux les neutraliser et diminuer son coût ?
Réponse de le 28/09/2015 à 14:12 :
Et si on cherchait à récupérer l'argent des paradis fiscaux, les milliards non payés par nos multimax internationales pour financer notre pôvre sécu et que Jean Moulin et consorts puissent enfin reposer...
a écrit le 11/09/2015 à 17:17 :
On entend dire que des fonctionnaires ne travailleraient pas... pourtant nombre de chômeurs souhaiteraient travailler, sommes-nous en RDA avec un Etat inréformable?
a écrit le 11/09/2015 à 17:14 :
On parle du coût de l'absentéisme, est-ce celui de la mortalité des abeilles?
Dans les questions d’Assemblée, n’avons-nous pas des ignorants qui proposent lorsque les abeilles disparaissent des mesures protectionnistes. On peut toujours jouer sur les mots et raconter n’importe quoi… c’est comme un génocide sans némésis ou sans coupable, n’est-ce pas tragique ? Si on peut dire que le yen baisse quand il passe de 160 à 140… n’avons-nous pas des problèmes de notion avec le développement au niveau du baby boom ?
a écrit le 10/09/2015 à 18:56 :
Personnellement je ne comprend pas ces jours de carence... Pourquoi ne pas autoriser les travailleurs a un certain nombre d'arrêt maladie sans ces jours de carences PUIS alors en mettre voir même plus...
L'effet de ces jours, en tout cas pour moi, c'est l'arrêt de la vaccination contre la grippe qui est un vaccin de "patron" et si je la choppe, je vais bosser quand même. Bien sûr je ne sert à rien tous le monde s'inquiète que je fasse une boulette et je contamine tous le monde. Pourtant dans ma vie je doit être rendu à deux arrêt maladie sur 20 ans... Mais bon l'état a fait son choix qu'il assume !
a écrit le 10/09/2015 à 10:29 :
Le cout de l'absentéisme et la fraude à la TVA représentent plus de 60Md par an à comparer avec le déficit du budget de l'Etat. Bien sur, ça ne va pas dans les mêmes poches, mais résoudre ces deux problèmes même partiellement soulagerait de beaucoup la pression que nous avons sur les comptes de la nation et des entreprises.
Ca me semble bien plus important que de baisser les impots de 2Md, soit 25€ par personne concernée, soit trois fois rien.
a écrit le 10/09/2015 à 6:24 :
À réintroduire de toute urgence! Je suis fonctionnaire, et j ai trouvé humiliant et honteux pour la grande majorité des agents publics ce traitement différent , qui avait été très largement accepte et compris, au delà de la première année de mise en œuvre . Les agents publics ont conscience de leur protection en matière d'emploi, si précieuse aujourd'hui et sont prêts à faire cet effort. C est les mépriser que de penser le contraire
Réponse de le 10/09/2015 à 19:02 :
Moi aussi je suis fonctionnaire et c'est le contraire que je pense. Ce jour ou disons plutôt ces jours de carence devraient être supprimer pour le privé aussi. Ou pour être plus précis il ne devrait être imposé qu'à ceux qui prennent plus d'un nombre défini d'arrêt par an. Quand vous avez travaillé 20 ans sans arrêt maladie et que vous chopper la crève, que vous en ayez un et que vous restiez chez vous sans aucun jour de carence est une chose normale. L'entreprise y gagne car allez travailler et offrir votre crève a d'autre est bien plus handicapante à l'entreprise et à la production. Par contre celui qui est en arrêts de travaille tous les mois de juins, à la rentré scolaire ou tous les vendredi du marché... Lui oui il faut lui en mettre quelques uns de jours de carence...
a écrit le 09/09/2015 à 15:10 :
Là on ne parle que des entreprises du domaine privé. Il vaut mieux ne pas parler de la fonction publique où le seul jour de carence a été supprimé par le gouvernement clientéliste de gauche. Allez voir dans les administrations et voyez ceux qui demandent "combien me reste-t-il à prendre de jours maladie", comme si ces jours étaient des droits à prendre en sus des congés légaux. Quant aux petites entreprises privées, les jours d'absence pour cause de santé sont ridiculement faibles. Quand trouverons nous un gouvernement qui mettra à égalité dans tous les domaines les salariés du privé et du public ? JAMAIS !
Réponse de le 10/09/2015 à 19:05 :
Là vous confondez arrêt de travail et garde d'enfant malade... Dans l'arrêt de travail qu'on soit du privé ou du publique, on s'inquiète plus de la perte du salaire après un nombre de jours d'arrêt maladie consécutif ou de l'année complète. Et le plus dingue c'est que ces arrêt sont largement justifiés car la plupart sont dû à des fracture avec opération lourdent ou de grosses maladies justifiées... De temps en temps ce sont même des accidents du travail...
a écrit le 09/09/2015 à 14:19 :
On parle d’absentéisme, on n’oublie l’indemnisation des chômeurs alors que des fonctionnaires augmentent le chômage. On publie dans la presse que des fonctionnaires se livrent à des activités illégales, on parle de trafics de drogue ou d’armes, de maltraitances sur enfant. Ne devrait-on simples citoyens examiner l’administration française pour persécutions, fascisme et déterminer quels dirigeants sont à l’origine de ces faits répréhensibles. Une démocratie de fonctionnaires persécuteurs n’est-elle pas immorale avec de méchants fonctionnaires. Des diplômés devraient rembourser les allocations auxquels ils ont droit ? Ne devrait-on revoir les statuts et les échelons ?
a écrit le 09/09/2015 à 13:55 :
J'ai eu la chance de travailler dans la plus grande entreprise multinationale européenne (deux fois la taille de Total) dont les méthodes de management étaient bien en avance sur ce qui se pratiquait en France à l'époque... J'ai dirigé des sites industriels de plus de plusieurs milliers de personnes en France, et aussi à l'étranger (en Chine notamment).
En France on m'avait confié la direction d'un site en pleine déroute sur le plan sécurité, coûts, fiabilité de marche et absentéisme. Je ne vais pas vous énumérer toutes les actions prises pour redresser la barre, mais je vais quand même vous dire ce que j'ai fait en matière d'absentéisme.
Lorsque j'ai pris le site, le petit absentéisme (absentéisme excluant les grosses maladies type cancer, etc...) était supérieur à 3 %. Nous étions l'un des plus mauvais site industriel dans le monde de cette multinationale... Il était facile de voir, sur une analyse détaillée que j'avais demandée à mon DRH, qu'il y avait de l'abus (forte poussée de l'absentéisme au moment des ouvertures de la chasse ou de la pêche, etc...).
Tout le monde chez nous (y inclus les ouvriers) avait son augmentation individuelle basée sur les performances atteintes par rapport aux objectifs fixées avec chaque intéressé au cours de ce que l'on appelait l'entretien annuel.
Eh bien j'ai introduit pour chacun des responsables qui me rapportait directement la notion de petit absentéisme dans l'évaluation de leur performance. C'était un des critères d'évaluation parmi d'autres bien sûr. Eux mêmes l'ont répercuté sur leurs ingénieurs et agents de maîtrise.
Je ne vais pas rentrer dans les détails ici, mais le petit absentéisme est tombé à 1,7 % en trois ans. Le site industriel que je dirigeais est devenu le site leader dans le groupe dans ce domaine et notre façon de faire est devenu une "Bonne pratique" dans le Groupe.
Comme quoi quand on le veut, on peut changer les choses.
Réponse de le 09/09/2015 à 20:38 :
Tout à fait en phase avec votre propos, réellement.

Quant au cabinet cité ci dessus, assez connu dans le métier pour son marketing agressif, il a une vision assez "politique" de la notion de coût. A minima, il aurait fallu distinguer selon les populations, celle normalement rémunérée sur les résultats et celle rémunérée sur les moyens...

Et effectivement, à la lecture des autres commentaires, distinguer les populations "protégées" (statut, secteur, ..) des "non protégées".

Comme souvent il ne faut pas confondre simplisme et simplification.

Entre la publiscopie et le simplisme, j'hésite à qualifier cet article...
a écrit le 09/09/2015 à 13:47 :
Ce cout peut etre réduit fortement.les collectivités locales ont montré la voie en instaurant une prime de présence.eh bien ça marche!les gens sont bien plus assidus,et le cout de la prime est vite amorti!
Réponse de le 09/09/2015 à 14:45 :
pour une categorie de travailleurs 0 jour de carence il aurai vraiment tort de se priver
Réponse de le 09/09/2015 à 15:16 :
Cette prime de présence est une insulte aux contribuables. Depuis quand donne-t-on une prime à ceux qui font normalement leur travail ? Il faut au contraire sanctionner ceux qui abusent du système et réintroduire les jours de carence dans la fonction publique au même niveau que dans le privé, ce ne serait que justice et le résultat serait au moins aussi bon qu'avec ces primes de présence. On parie ?
Réponse de le 10/09/2015 à 11:41 :
Un mars et cent balles avec ? Allez au boulot les fonctionnaires ou dehors. Vivement qu'un vrai gouvernement libéral viennent mettre de l'ordre dans la fonction publique : gel totale des embauche pendant 10 ans, alignement des retraites avec le régime privé , prime au rendement, Controle des absentéistes renforcé, gel des salaires pour les moins méritants, prime pour les fonctionnaires performants, fin du statut, etc...et vous verrez,tout rentrera dans l'ordre.
Réponse de le 23/09/2015 à 11:14 :
C'est ce qui est fait dans mon hôpital, mais ce ne sont que les titulaires qui l'ont, si on est en CDI on a le droit à rien... Et pourtant on est là aussi ! Et pour faire des économies les délais de mise en stage et titularisation sont allongés, donc encore plus d'économies !
Réponse de le 23/09/2015 à 11:21 :
Pour toutes les personnes haineuses du service publique, sachez que bien souvent à type de travail égal, les fonctionnaires gagnent moins, en particulier dans l'hospitalier. Dans ma ville, un infirmier qui débute à l'hôpital gagne 500€ de moins par moins que son collègue embauché dans la clinique "voisine", sachant que dès que ça se complique pour un patient en clinique, il est rapatrié à l'hôpital public... Alors non, on est pas surpayé à rien faire !
C'est surtout pas de jour de carence dans le privé qu'il faudrait installer par souci d'égalité.
J'ai travaillé dans le privé, en entreprise, et je vous garantis que j'ai eu des tas de collègues qui abusé des arrêts en période de vacances scolaires (surtout d'été) et que les assidues comme moi remplaçaient au pied levé.
A comparer, j'ai rencontré moins d'abus depuis que je suis dans le public, parce que dans certains secteurs publics, il y a une conscience très affirmée du service public et donc d'être présent au travail même avec la crève et mal au dos !

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