R&D : pourquoi l'Allemagne s'en sort mieux que la France

Une robotisation plus poussée permettrait des gains sur les coûts de fabrication de l'ordre de 10% à 20% hors matières premières. Ici, l'usine Renault de Dieppe (Seine-Maritime).
Sipa

Une robotisation plus poussée permettrait des gains sur les coûts de fabrication de l'ordre de 10% à 20% hors matières premières. Ici, l'usine Renault de Dieppe (Seine-Maritime).
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La France a un vaste retard à combler. Selon une récent dossier réalisé par l'Insee, la France a consacré 2,2% de son produit intérieur brut (PIB) à des activités de recherche et développement. L'économie française se place ainsi au 7e rang à l'échelle de l'Union européenne. La stratégie de Lisbonne élaborée dès 2000 et la stratégie Europe 2020 fixe comme objectif de consacrer 3% de sa valeur ajoutée chaque année « afin d'être compétitive face à des pays comme les États‑Unis, dont l'effort de recherche est de 2,7% en 2015 (2% pour l'UE) ».
Lors d'un point presse, Camille Schweitzer, chargée d'études au ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'enseignement a rappelé :
Et d'ajouter :
Les écarts entre les deux voisins européens sont considérables en termes de recherche et développement. Selon des chiffres rapportés par l'institut de statistiques, la dépense intérieure de R&D s'élève à 48,9 milliards d'euros (2,23% du PIB) par an en France contre 88.7 milliards d'euros outre-Rhin (2,91% du PIB). Et les contrastes ne s'arrêtent pas là. L'augmentation moyenne sur la période 2007-2015 atteint 2% en France contre 3,2% en Allemagne. Et la part des entreprises comme celle de la puissance publique sont supérieures dans la première puissance économique européenne.
Outre des stratégies économiques différentes, la lente désindustrialisation de la France depuis plusieurs décennies et la moindre érosion de l'outil productif de l'autre côté du Rhin peuvent expliquer ces disparités. Les économistes de l'Insee rappellent que la part de l'industrie manufacturière dans le PIB de l'économie française (12%) est quasiment deux fois plus faible que celle de l'Allemagne (23%). À l'opposé, le poids des services dans l'économie a pris de l'ampleur en France (78%) et légèrement moins en Allemagne (69%). Lors de sa présentation Camille Schweitzer a expliqué que :
Les récentes difficultés de l'industrie automobile allemande pourraient cependant peser sur cette dynamique. En effet, le durcissement des normes pour lutter contre la pollution, le ralentissement du commerce mondial et de la croissance chinoise ont pesé sur les performances des usines outre-Rhin. L'appareil exportateur allemand est beaucoup plus exposé au coup de frein des échanges mondiaux que celui de la France. Et la perspective d'un Brexit sans accord pourrait encore plomber les exportations allemandes.
Les résultats de l'étude menée présentée par l'Insee indiquent que « la France se caractérise par un équilibre entre industrie manufacturière et services dans la structure des activités de R&D de ses entreprises ».
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En 2015, 49% de la R&D était réalisée par l'appareil productif contre 47% dans le tertiaire. Les efforts se concentrent dans quelques domaines en particulier comme la construction aéronautique et spatiale avec la fabrication de matériel de transport. Les efforts de recherche sont également très intensifs dans la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques. Dans ces branches, 33% de la valeur ajoutée est consacrées à des activité de R&D.
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À l'échelle du Vieux continent, l'économie tricolore (0,4% du PIB) se place sur la première place du podium des financements publics pour les dépenses en R&D. Viennent ensuite la Belgique et l'Irlande. La multiplication des dispositifs fiscaux et des politiques publiques en faveur de ce type de soutien peuvent expliquer cette première place.
« L'Allemagne se caractérise par une absence de dispositif fiscal », a rappelé la chargée d'études, même si des outils sont actuellement en débat outre-Rhin.