Rachat de RTT : pourquoi de nombreux salariés risquent de ne pas en voir la couleur

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Le rachat de RTT doit permettre de donner du pouvoir d'achat aux salariés, et d'éviter à ces derniers de devoir les perdre quand ils ne peuvent pas les prendre. Pour les employeurs, souvent soumis à des difficultés de main-d'œuvre, cette monétisation peut les aider à inciter leurs salariés à rester plus longtemps, certaines semaines , dans l'entreprise.
C'est en ce sens que les députés Renaissance ont proposé la possibilité de convertir les jours de RTT non posés, en monnaie sonnante et trébuchante, sans être imposés. La mesure a largement été votée par 154 voix, contre 55. Mais loin d'offrir un gain de pouvoir d'achat à tous les travailleurs, ce dispositif risque de faire des déçus.
En effet, il ne s'appliquera qu'aux salariés du privé. Si le texte prévoit qu'il pourra, à l'avenir, être étendu à la fonction publique, les 5 millions de fonctionnaires et agents du public, des hôpitaux, en sont pour l'heure exclus.
Par ailleurs, la mesure est limitée dans le temps. Marc Ferracci, député de la majorité, a déposé un amendement pour encadrer l'application de ce système entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2023. C'est-à-dire au moment où l'inflation promet d'être la plus élevée. « Il s'agit aussi de laisser le temps à une réflexion et une concertation pour un dispositif qui doit être plus ambitieux », explique-t-il.
La limite temporelle vise également à éviter, d'une part, de trop pénaliser les finances publiques - c'est un manque à gagner pour l'Etat et les organismes sociaux - , mais aussi, pour éviter de mettre en difficulté des entreprises qui n'auraient pas la trésorerie suffisante pour reprendre ces RTT. C'est pour ces mêmes raisons que le rachat défiscalisé des RTT a été plafonné à 7.500 euros annuels.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
La monétisation reste volontaire. L'employeur sera libre de refuser ou d'accepter un rachat de RTT, sans avoir à motiver sa décision. Cependant, selon des experts , il devra toutefois être vigilant à observer un traitement équitable entre les salariés d'une même entité. En d'autres termes, ne pas refuser à l'un quand il accepte pour un autre.
Fanny Guinochet
JO 2030 – « Nous allons continuer à bâtir et à investir », promet Éric Ciotti
Cadmium : diminuer la teneur des engrais n'aura d'effet sur les récoltes « qu’après plusieurs décennies »
Guerre au Moyen-Orient : les économies émergentes souffrent mais devraient résister en 2026
🔴 Sophie Binet réélue à la CGT, frais médicaux, pétrole… L'essentiel de l'actualité ce vendredi 5 juin