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Réforme des retraites : dernier round de discussions entre l'exécutif et les partenaires sociaux

latribune.fr

Publié le 03 janvier 2023 à 06:28 - Mis à jour le 03 janvier 2023 à 13:00

Borne

Elisabeth Borne reçoit les partenaires sociaux

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Elisabeth Borne reçoit mardi et mercredi les partenaires sociaux pour de derniers entretiens sur la réforme controversée des retraites, qui doit être présentée le 10 janvier mais à laquelle s'oppose une majorité de Français dans le contexte inflammable d'un pouvoir d'achat rogné par l'inflation.

Derniers entretiens pour Elisabeth Borne sur la réforme des retraites. Après avoir entendu avant Noël les groupes politiques, la Première ministre reçoit ce mardi et ce mercredi les partenaires sociaux avant de peaufiner le projet de réforme qui sera présenté le 10 janvier pour une application « dès la fin de l'été », a précisé Emmanuel Macron lors de ses vœux aux Français.

Une réforme qui tiendra compte « des carrières longues, des carrières hachées, de la difficulté de certaines tâches », et permettra « d'équilibrer le financement du système, de consolider notre régime par répartition, et d'améliorer la retraite minimale », a fait valoir le chef de l'Etat.

Recours au 49.3 ?

Elisabeth Borne espère rallier Les Républicains, favorables à un report de l'âge. Sans eux, faute de majorité absolue à l'Assemblée nationale, le gouvernement serait en effet obligé d'utiliser à nouveau l'article 49.3 de la Constitution, qui permet l'adoption d'un texte sans vote.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sera le premier reçu mardi à 15h30 par Élisabeth Borne. Il sera suivi par François Hommeril, président de la CFE-CGC, Frédéric Souillot, secrétaire général de FO et François Asselin, président de la CPME. Mercredi, se succèderont à partir de 15h00 Cyril Chabanier, président de la CFTC), Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, Jean-Christophe Repon, vice-président de l'Union des entreprises de proximité (U2P) et son secrétaire général Pierre Burban, Laurent Escure, secrétaire général de l'UNSA, et enfin Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Mais dès ce mardi à 8h30, Elisabeth Borne s'exprimera sur la réforme mais aussi sur la crise énergétique et le pouvoir d'achat lors d'un entretien avec franceinfo, à la suite duquel elle répondra aux questions des auditeurs et téléspectateurs.

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Dossier explosif

Douze ans après la réforme Woerth (qui avait relevé l'âge légal de 60 à 62 ans), le dossier est explosif. L'ensemble des syndicats et l'essentiel des oppositions sont en effet vent debout contre le projet de l'exécutif de reporter progressivement l'âge de départ de 62 à 65 ans, ou à 64 ans avec un allongement de la durée de cotisation. Oubliant leurs rivalités, les syndicats sont prêts à se mobiliser ensemble, y compris la CFDT, sur une ligne plus ferme depuis son dernier congrès contre toute « mesure d'âge ». Emmanuel Macron a évoqué samedi un « allongement (des) carrières de travail progressif » sur « près de dix ans ». Une réforme également rejetée par une majorité de Français. Selon un sondage Harris-Interactive réalisé fin décembre et publié lundi, 54% des Français sont défavorables. « Il n'y a que les retraités, les 65 ans et plus, qui se déclarent favorables », note Frédéric Dabi, directeur de l'institut Ifop, qui voit « un contexte de "gilets-jaunisation" » de la société française, avec « le travail qui paie mal », un « sentiment de déclin » et une « inflation qui n'existait pas en 2018 ».  « Les ferments d'une explosion sociale sont là » et une « étincelle pourrait tout embraser », prévient-il.

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C'est par la mobilisation « dans la rue » qu'il sera possible de « faire reculer » la réforme des retraites, a prévenu lundi la nouvelle patronne d'Europe-Ecologie-Les Verts, Marine Tondelier. « Ça va chauffer en janvier », a prédit samedi le fondateur de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

Brice Teinturier, de l'institut Ipsos, reste de son côté prudent sur l'ampleur de la mobilisation car le contexte « n'est pas très favorable à des dynamiques collectives ».

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Les points chauds de la réforme des retraites

Âge de départ

C'est la mesure emblématique du projet gouvernemental, censée endiguer les déséquilibres à venir du système de retraites et unanimement critiquée : le relèvement progressif de l'âge légal de départ de deux ou trois ans, soit jusqu'à 64 ou 65 ans.

Emmanuel Macron a souhaité durant la campagne présidentielle que l'âge légal de départ soit repoussé de 4 mois par an à compter de l'été 2023, jusqu'à 65 ans en 2031.

Mais d'autres options sont envisagées, notamment la « formule mixte » d'un report de l'âge de départ (par exemple à 64 ans, comme le veut le Sénat, avec relèvement de trois mois par an) couplé à une accélération de l'allongement de la durée de cotisation.

Celle-ci passerait alors à 43 ans (172 trimestres) avant l'horizon 2035 fixé par la réforme Touraine de 2014, à la faveur d'une augmentation de la durée minimum de cotisation d'un trimestre tous les deux ans, voire tous les ans.

L'exécutif s'est engagé à ne pas aller au-delà des 43 annuités requises pour obtenir le taux plein. En outre, le report de l'âge légal sera sans effet sur l'âge d'annulation de la décote, qui restera fixé à 67 ans. Ainsi les femmes, dont les carrières sont plus souvent « hachées », auront une retraite à taux plein au même âge qu'aujourd'hui, fait valoir le gouvernement.

Régimes spéciaux

A la RATP comme chez les électriciens et gaziers, les régimes spéciaux seront fermés pour les nouveaux entrants, comme c'est déjà le cas à la SNCF. Et ces professions, de même que les cheminots et les fonctionnaires (y compris ceux de la « catégorie active »), devront, elles aussi, partir deux ou trois ans plus tard qu'aujourd'hui. Une perspective qui annonce une forte mobilisation dans ces bastions syndicaux.

La hausse de l'âge de départ pourrait cependant démarrer un peu plus tard dans ces régimes spéciaux, car la réforme Woerth de 2010 - qui l'a déjà relevé de deux ans - n'y sera pleinement effective qu'en 2024.

Emploi des seniors

Alors que les syndicats s'élèvent contre le report de l'âge de départ en faisant valoir que trop peu de seniors ont un travail (35,5% des 60-64 ans, fin 2021), le gouvernement reconnaît que la réussite de sa réforme passe par le maintien dans l'emploi en fin de carrière.

Pour cela, il prévoit que les trimestres effectués dans le cadre d'un cumul emploi-retraite comptent désormais pour la pension, mais aussi que l'accès à la retraite progressive soit facilité et ouvert aux fonctionnaires.

L'exécutif entend également empêcher qu'une reprise d'activité puisse se traduire, pour les seniors, par une perte de rémunération. Dans ce but, le gouvernement envisage un « bonus » qui pourrait voir le jour dans le cadre du régime d'assurance-chômage mis en œuvre au 1er janvier 2024.

Enfin, le gouvernement veut créer un "index seniors" négocié dans chaque branche et publié par les entreprises de plus de 50 salariés, assorti d'une éventuelle pénalité pour celles qui ne rempliraient pas cette obligation de publicité. Cette option suscite l'hostilité du patronat.

Carrières longues et pénibilité

Au titre des mesures de « justice sociale », l'exécutif prévoit, outre le relèvement du minimum de pension (85% du Smic pour une carrière complète), de continuer de permettre à ceux qui ont commencé à travailler jeune de partir plus tôt. Le départ sera toujours anticipé de deux ans pour ceux qui ont validé cinq trimestres avant l'âge de 20 ans, et pourrait l'être de quatre ans pour ceux qui en ont accumulé dix.

Au chapitre pénibilité, la réforme pourrait reprendre certains critères abandonnés en 2017 mais chers aux syndicats : port de charges lourdes, postures pénibles et vibrations mécaniques.

La création d'un « congé de reconversion » pour les bénéficiaires d'un compte professionnel de prévention (C2P) est également à l'étude, de même que la mise sur pied d'un « fonds de prévention de l'usure professionnelle » pour les métiers identifiés comme difficiles.

(Avec AFP)

latribune.fr

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