Pour Emmanuel Macron, 2023 s'annonce comme une année sociale à hauts risques

Fanny Guinochet
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Emmanuel Macron
Reuters

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La grève SNCF des contrôleurs, qui a empêché de nombreux voyageurs d'avoir leur train et de passer Noël en famille, a donné des sueurs froides au plus haut niveau de l'Etat. « Et si c'était ça qui nous attendait en 2023 », confie, inquiet, un conseiller ministériel.
Derrière le « ça », il faut entendre des mouvements spontanés, radicaux, qui échappent aux structures habituelles comme les syndicats et trouvent écho du ras-le-bol sur les réseaux sociaux... Pour calmer la grogne sociale, et éviter la contagion, la SNCF a d'ailleurs rapidement lâché du lest aux contrôleurs qui débrayaient. La compagnie ferroviaire a aussi promis d'importantes compensations aux clients lésés. Pas question de prendre le risque d'un embrasement en cette fin d'année.
Certes, le conflit s'est arrêté, et le trafic ferroviaire est en partie revenu à la normale. Les festivités du Nouvel an sont sauvées. Mais le gouvernement reste sur le qui-vive. Car dans la « macronie », ce conflit a ravivé le traumatisme du mouvement des Gilets Jaunes. « Souvenez-vous, poursuit ce conseiller ministériel, c'était parti de pages Facebook... Les Français appelaient à se regrouper sur les ronds-points après une hausse de la TVA sur le carburant... On connait la suite... »
La macronie regarde avec attention, par exemple, cet appel à la grève des billets lancés par des voyageurs réguliers de la ligne TGV Tours-Paris. Pour protester contre les débrayages récurrents de la SNCF, ces clients - qui paient entre 500 et 600 euros par mois leurs trajets - incitent les utilisateurs des trains à ne pas acheter de titre de transports en janvier. Leur objectif : faire pression sur la direction de la SNCF pour être dédommagés. Mais aussi faire en sorte que leur mouvement fasse tâche d'huile.
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Difficile de dire si cette initiative trouvera un écho, mais il ne faut pas sous-estimer ce ras-le-bol des usagers. Surtout qu'à partir du 10 janvier, la SNCF va augmenter ses tarifs de 5 % en moyenne.
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Fanny Guinochet