La réforme des retraites va entamer sa seconde semaine à l'Assemblée nationale dans un climat social explosif. Après les trois grandes mobilisations de janvier et février, les syndicats ont appelé à manifester ce samedi en espérant fédérer des salariés qui travaillent en semaine. Les centrales syndicales sont actuellement confrontées à un risque d'essoufflement en raison du prolongement de la mobilisation et des vacances scolaires. Dans ce contexte, les débats sur les conséquences économiques et sociales de la réforme du gouvernement s'enflamment.
En effet, le décalage de l'âge de départ à la retraite de 62 ans à 64 ans et l'accélération de la durée de cotisation va mécaniquement avoir des conséquences sur l'emploi et le chômage des seniors cadres. Derrière les chiffres relativement favorables du marché de l'emploi des cadres, se cache une réalité bien plus difficile pour le personnel cadre de plus de 55 ans expérimenté et qualifié. « Si on recule l'âge légal de la retraite et que l'on augmente la durée de cotisation, il existe un risque économique et social important », a alerté Laetitia Niaudeau, directrice générale adjointe de l'Apec (Association pour l'emploi des cadres) lors d'un point presse ce jeudi 9 février. Car le chômage des séniors est une triste réalité1,4 million de personnes de plus de 50 ans étaient en effet inscrites à Pôle emploi à fin décembre (catégories A,B, et C), soit 30% des inscrits sur ces trois catégories.