C'est un dossier hautement inflammable. Depuis la rentrée, les membres du gouvernement distillent leurs éléments de langage sur la nécessité de maintenir le cap des réformes structurelles. Même si la crise a chamboulé l'agenda de l'exécutif et le calendrier parlementaire au printemps, le Premier ministre Jean Castex entend bien remettre tous ces sujets au centre des débats. Récemment, le chef du gouvernement a répété cette volonté de mettre en oeuvre cette réforme explosive des retraites lors des 75 ans de la sécurité sociale.
"Ce souci d'universalité qui prévalait déjà à la création même de notre système en 1945 doit maintenant trouver sa réalisation complète dans un régime universel et lisible par tous.Dès l'origine, les Pères fondateurs avaient hésité à créer un système strictement égalitaire, mais à une époque où le salariat dominait largement la société française, ils ont préféré maintenir la juxtaposition de régimes différents. Dans une société qui aspire à une plus grande égalité de droits réels, et dans laquelle le salariat n'a plus le même poids économique et social, nous devons construire ce changement. Je sais l'inquiétude que cela suscite chez certaines catégories de salariés. Comme je m'y suis engagé devant la représentation nationale, je souhaite que les partenaires sociaux prennent toute leur place dans ce projet engagé par mon prédécesseur."
Et le Premier ministre est loin d'être le seul à vouloir faire entendre ce message. Lors de son discours à l'Assemblée nationale pour présenter le projet de loi de finances 2021 ce lundi 12 octobre, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire a réitéré sa volonté de faire passer cette réforme qui divise largement l'opinion. "Des réformes structurelles seront nécessaires le moment venu. Non seulement pour réduire notre dette, mais pour dégager un meilleur équilibre entre dépenses et recettes. De ce point de vue, je le redis la réforme des retraites est une priorité absolue." Déjà, lors de la présentation des orientations budgétaires à la presse à la fin du mois de septembre, le locataire de Bercy avait fortement insisté sur cette réforme emblématique du quinquennat Macron. En attendant, les effets de la pandémie continuent de faire trembler l'économie tricolore. Dans leurs dernières perspectives, les économistes de l'Insee tablent sur une récession de -9% cette année et plus de 700.000 destructions de postes sur l'année. Avec la recrudescence de l'épidémie et la multiplication des mesures pour endiguer la propagation du virus, l'horizon économique s'assombrit de jour en jour pour le dernier trimestre.