Assurance-chômage : le gouvernement revient à la charge
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C'est un dossier explosif qui avait été mis sur pause. Avec la pandémie, le Premier ministre Jean Castex avait affirmé au milieu de l'été que la réforme de l'assurance-chômage serait reportée au premier janvier 2021. Ce dossier, présenté au coeur de l'été 2019 par l'ancien Premier ministre Edouard Philippe et l'ex-ministre du Travail Muriel Pénicaud avait suscité de multiples inquiétudes dans les rangs des demandeurs d'emploi et des syndicats. En effet, le projet du gouvernement prévoyait notamment un durcissement des conditions d'accès aux indemnités de l'assurance-chômage, de nouvelles règles de calcul pour le salaire journalier de référence et une dégressivité des indemnités pour les plus hauts salaires.
Seulement quelques mois après le passage du premier volet de la réforme en novembre 2019, l'épidémie de Covid-19 plongeait l'économie tricolore dans une violente récession avec plus de 700.000 destructions d'emplois au cours du premier semestre. Résultat, les partenaires sociaux ont été conviés au ministère du Travail ce mercredi 30 septembre pour aborder un cycle de discussions portant notamment sur les contours des règles de l'assurance-chômage à appliquer au premier janvier prochain. "Le but de cette réunion était de réinstaurer une logique de dialogue. Beaucoup de partenaires sociaux étaient déçus des dernières discussions sur la convention et de l'intervention de l'Etat" explique l'entourage de la ministre du Travail Elisabeth Borne. Au menu, le système de bonus malus, la dégressivité, le calcul du salaire journalier de référence, et le rechargement des droits.
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La crise a bouleversé le marché du travail depuis le printemps avec la montée en puissance du chômage partiel et l'inscription au chômage de milliers de CDD, saisonniers et intérimaires. Face à cette tempête, le gouvernement avait décidé de revenir aux règles de l'ancienne convention signée par les partenaires sociaux. "Le contexte économique et social a fortement évolué. Cette réforme nécessitait d'être adaptée à ce contexte. Le Premier ministre avait décidé de mettre sur pause quatre dispositifs. Dans quelle mesure on remet en route ces dispositifs ? La question était à régler ce mercredi : sur ces quatre dispositifs, comment fait-on pour les adapter sachant que les entreprises connaissent des difficultés ? Par exemple, le système de bonus-malus appliqué à sept secteurs particulièrement touchés par la crise est-il encore adapté ? Du côté des demandeurs d'emploi, il faut une adaptation. Nous avons dit aux partenaires sociaux que nous ne voulons pas revenir sur l'existence des règles présentes dans la réforme, ni leur philosophie. Il faut peut être revoir leurs paramètres comme celle sur la dégressivité des droits ou la durée d'affiliation, le calcul des indemnités" assure-t-on dans l'équipe de la ministre. "Le but est de savoir quelles vont être les règles à appliquer à partir du premier janvier 2021".