Retraites : Darmanin envisage une concertation sur un an

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Le ministre des Comptes publics Gerald Darmanin.
Le ministre des Comptes publics Gerald Darmanin. (Crédits : Charles Platiau)
La future "concertation citoyenne" sur la délicate réforme des retraites pourrait s'étaler sur un an, a déclaré ce vendredi 30 août le ministre français des Comptes publics, Gérald Darmanin. Ce débat, dont les modalités n'ont pas encore été dévoilées, doit servir à recueillir l'avis des Français sur les pistes avancées par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye et plus largement à éviter de trop grandes crispations sur le sujet.

Le gouvernement veut afficher un changement de méthode. Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a déclaré ce vendredi sur RTL que la concertation voulue par le président de la République sur la réforme des retraites durerait "un peu moins d'un an". "On va prendre un petit peu moins d'un an de concertation avec la société, avec les avocats, avec les infirmières, avec les professeurs, tous ceux qui sont concernés", a assuré le ministre.

Le vote de la loi après les municipales

Le vote d'un projet de loi sur cette réforme serait donc repoussé au-delà des élections municipales de mars 2020. M. Darmanin a ajouté que la volonté d'Emmanuel Macron de donner la priorité à la durée de cotisation plutôt qu'au relèvement de l'âge de départ était "une ouverture faite notamment à la CFDT et à M. (Laurent) Berger". La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye avait indiqué mercredi que l'idée d'un âge pivot à 64 ans, défendue par le haut commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye pour toucher une retraite à taux plein, n'était pas "enterrée" pour autant. De son côté, le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a plaidé pour un relèvement de l'âge de départ à la retraite lors de son discours introductif aux rencontres des entrepreneurs de France à l'hippodrome de Longchamp.

> Lire aussi : Retraites : le Medef pousse le gouvernement à aller encore "plus loin"

Baisse de la fiscalité pour les ménages

Si le quinquennat d'Emmanuel Macron a d'abord été marqué par une baisse de la fiscalité sur les entreprises, dans un "deuxième temps" c'est désormais aux ménages de bénéficier de cette baisse, a souligné ce vendredi sur la même antenne le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. "Les Français ont depuis plusieurs mois demandé un rééquilibrage de la politique économique et sociale, et il faut qu'on les écoute", a déclaré M. Darmanin au micro de RTL.

"Il y a eu un premier temps du quinquennat qui était la baisse de la fiscalité pour le capital et pour les entreprises, la plus grande qu'aucun gouvernement n'ait faite", selon le ministre. "Le deuxième temps du quinquennat, c'est effectivement une baisse d'impôts pour les ménages, c'est-à-dire pour les particuliers", a-t-il poursuivi.

27 milliards de baisses d'impôts sur le quinquennat

Le Premier ministre Edouard Philippe avait déclaré en juin à l'Assemblée nationale que les impôts des ménages baisseraient au total de 27 milliards d'euros sur le quinquennat, notamment grâce à la suppression progressive de la taxe d'habitation et à la diminution de l'impôt sur le revenu de 5 milliards d'euros annoncée fin avril par Emmanuel Macron.

Jeudi lors de sa venue à la Rencontre des entrepreneurs de France, nouvelle mouture de l'université d'été du Medef, le ministre avait été interpellé par les patrons, qui souhaitent une baisse plus rapide de la fiscalité pesant sur les entreprises et le capital. "J'ai appelé certains patrons ou représentations syndicales patronales à ne pas être égoïstes", a indiqué ce vendredi M. Darmanin.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 01/09/2019 à 11:20 :
Aucune "concertation", ni étude et remise de rapport n'ira a l'encontre du dogme bruxellois signé dans les (T)raités! Tout est décidé d'avance...! c'est pour cela que l'on utilise le mot "réforme" et non pas "adaptation"!
a écrit le 01/09/2019 à 10:40 :
le gouvernement est confronté à un problème qu'un coup de bonneteau ne peut pas régler : comment transférer aux cotisants du secteur privé les 40 milliards annuels que l'Etat débourse à la place des cotisants fonctionnaires et régimes spéciaux pour équilibrer leurs régimes de retraites trop coûteux ?
la solution bien sûr voudrait que les avantages non justifiables de ces régimes soient supprimés et les taux de cotisation des actifs alignés à minima sur ceux des actifs du privé , mais ça c'est l'assurance d'une chienlit générale au sein des administrations et entreprises publiques .
on va donc avoir comme les précédentes une réforme en trompe l'oeil qui fera semblant de demander plus d'efforts aux actifs du public et parapublic ( la convergence à l'horizon perpéte ) , et qui imposera une "solidarité" supplémentaire au secteur privé , avec mise au pot commun des 120 milliards de réserves financières de leurs régimes de retraites gérés avec efficacité depuis de nombreuses années .
bref , un sursis de quelques années , le temps de "consommer" les 120 milliards de la cagnotte du privé .
Réponse de le 01/09/2019 à 13:54 :
Votre haine de la fonction publique vous aveugle.
Sachez que les fonctionnaires cotisent au régimes des retraites au mêmes taux que les salariés du privé.
Ils cotisent à la retraite de base, à la complémentaire, à la CSG et à la RDS.

Ce que l'aimerais du gouvernement français, puisqu'il est de très loin le plus gros employeur de France, c'est qu'il démontre par l'exemple et la pratique comment il faut s"y prendre avec les retraites des fonctionnaires pour la faire passer "à points".

Et on verra ensuite si ca vaut le coup (coût) d'étendre le dispositif à toutes les branches de tout le pays...

Je suis tranquille, ils ne sont même pas foutus d'unifier le système de paie de l'armée française.
Alors y rajouter l'éducation nationale, la police, le secteur médical, les ingénieurs meteo et les garde chasse...
a écrit le 31/08/2019 à 14:31 :
J'ose penser que les consultations porterons également sur les régimes de retraite de la gendarmerie et celui de la police qui sont ASTRONOMIQUE en avantage de primes, de nombre d'années de cotisations, d'année faisant campagne et valant double, de prime à l'air pour les pilotes et je vous en passe de plus belles.................
Réponse de le 01/09/2019 à 10:47 :
La police et la gendarmerie sont les derniers remparts de Macron contre le mécontentement, il ne manquerait plus qu'ils ne soient pas choyés !

Quand on annonce royalement une augmentation de 300 € annuel pour les enseignants (augmentation annoncée depuis 3 ans et qui sera distillée au compte goutte), les policiers ont reçu une prime de 300€ mensuelle en décembre dernier, rien qu'en menaçant de faire la grève des commissariats.

On reconnaît un pays à la façon dont il rémunère ses fonctionnaires.

Un gardien de la paix stagiaire (recruté à bac, voire moins) en région parisienne gagne déjà 400€ mensuel de plus qu'un un prof agrégé titulaire (bac +5, concours hyper sélectif dans certaines matières).

De là a en déduire que nous allons vers un état policier et ignare...
a écrit le 31/08/2019 à 10:38 :
Ben oui dans un an on aura oublié...
a écrit le 30/08/2019 à 20:00 :
Pour paraphraser Audiard "C'est curieux chez les politiques ce besoin de faire des consultations"
Le fait que se soit chaque fois avant une échéance électorale est sans doute fortuite.
Nul doute que comme pour la consultation GJ, les elections passées, les conclusions colleront, ô surprise, avec le projet actuel.
a écrit le 30/08/2019 à 15:28 :
Reculer pour mieux reculer.
En 2022 quand on fera le bilan de notre Juju, le plafonnement (retoqué) des indemnités de licenciement et la pma lesbienne, ça risque de faire leger. D'autant que le redressement des comptes, la baisse des depenses et le point en moins de prelevements obligatoires ça ne semble plus être un objectif.
Vous allez voir que tout comme le pepere qu'on a eu avant lui, il ne pourra pas se representer
Au suivant...
a écrit le 30/08/2019 à 14:53 :
Né dans les années 60, pas d'illusion, il n'y aura pratiquement rien, ça sera la retraite nulle.Pas d'autre solution que d'aller vivre en pays à bas cout si l’état ne décide pas la confiscation des avoirs restants ...pas gagné non plus.
Réponse de le 30/08/2019 à 15:38 :
Ben oui, c'est la generation a qui on aura demandé le plus d'efforts en taux et durée de cotisations qui touchera le moins.
Qui dans 20 ans aura ses 43 annuités a 64 ans? Entre les etudes, le chomage, des trimestres non validés, des periodes a l'etranger...
Esperons au moins que le minimum vieillesse reste a 65 ans. Il y a surement un paquet d'allemands, de britishs, d'italiens... Qui aimeraient avoir la garantie de 860 euros a 65 ans.

Organisons nous une "misere heureuse", et puisqu'il faut mourir a la fin, essayons de mourir pas trop fatigué
a écrit le 30/08/2019 à 14:20 :
Comme d'habitude avec ce gouvernement une cacophonie orchestrée.

Le projet de loi sur la réforme des retraites sera présenté devant le Parlement "dans les mois qui viennent". C'est ce qu'a affirmé le Premier ministre Edouard Philippe ce vendredi. Interrogé sur les déclarations du ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, qui avait annoncé un possible report de la réforme à l'année prochaine, le chef du gouvernement a répondu "Non, pas du tout". Il a ajouté que sa "détermination" était "totale" pour la mise en place de cette réforme tout en précisant vouloir "prendre le temps d'abord de partager sur un texte aussi important". Le Premier ministre a expliqué qu'il préciserait un calendrier à l'issue de ses réunions avec les partenaires sociaux, les 5 et 6 septembre prochains.
Réponse de le 30/08/2019 à 15:19 :
On ne sait jamais quelle est la part de "je m'embrouille, je t'embrouille et je t'en....e" et celle de "je m'embrouille.... parce que je n'ai ni convictions ni idées sur ce que je devrais faire"...
a écrit le 30/08/2019 à 13:52 :
Ca sert à quoi que Mr Delevoye se décarcasse pendant 18 mois à rencontrer toutes les personnes intéressées?

Soyons clairs, soit le gouvernement à un projet bien défini, clair et crédible et à ce moment il peut consulter le peuple (éventuellement par référendum, le sujet et l'ampleur de la réforme le méritent).

Soit il est encore totalement dans le flou et il cherche à gagner du temps, voire à enterrer la réforme Delevoye sur la retraite à points et dans ce cas il est inutile et contre productif de tenter de cacher çà sous une mascarade (de plus) de concertation.

Manu, on n'est pas dupe...la concertation, on sort d'en prendre, ça a couté officiellement 12 millions (sans les frais de déplacement du cortège présidentiel) et on n'a pas eu le sentiment d'avoir été entendu.

D'autre part, on sait que le "grand débat" a surtout été une occasion pour LREM de faire campagne pour les européennes à nos frais. Si tu recommences ça avec les municipales, ce sera terrible pour tes permanences.

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