Retraites : le Medef pousse le gouvernement à aller encore "plus loin"

"Réconcilier l'opinion publique avec le libéralisme, c'est le but que nous devons nous fixer", a déclaré Geoffroy Roux de Bezieux lors de son discours liminaire.
Reuters

"Réconcilier l'opinion publique avec le libéralisme, c'est le but que nous devons nous fixer", a déclaré Geoffroy Roux de Bezieux lors de son discours liminaire.
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. Devant un parterre d'invités installés près du champ de courses hippiques, le responsable du Medef a déclaré :
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Le représentant de l'organisation patronale, qui a choisi comme thème "No(s) futur(s)" en référence au mouvement punk des années 70, a réaffirmé sa volonté d'assurer un "juste" équilibre entre les différents régimes. "Nous resterons attentifs à l'équité de la réforme notamment dans l'usage des réserves. Il ne faudrait pas que les régimes 'fourmis' paient pour les régimes 'cigales'. Il ne faut pas que les réserves des salariés du privé des régimes Agirc-Arrco financent les retraites des fonctionnaires [...] Le régime Agirc-Arrco (depuis le premier janvier dernier, les deux régimes de retraite complémentaire des salariés du secteur privé ont fusionné en un seul régime, NDLR) a été formidablement bien géré par les partenaires sociaux à tel point que, alors que l'âge légal était toujours à 62 ans, nous avons crée conjointement avec les syndicats réformistes cet âge pivot de facto qui crée une décote de 10% à partir d'un certain seuil."
Le président du syndicat de dirigeants, en poste depuis un peu plus d'un an, a ajouté que "la seule solution, c'est de trouver un compromis entre l'âge et la durée de cotisation car sinon nous sommes dans une impasse financière. La seule logique de la durée de cotisation ne suffit pas [...] Nous sommes prêts à prendre en compte les carrières longues. Il est indispensable de prendre en compte le paramètre de l'âge."
Le patron des patrons avait indiqué ce mardi sur l'antenne de France inter que faire l'économie d'un relèvement de l'âge du départ à la retraite revenait "à mentir par omission aux Français". Questionné sur la proposition du chef d'Etat d'une refonte du système des retraites sur la base d'une durée cotisation plutôt que d'un relèvement de l'âge de départ, M.Roux de Bézieux a signalé "qu'il fallait faire les deux".
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De son côté, la confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) défend dans un communiqué "un relèvement de l'âge minimal légal d'ouverture des droits à la retraite à 63 ans, le montant des pensions étant ensuite calculé en fonction de la durée de cotisation". Enfin, la CFDT précise que "si elle plaide pour un régime universel, elle reste en effet vigilante à ce que cette réforme soit bien l'occasion de créer un système plus juste qui prenne mieux en compte la pénibilité du travail et s'attaque à la question du minimum de pension". L'organisation dirigée par Laurent Berger a dénoncé "l'instauration d'un âge d'équilibre collectif à 64 ans, différent de l'âge de départ légal à 62 ans".
Sous une chaleur écrasante, M.Roux de Bézieux a salué la réforme de l'assurance-chômage qui durcit les conditions d'accès aux indemnités pour les nouveaux demandeurs d'emploi et prévoit un système de bonus-malus pour certains secteurs qui abusent des contrats courts. Le décret de cette réforme houleuse a été publié au Journal Officiel en plein coeur de l'été. "Le gouvernement a été cohérent avec le programme du président aussi bien du côté des demandeurs d'emploi que celui des entreprises. Avec cette réforme, l'écart entre les revenus du travail et les revenus de remplacement sera suffisant pour inciter les demandeurs d'emploi à reprendre un travail. C'est le côté positif de la réforme. Et puis il y a le bonus-malus [...] Au départ, cela part d'une bonne intention de lutter contre la précarité et à la fin, cela se termine en usine à gaz", a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux.
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Alors que le sommet du G7 s'est achevé lundi soir sur la côte basque, la question de la forêt amazonienne en péril devrait être au centre des discussions. La venue du Brésilien Almir Narayamoga Surui chef du peuple indien Paiter-Surui, très en pointe sur la question du réchauffement climatique doit constituer un point d'orgue de cette première journée. Pour la soirée de clôture, 91 entreprises Françaises, qui avaient signé un engagement en 2017 intitulé "French Business Climate Pledge", vont venir faire un premier bilan de leurs actions en présence notamment de la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne. "Nous avons voulu une rencontre des entrepreneurs 100% développement durable, sans climatiseur, tous les stands sont recyclables. C'est symbolique mais c'est aussi avec des petits pas qu'on avance", a expliqué Geoffroy Roux de Bezieux lors de son discours liminaire.
Les inégalités devraient également être au coeur des débats lors de ce grand raout organisé dans le nord-ouest parisien. Ce thème qui est revenu de manière récurrente avec la crise des "gilets jaunes" sera abordé sous plusieurs angles : inégalités de naissance, disparités face à la santé, fractures géographiques, inégalités face à l'impôt. écarts de salaires dans l'entreprise, pauvreté. "Je pense que les inégalités sont nécessaires pour récompenser les talents.[...] Parfois, la prospérité n'a pas justement été partagée. L'ascenseur social est en panne. Le scandale français n'est pas que certains gagnent beaucoup d'argent grâce à leur talent mais que tous ne puissent pas avoir ces opportunités. Le combat que nous devons mené est que l'entreprise offre sa chance à tous", a précisé l'homme qui a déclaré s'inspirer du libéral américain Milton Friedman.
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Outre le climat et les inégalités, la raison d'être des entreprises devrait être au menu des échanges. "Trop souvent nous avons laissé la recherche de l'intérêt général à l'Etat. L'Etat n'a plus le monopole de l'intérêt général. Au même titre que les syndicats de salariés ou les ONG, nous sommes aussi les dépositaires du bien commun", a affirmé Geoffroy Roux de Bézieux. Sans nul doute, les échanges devraient faire réagir.