Les entreprises françaises pâtissent-elles davantage des lourdeurs administratives que dans les pays voisins ? Ce lundi arrive en séance publique au Sénat le projet de loi de simplification de la vie économique, porté par Bruno Le Maire. Le ministre de l'Economie a présenté fin avril un plan de 50 mesures, dont la moitié sont l'objet de ce projet de loi, afin de débarrasser les entreprises de « la paperasse ».
Bruno Le Maire a ainsi dévoilé comment l'Etat allait aider des patrons de TPE et PME « fatigués, exaspérés » par les tâches administratives, auxquelles ils consacrent « en moyenne huit heures par semaine », l'équivalent de trois points de PIB par an. Et pour cause. Il y a, en France, 400.000 normes applicables, les huit principaux codes comptent 23.000 pages, contre 828 en 1833, les entreprises et administrations s'envoient chaque année 253 millions de courriers, a souligné Bercy. Pour les petits patrons, « on est parfois chez Kafka », remarquait la ministre des Entreprises, Olivia Grégoire, fin avril.
Ce plan de simplification permettra-t-il à la France de se mettre au niveau de ses voisins sur le Vieux Continent ? Pour Olivier Rietmann, les démarches administratives sont, en effet, plus lourdes pour un chef d'entreprise en France que dans les autres pays européens. « Oui, c'est plus compliqué », confirme ainsi à La Tribune le sénateur LR, qui a fait voter au Sénat en mars une proposition de loi visant à généraliser les « tests PME », afin d'évaluer en amont l'impact des normes sur les entreprises.