La France pourrait-elle vraiment être mise sous tutelle par le Fonds monétaire international (FMI) ? Le ministre de l'Économie, Éric Lombard, a reconnu mardi matin sur France Inter « ne pas pouvoir dire que le risque » d'une intervention du FMI en France « n'existe pas », après une certaine fébrilité à la Bourse de Paris, notamment sur les valeurs bancaires, au lendemain de l'annonce par François Bayrou qu'il se soumettrait à un vote de confiance très risqué à l'Assemblée nationale le 8 septembre.
Le locataire de Bercy a ensuite rétropédalé sur X. « La situation de nos finances publiques réclame du calme et de la lucidité. Le calme, c'est de constater que l'économie française est solide, que la signature de la France sur les marchés est reconnue et que nous finançons notre dette sans difficulté : nous ne sommes, aujourd'hui, sous la menace d'aucune intervention, ni du FMI, ni de la BCE, ni d'aucune organisation internationale », a assuré le ministre de l'Économie et des Finances sur le réseau social.
« À court terme », le risque d'une intervention du FMI en France « est nul », estime Pierre Jaillet, conseiller à l'Institut Jacques-Delors et économiste à l'Iris, interrogé par La Tribune. « Pour que le FMI intervienne, il y a un certain nombre de conditions, de situations et de configurations très particulières », précise-t-il. Il faut qu'il y ait d'abord « une grave crise de la balance de paiements ». Or elle est « déficitaire au plan commercial », mais « relativement équilibrée, compte tenu de l'excédent des services ».