Dissolution, défiance, chaos, courage... Les réactions après le coup de poker de Bayrou

À la suite des annonces de François Bayrou, beaucoup de députés anticipent une chute du gouvernement le 8 septembre.
Reuters

À la suite des annonces de François Bayrou, beaucoup de députés anticipent une chute du gouvernement le 8 septembre.
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Il a choisi d'abattre une dernière carte. Pour faire comprendre aux Français, la gravité de la situation des finances publiques, François Bayrou a annoncé, ce lundi 25 août, qu'il solliciterait la confiance de l'Assemblée nationale le 8 septembre. Un coup de poker particulièrement risqué pour le Premier ministre qui ne dispose pas de majorité.
Mais qu'importe pour le Béarnais : « Le risque est la seule condition pour que les Français prennent conscience (des difficultés budgétaires, ndlr) », a-t-il martelé, la voix grave, au cours d'une conférence de presse à laquelle les poids lourds du gouvernement (Éric Lombard, Amélie de Montchalin, Gérald Darmanin, etc.) ont notamment assisté.
À l'issue de cette annonce surprise, La Tribune a fait réagir des députés. Si l'opposition voit déjà François Bayrou préparer ses cartons, au sein du socle commun - et notamment chez Ensemble pour la République (EPR) - on salue le « courage » du locataire de Matignon, même si l'inquiétude l'emporte ce soir.
« Je pense que François Bayrou a raison d'engager la responsabilité de son gouvernement. Il est courageux, mais je suis pessimiste », dit-il. Avant d'accuser la leader du Rassemblement national Marine Le Pen, qui a indiqué cet après-midi vouloir faire tomber le gouvernement, de stratégie du « chaos ». « Si Madame Le Pen veut introduire encore plus de chaos et de désordre et que cela entraîne une nouvelle dissolution, elle en sera la première responsable », avertit l'élu. « Mais je ne suis pas sûr que les Français en sortent gagnants. »
À peine la conférence de presse terminée, le Rassemblement national a donc fait savoir par la voix de Marine Le Pen qu'il votera « contre la confiance » au Premier ministre. « François Bayrou a fait son pari, il a la réponse. En tout cas, la nôtre. Maintenant, la seule solution, c'est la dissolution », indique le député Matthias Renault. Même si ce magistrat à la Cour des comptes ne cache pas son inquiétude pour le pays. « La responsabilité de cette situation revient à Macron, qui a fait 1 000 milliards de dette et a raté sa dissolution, abonde-t-il. C'est lui le problème, pas nous. » Et d'ici le 8 septembre, l'élu ne croit pas à une négociation avec le gouvernement. « Je pense que vu la tonalité de la conférence de presse, s'il se dédit avant le 8, il ruinera le peu de crédibilité qu'il lui reste », griffe-t-il encore.
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« Le Premier ministre a abattu sa dernière carte, il va faire ses cartons ! Il a fermé la porte des évolutions notables dans le budget. Au suivant ! » réagit l'élu des Yvelines. Pour le député écologiste, impossible de discuter avec l'exécutif sur ce texte. « Je ne vois pas comment négocier tant le désaccord porte sur l'orientation économique et sociale globale, reprend-il. Et François Bayrou a lui-même dit que c'était la question centrale. »
« Le Premier ministre s'est emmuré à Matignon. Sans majorité, il a créé les conditions de la défiance », pointe l'élu. « Nous avons toujours dit que le texte du budget, en l'état, n'était pas une base de négociation ». Pour les socialistes, « la situation budgétaire est grave ». Seul hic, ils ne partagent absolument pas le diagnostic fait par le Premier ministre. « La raison de cette situation, c'est l'incurie de la politique fiscale menée par Emmanuel Macron qui a grevé le budget de l'État de 60 milliards d'euros par an depuis 2017 », martèle le député. À ce stade, les socialistes « n'ont pas encore pris leur décision » quant à leur vote du 8 septembre. Mais il pourrait bien être négatif, alors que « le Premier ministre n'a pas de réflexion sur les recettes dans le budget », indique Arthur Delaporte.
« Je ne désespère pas de convaincre certains collègues républicains d'au moins s'abstenir le 8 septembre », confie-t-il. « Pour moi, cette annonce est une surprise. Mais elle permettra au moins de lever le voile entre ceux (les partis, ndlr) qui s'intéressent à la question des finances publiques et les autres », poursuit l'élu du Val-de-Marne. « De toute façon, même si François Bayrou tombe, cet effort financier un gouvernement Rassemblement national ou même La France insoumise devra le faire », prévient-il.
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Sans surprise, La France insoumise a indiqué de son côté qu'elle votera le 8 septembre pour « faire tomber le gouvernement », à l'instar du Parti communiste. Les chances pour François Bayrou de se maintenir apparaissent donc particulièrement minces. D'où ce constat établi par un vieux routier de la politique auprès de La Tribune : « François Bayrou veut sortir avec l'image du type responsable qui a tout tenté pour sauver le pays. Et il le revendiquera par la suite... » Lors d'une candidature à l'élection présidentielle de 2027 par exemple ?