Taux bas : France Stratégie recommande de muscler l'investissement public

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Pour France Stratégie, la baisse des taux d'intérêt devrait profiter à la rénovation énergétique des bâtiments.
Pour France Stratégie, la baisse des taux d'intérêt devrait profiter à la rénovation énergétique des bâtiments. (Crédits : Reuters)
France Stratégie recommande de mettre l'accent sur les investissements indispensables à la transition écologique en profitant des taux bas dans une note publiée ce jeudi,

C'est une position qui monte chez les économistes. Dans une note publiée ce jeudi 5 mars, France Stratégie suggère de profiter des taux bas "pour réaliser des investissements publics indispensables". Depuis la fin de la grande crise de 2008 et les crises des dettes souveraines en zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a déployé un arsenal de mesures non-conventionnelles pour tenter de contrer une inflation faible. Ces décisions ont entraîné une baisse durable des taux d'intérêt à court terme et à long terme. Cette politique accommodante a pour objectif de soutenir la demande par le biais de conditions de financement favorables. L'ancien économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, trouve nécessaire que, au moment où la croissance marque le pas, "les gouvernements ajustent leur politique budgétaire à ce nouveau contexte", d'après des propos rapportés dans Le Monde.

Il reste que les majorités successives évoquent souvent l'ampleur de la dette publique pour limiter les investissements. Au moment où la crise du coronavirus est en train de provoquer un choc d'offre et de demande en Chine avec des répercussions déjà sensibles sur l'économie mondiale, la question de l'opportunité des taux d'intérêt bas pour mener des politiques budgétaires plus expansionnistes devrait resurgir.

> Lire aussi : La mondialisation économique, malade du Covid-19

Des investissements stratégiques

Face à l'urgence climatique et au réchauffement de la planète, l'organisme rattaché au Premier ministre préconise d'accélérer les investissements dans la transition énergétique. Les besoins, évalués à environ un point de PIB par l'institut I4CE, sont immenses. Les auteurs du document rappellent à cet égard que la France a un sérieux retard à combler. "Premièrement, [ces investissements] sont indispensables pour que la France respecte ses engagements internationaux. Deuxièmement, différer ces investissements risque de renchérir leur coût, si l'on raisonne en termes de budget carbone", soulignent-ils. Et même si certaines dépenses ne paraissent pas rentables financièrement à première vue, elles peuvent représenter un gain significatif à plus long terme. "Par exemple, pour une collectivité publique, le remplacement de sa flotte de véhicules thermiques par des véhicules électriques est un coût net. Certaines dépenses visant à réduire les émissions de CO2 peuvent toutefois être rentables financièrement, en particulier celles visant à réduire la consommation d'énergie". Sans surprise, les économistes insistent sur la nécessité d'accroître les efforts en matière de rénovation thermique des bâtiments dans le but de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre.

"Ce gisement d'économies, d'emplois et de réduction d'émissions est encore insuffisamment exploité. Pourtant, chaque année des moyens publics importants y sont consacrés : près de 1.6 milliard d'euros en crédits budgétaires et 2.3 milliards en dépenses fiscales pour le seul segment de la rénovation énergétique des logements. Malgré ce niveau élevé d'engagement public, une hausse de près d'un tiers des investissements annuels de la nation (publics et privés) est nécessaire pour atteindre les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone sur la période 2024-2028".

Outre les investissements dans la stratégie bas carbone, le centre de recherche préconise également de multiplier les efforts dans la construction de logements étudiants à loyers modérés, plus efficaces que les allocations logement fléchées vers la population étudiante. "La réduction de loyer des étudiants bénéficiaires se traduirait par une baisse des allocations logement et donc par une économie pour la collectivité qui rembourserait l'investissement initial en 5 à 7 ans, selon les calculs du Conseil d'analyse économique".

Investissement : la France au dessus de la moyenne européenne

L'autre enseignement de cette note est que la France se classe au dessus de la plupart de ses voisins européens en termes d'investissement. L'Hexagone a ainsi consacré 4,2% de son produit intérieur brut en 2018 aux investissements. En zone euro, ce niveau s'élève à 3,6% en moyenne contre 3,6% pour l'Union européenne. Quant à l'Allemagne, elle consacre environ 3,3% de sa valeur ajoutée aux investissements. La première économie de la zone euro est souvent accusée de sous-investissement. Malgré cette position favorable de la France, l'organisme de réflexion suggère de porter "une plus grande attention à la qualité des investissements. Elle pourrait être améliorée par un meilleur choix des projets, fondé sur des évaluations socio-économiques, et une plus grande attention portée à la maintenance des équipements existants. Certains acteurs publics privilégient en effet la mise en place de nouveaux investissements au détriment de l'entretien de l'investissement existant". En s'appuyant sur les remarques de l'OCDE, France Stratégie défend des investissements renforcés vers les infrastructures numériques et la recherche et développement.

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Commentaires
a écrit le 06/03/2020 à 12:23 :
la transition énergétique est surtout un prétexte pour consolider les ressources fiscales d'un Etat dispendieux , qui se refuse à combattre : le manque de productivité de ses administrations et leurs gaspillages de coûts de fonctionnement , la fraude sociale massive , les rentes de situation des opérateurs de production et distribution d 'électricité et de gaz .
quand la Chine et l'Inde ont pour objectif de développer leur production énergétique à partir du charbon et autres ressources fossiles carbonées jusqu'à plus que doubler leurs capacités actuelles , les réductions engagées en France sur la production et consommation d'énergie carbonée sont d'un effet dérisoire .
les investissements d'avenir en France pour une transition énergétique pérenne garantissant d'abord une indépendance de ressource et un bilan coût / bas carbone compétitif devraient prioritairement s'organiser autour d'une filière nucléaire dont nous avons déjà une maîtrise technique éprouvée et des infrastructures aptes à être améliorées en capacité et durée d'exploitation .
L'éolien et photovoltaïque ne peuvent constituer que des solutions d'appoint , dont l'industrie de production échappe complètement à la France . promouvoir massivement ces solutions contribue à augmenter encore nos déficits commerciaux extérieurs , et à affaiblir notre indépendance énergétique .
France Stratégie devrait revoir sa copie .
a écrit le 06/03/2020 à 9:51 :
Sans le dire, ils (le système politique et économique font un 360°, c'est intéressant et montre bien que la politique jusqu'a présent sur la financiarisation, est erratique et abscons.

Au moins mieux vaut tard que jamais, mais a mon avis je pense que tout cela passera par les multinationales le dit parapublique bref attendons.

Car le capitalisme actuel en France, est essentiellement l'intérêt de ceux qui détiennent le pouvoir, et non la pseudo transition énergétique, qui l'a suppose, mais dire n'est pas faire.

Avoir l'argent, ce n'est pas avoir les idées, du coup il suffit qu'un élément exogène apparaisse pour que tout d'un coup le changement se fasse!
a écrit le 06/03/2020 à 9:20 :
Le problème est que la dette, à savoir impôt payé aux mégas riches par l'argent public, de plus en plus élevé, empêche d'orienter intelligemment l'argent public puisque pillé à la base.
a écrit le 05/03/2020 à 21:34 :
France Stratégie (une création macron) au secours de macron et son gouvernement (dsl j'essaie généralement de faire peu de politique mais là c'est trop gros) mais ne précise pas comment cela sera financé !!! on vous ressert une petite taxe carbone (histoire de faire diminuer votre niveaux d'épargne qui est contre-productif vu qu'il ne va pas en bourse) ? pendant que l'on diminue les impôts pour les sociétés ? qui pourront bénéficier des infrastructures sans en payer le coût ? oups je pense mal, ceci permettra de relocaliser des emplois et d'en créer de nouveaux
ceci dit je me pose la question suivante, le CICE a-t-il été utile, les 100 milliards qu'il a couté n'auraient-ils pas été plus utiles dans la transition économique ? (vu le peu d'emploi générés)
Réponse de le 06/03/2020 à 10:01 :
Pour moi la gouvernance est affairiste, et cela nous pouvons le voir sur tout les représentants. C'est même familiale....

Comme cette notion de clan, a permit a ce que les plus pauvres en 2019 perdent 250 euros ou les plus riches en ont gagné 2500 tout est dit !

La délocalisation s'est faite pour permettre aux hauts fonctionnaires de faire exploser leurs revenus, vendant l'avenir et aujourd'hui tentant de faire croire qu'ils n'auraient d'autres idéologies que celle de financer les proches.

C'est tellement visible, que lorsque l'on parle d'entreprise françaises dans le cac (ce qui permet de légitimer le cice par exemple) dans les faits les capitaux ne le sont plus.

Rien que cela montre comment l'humain n'est plus au centre.

Et au vue du fait qu'il n'y ait plus de séparation d'intérêts, que les hauts fonctionnaires formés pour assister la démocratie en principe, sont ceux qui depuis 20 se place, placent leurs enfants et bénéficie de la cooptation des gros groupes. (ce qui est fort, c'est avec le système social, de gens qui sont déjà avantagés !).

Et la ou je crois que l'innovation est clefs, des gens aussi protégés ne sont pas en capacité d'en comprendre la substance.

Ils espèrent juste trouver les benêts qui ferons le boulot a leur place pendant qu'ils prendrons l'argent.....

J'ai pu le voir dans la tec sur les 20 dernières années.

Et comme il n' y a ni sémantique, ni pédagogie, évangélisation direction bref rien que le néant de la mise en situation du président d'un pays qui décide de tout, pour un résultat qui comme un paquebot, on ne s'arrête pas a 300 mètres du bord !
a écrit le 05/03/2020 à 20:06 :
France stratégie. Quel service! Ils ne se montrent pas sur les plateaux de T.V pour débattre!
a écrit le 05/03/2020 à 18:00 :
On connait les zozos stratèges de France "stratégie". Ils ont déjà plusieurs dossiers fumeux (le ministre avait du farfelu) à leur actif. "loyer fictif" pour les propriétaires; appropriation par l 'état d' une partie du terrain sur lequel est bâti tout immeuble résidentiel , etc, etc
Ils sont une centaine !!!! d' experts rattachés au premier ministre à pondre des dossiers (de ceux qui ravissent la goche bien pensante) et qui ne le laisseront pas de grand souvenir. N' y aurait il pas là une source d' économie?
Réponse de le 06/03/2020 à 10:04 :
il est une évidence, macron est bien de droite, et je pense qu'il converge plus avec lepen que quelqu'un d'autres sur l'échiquier. Les faits sont la, donc la gauche si elle avait été, nous serions déjà dans la novation, car vous n'imaginez pas qui est derrière la gauche, de ceux aussi qui vous permettent de parler par un outil que vous avez dans votre poche.

Ceux de gauche ont fait le travail, ceux de droite on délocaliser....

Car les gens de droite, a part spéculer et se faire financer par l'état, je ne vois pas bien....

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