TGV Barcelone-Paris : le concessionnaire placé sous contrôle judiciaire

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L'entreprise TP Ferro n'a pas réussi à amener ses créanciers ainsi que les Etats français et espagnol à restructurer sa dette.
L'entreprise TP Ferro n'a pas réussi à amener ses créanciers ainsi que les Etats français et espagnol à restructurer sa dette. (Crédits : reuters.com)
La société TP Ferro, concessionnaire de la ligne à grande vitesse entre Perpignan en France et Figueras en Espagne, a demandé à être placée sous administration judiciaire faute d'un accord pour restructurer sa dette.

Décidément, la ligne TGV entre Barcelone et Paris n'en finit plus de rencontrer des obstacles sur la voie. La société TP Ferro, concessionnaire de la ligne à grande vitesse entre Perpignan en France et Figueras en Espagne, a demandé à être placée sous administration judiciaire, faute d'un accord pour restructurer sa dette.

L'entreprise, détenue à parts égales par les groupes de BTP espagnol ACS et français Eiffage, a déposé cette demande auprès du tribunal de commerce de Gérone en Espagne (nord-est), selon un communiqué.

Elle explique ne pas avoir eu d'autre choix, après l'échec des négociations entamées avec ses créanciers ainsi que les Etats français et espagnol pour restructurer sa dette, qui arrivait à échéance le 31 mars.

Elle avait à l'époque obtenu du tribunal un délai de quatre mois supplémentaire pour tenter de trouver une solution.

Les activités de la concessions menacées ?

Eifface et ACS, "soucieux du maintien du service public et de laisser un délai à la recherche d'une restructuration de la dette de TP Ferro avec les concédants et les prêteurs, ont donné à TP Ferro les moyens de poursuivre l'exploitation de la section internationale dans les mêmes conditions de haut niveau de sécurité, de fluidité et de régularité qu'auparavant", assure TP Ferro dans le communiqué.

Le concessionnaire ferroviaire assure aussi que ce nouveau développement "ne signifie pas nécessairement la fin des activités de la concession".

Son objectif et celui de ses actionnaires est de trouver "une solution pérenne à la précarité actuelle et non soutenable de son modèle économique", assure-t-il.

Selon la presse, les difficultés de TP Ferro s'expliquent par la faiblesse du trafic et le concessionnaire aurait réclamé, en vain, une rallonge de 34 millions d'euros aux gouvernements français et espagnol.

TP Ferro avait conclu en 2005 des prêts pour un montant total de 532 millions d'euros afin de financer le projet.

La ligne à grande vitesse entre les deux villes a été mise en service en décembre 2010, sur un tronçon comportant un tunnel de 8,3 kilomètres de long à travers les Pyrénées qui a coûté en tout 1,1 milliard d'euros.

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Commentaires
a écrit le 18/07/2015 à 13:16 :
Il est certain que Ferro devrait déposer le bilan, l'administration judiciaire ne fait pas de miracle. Pour éviter de tout perdre et, pour les maisons mères de devoir rembourser, ce qui ne fait aucun doute, Ferro doit se vendre rapidement. Eiffage pourrait sortir de manière négociée en prenant ses pertes, SNCF reprendrait l'ensemble avec ACS comme minoritaire. Il est illusoire de penser qu'une concession rail puisse fonctionner seule sans un réseau considérable. La légèreté de l'opération conclue avec ACS qui est un "grand ami" des entreprises françaises laisse à penser que le but recherché était d'introduire notre grand transporteur en Espagne. C'est réussi.

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