TGV low-cost : la SNCF accélère le développement de Ouigo

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Au-delà de Ouigo, la carte d'abonnement expérimentée sur IDTGV pourrait être déployée sur les TGV.
Au-delà de Ouigo, la carte d'abonnement expérimentée sur IDTGV pourrait être déployée sur les TGV.
Deux ans après le lancement de Ouigo au départ de Marne-la-Vallée, la SNCF compte déployer son offre de TGV low-cost au départ des gares franciliennes de Massy et de Roissy vers Nantes en 2017, Bordeaux et Rennes en 2018. Des nouvelles liaisons au départ de gares proches de Lille et de Strasbourg sont également prévues. Le développement de Ouigo est l’un des éléments de reconquête du TGV prévu par la SNCF pour contrer les offensives du covoiturage, des autocars et des compagnies aériennes.

Face au covoiturage en pleine croissance, l'offensive des autocars qui se prépare avec la libéralisation du secteur prévu dans la loi Macron, la concurrence du transport aérien avec à la fois les compagnies low-cost et la restructuration de l'activité point-à-point d'Air France sous la bannière Hop, la SNCF lance la refonte de son offre TGV.

Nommée à l'automne dernier à la tête de Voyages SNCF, la branche qui chapeaute l'activité TGV, Rachel Picard compte jouer à la fois sur l'amélioration de la qualité de services à bord des trains et sur les prix en combinant les offres attractives et une grille tarifaire simplifiée, souvent décriée par les clients.

Amélioration du confort

Côté confort, la SNCF va investir, entre 2016 et 2019, 1 milliard d'euros dans l'achat de 40 nouvelles rames Duplex, disposant de nouveaux sièges et d'une nouvelle ergonomie de l'espace intérieur. Ces rames, dont le premier exemplaire sera livré en septembre, compteront 20% de sièges supplémentaires (556 places contre 446 aujourd'hui) mais leur configuration ne touchera pas le confort, assure Rachel Picard.

«L'inclinaison des sièges sera supérieure», explique-t-elle.

Par ailleurs, 24 rames Duplex aujourd'hui en circulation seront également réaménagées pour disposer du même équipement intérieur. Une option a été posée sur 21 rames supplémentaires. Outre le développement de la 3G et la 4G pour permettre un accès fiable à Internet, la SNCF prévoit une offre de divertissement à bord (accessible via les ordinateurs tablettes ou smartphones des passagers) ainsi qu'un grand nombre de nouveautés qui seront annoncées en 2016 pour proposer l'ensemble de sa nouvelle offre au moment de l'ouverture des nouvelles lignes en 2017. «Ce sera un feu d'artifice», garantit Rachel Picard. Cette dernière travaille déjà sur l'aménagement du TGV du futur qui devrait être commandé vers 2019.

Cette amélioration du service à bord se conjugue avec la multiplication des services favorisant le transport de porte-à-porte. En cours de finalisation, le pass multimodal IDPpass permettra de combiner le billet de trains à l'accès à d'autres modes de transport.

La fin du maquis tarifaire?

Côté prix, outre la commercialisation de 20% des billets à petits prix comme le veut le son président, Guillaume Pepy, la SNCF va développer Ouigo, son offre de TGV low-cost qui propose des prix d'appel à 10 euros. Lancé en 2013 entre la gare de Marne-la-Vallée et celles de Lyon (toutes gares), Valence, Avignon, Aix-en-provence, Marseille, Montpeliier, Ouigo sera mis en place vers Nantes en septembre 2016, puis Bordeaux et Rennes (l'axe où le covoiturage est le plus développé) en 2017, au départ des gares d'Île-de-France de Roissy-Charles-de-Gaulle (au nord de Paris) et de Massy (au sud). Devraient également s'ajouter d'autres liaisons au départ de gares à proximité de Lille et de Strasbourg. D'autres liaisons sont déjà dans les cartons pour la période post 2020.

«Nous explorons les gares fantômes », explique Rachel Picard. Autrement dit des gares techniques qui disposent aujourd'hui de l'infrastructure ferrée mais qui n'accueillent pas de voyageurs.

Au-delà de Ouigo, Rachel Picard veut remettre à plat la gamme tarifaire TGV. Ce travail doit être achevé en fin d'année. A cette occasion, la carte d'abonnement expérimentée sur IDTGV pourrait être déployée sur les TGV. Dans l'attente, la SNCF va commercialiser, pour les détenteurs d'une carte des billets à tarifs réduits (jusqu'à 50%) pour des réservations quelques jours avant le départ. Mais cette offre n'a pas vocation à s'installer.

«C'est une réponse tactique pour cette année », explique Rachel Picard.

Une offre PME plus agressive est également prévue en mai. Elle sera en concurrence avec celle que prépare Hop Air France.

La nouvelle LGV Sud Europe Atlantique structurellement déficitaire

La stratégie de la SNCF est claire : augmenter le chiffre d'affaires plutôt par la hausse du trafic que par celle du panier moyen. C'est ce qui s'est passé au cours des deux premiers mois de l'année. Malgré la baisse de 1,2 % du panier moyen, la hausse de 0,5% du trafic a permis d'augmenter le chiffre d'affaires de 1% (cette hausse constitue l'objectif de l'année). Combinée à une baisse des coûts de 80 millions d'euros budgétés cette année (100 millions l'an dernier), la rentabilité des TGV doit, comme en 2014, s'améliorer de 0,5 point cette année.

Pour autant, la flambée des coûts des péages pour l'utilisation des voies ferrées plombe le système.

«En 2014, le TGV a dégagé trois milliards d'euros de marge opérationnelle, nous en reversons 2,2 milliards pour les péages et nous investissons chaque année entre 500 et 800 millions d'euros. Le modèle s'équilibre mais nous ne pouvons pas augmenter notre contribution au financement de l'infrastructure», explique Rachel Picard.

Une allusion à la mise en service des quatre nouvelles lignes à grande vitesse (LGV) et notamment la LGV Sud Europe Atlantique qui mettra enj 2017 Bordeaux à 2h10 de Paris (contre 3 heures aujourd'hui). La SNCF prévoit entre 100 et 200 millions d'euros de pertes par an sur cette ligne ».

« Le revenu généré par la hausse du trafic (+12%, selon les prévisions, ndlr) ne suffira pas à payer la hausse des charges d'infrastructures par rapport à aujourd'hui », explique Rachel Picard.

La hausse des péages devrait se situer quelque part entre un doublement et un triplement des prix par rapport à aujourd'hui.

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Commentaires
a écrit le 13/03/2015 à 7:50 :
Paris -Bordeaux 2 h10 : oui mais Paris Poitiers et Paris Angoulême avec la nouvelle ligne ? ce sera moins de trains qu'actuellement et qui dit Paris Angoulême devra s'arrêter à st pierre des corps, chatellerault, poitiers. quel gain? = 0. de plus, des gares excentrées font perdre du temps ( voir Lyon st Ex-inutile, Valence- Avignon).Mais il y aura pire: la future ligne Poitiers Limoges va entraîner la mort de ville comme Chateauroux, Argenton sur creuse, Vierzon, moins bien servie qu'avec la POLT.
au fait, j'ai cherché un billet de TGV sur le site de la sncf (voyages sncf ): impossible de les joindre depuis 2 jours !!!!
Réponse de le 15/03/2015 à 13:56 :
Si la LGV Poitiers-Limoges ne se fait pas, ce n'est pas des villes qui vont mourir mais toute une large région (Limousin, Périgord, Quercy...) . Et même si elle ne se fait pas, il ne faut pas croire que la ligne historique sera favorisée. La SNCF va y mettre en place des TER et tout le monde sera perdant. Merci à tous les détracteurs.
a écrit le 12/03/2015 à 21:32 :
Je ne sais pas si ses Messieurs-Dames de la SNCF le savent, mais il y a encore des villes ignorées par le TGV. Pour parodier une célèbre phrase d'Intouchables, pas de TGV = pas de low-cost. Les bons vieux Corail hors de prix sont bien assez bons pour nous. Et puis, avec un peu de chance, on aura droit aux cars...
Réponse de le 18/03/2017 à 13:51 :
Bonjour,
Juste une info que vous ne savez pas, mais si certaines gares ne sont pas desservies par le TGV ce n'est pas seulement une décision de la sncf mais aussi et surtout de vos régions. Je m'explique, ter gérés par les régions et rapportent qu'aux régions donc la mise en place de ligne 100% TER est stratégique
a écrit le 12/03/2015 à 14:53 :
Voilà la 3ème classe pour les pauvres. En complément des bus bien sûr.... et des Dacia. La France devient pauvre car l'état l'écrase.
a écrit le 12/03/2015 à 11:41 :
Et si au lieu de se concurrencer la SNCF et Air France se complétaient ? Pourquoi ne pas essayer un avion Lyon - New York avec pré-acheminement en train au départ de Marseille (voire Toulon) et de Montpellier. Après tout, Roissy est saturé et la gare TGV de Lyon St Saint-Exupéry ne sert pas à grand-chose à l'heure actuelle.
Réponse de le 18/03/2017 à 13:53 :
Bonjour,
Ce produit existe déjà
a écrit le 12/03/2015 à 8:12 :
Ouigo…. ça veut dire quoi déjà ? c'est du français ?…. ou du japonais ?…. :-))
Réponse de le 12/03/2015 à 12:40 :
Heureusement la stratégie de la SNCF est plus claire et transparent. Un peu comme les prix.

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