Titres-restaurant : l'achat de produits alimentaires à nouveau autorisé
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Les tickets restaurant permettront de nouveau d'acheter des produits alimentaires.
JIM VONDRUSKA
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Les tickets restaurant permettront de nouveau d'acheter des produits alimentaires.
JIM VONDRUSKA
Peu après le discours de politique générale de François Bayrou, lu par Elisabeth Borne au Sénat, les élus de la Chambre haute sont passé au vote pour leur rentrée parlementaire. En jeu dans ce scrutin : la reconduction de la dérogation qui permettait aux détenteurs de titres-restaurant de les utiliser à des fins alimentaires, c'est-à-dire pour acheter de la nourriture en magasin.
Initialement accordée pendant la crise du Covid-19, la dérogation devait être reconduite au cours du mois de décembre, mais la censure du gouvernement Barnier en a voulu autrement. Depuis le 1er janvier, seuls les « préparations alimentaires directement consommables, à réchauffer ou à décongeler », les « produits laitiers » et les « fruits et légumes » pouvaient être réglés en caisse par les fameux « tickets restos. » Du moins selon la loi. Car, au cours des 14 derniers jours, la plupart des supermarchés n'ont pas mis à jour les logiciels des caisses enregistreuses, laissant la possibilité aux clients de payer tout produit alimentaire en tickets-restaurant. De quoi provoquer l'ire des restaurateurs.
En effet, les restaurateurs sont opposé à l'utilisation des tickets-restaurant dans les supermarchés. « Le titre-restaurant devient un titre alimentaire, il perd définitivement son objet », s'était désolée mi-novembre Catherine Quérard, présidente du syndicat patronal des restaurateurs GHR. Selon le GHR, la part des recettes en titres-restaurant dans la restauration a diminué depuis deux ans, tandis que celle dépensée dans la grande distribution est passée de 22,4% fin 2022 à 30,1% mi-2024.
Dans leur opposition, ils étaient rejoints par les sénateurs de gauche qui considèrent le ticket restaurant comme un substitut de salaire, et non comme une réponse pérenne à la crise du pouvoir d'achat. « Il me semble que nous tenons là une mesure bienvenue de simplification, extrêmement plébiscitée et tout à fait logique », a cependant affirmé la ministre déléguée aux Petites et Moyennes entreprises, Véronique Louwagie, satisfaite de cette adoption définitive qui permettra de mettre « fin le plus vite possible à la situation d'incertitude et de gêne que les consommateurs connaissent aujourd'hui ».
Sénateurs de droite comme de gauche, restaurateurs et syndicats de la distribution, s'accordent cependant tous pour pousser à une réforme en profondeur du « ticket resto. » La dérogation, qui prendra fin en 2026, pourrait ainsi être la dernière avant une adaptation du titre restaurant aux usages à ses usages contemporains et aux nouveaux modes de travails : télétravail et achat de produits alimentaires principalement.
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« Mon objectif est que nous puissions présenter les grandes lignes de la réforme du titre-restaurant dès cet été, afin de dresser des perspectives claires pour l'ensemble des acteurs concernés en vue d'une mise en œuvre effective dans les mois qui suivent » , a ainsi expliqué la rapporteur Les Républicains Marie-Do Aeschlimann.
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