Manger au restaurant en solo, la vraie paix ?
François Simon
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Manger seul au restaurant à l'occasion de la fête des célibataires, ça vous tente ?
LTD/Look and Learn/Bridgeman
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Manger seul au restaurant à l'occasion de la fête des célibataires, ça vous tente ?
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Certes, la « journée de » tombe tous les jours de l'année. Elle nous ramène au sol façon pétage de câble dans une cabine d'ascenseur : journée des serpents, des câlins, de la pizza. Un jour viendra avec celle de l'œuf à la coque, du gant à four... Mais cette journée des célibataires a tout de même du poil au menton. Elle remonte aux années 1990.
Elle aurait été lancée par des étudiants chinois s'appuyant sur la répétition du chiffre 1 dans le 11 novembre (11) ; le chiffre 1 représentant, en Chine, l'individualité. Une sorte de Saint-Valentin à l'envers, une Sainte-Catherine universelle, où l'on célèbre la fierté d'être célibataire. Vaste débat si l'on se promène dans les restaurants le soir venu. S'il existe des tablées baignant dans la félicité d'être à deux, celle bien souvent des amants, des futurs proches, force est de constater que les tablées de couples teufteufent dans la routine et le radis beurre.
Parfois, ils regardent les esseulés avec une envie non feinte pour cette félicité sol(it)aire. Ces derniers, les solistes, n'ont parfois pas le choix. Rien ne leur convient, et même, quitte à se cogner un jambon, ils préféreraient être attablés, parler de la météo et des jeans en boîte de nuit. Ce serait oublier les vrais célibataires, ou même ceux d'un soir, venus goûter l'insondable bonheur d'être seul au restaurant.
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Être seul au restaurant, c'est sans doute l'un des actes les plus courageux de la terre. De retrouver ainsi l'une des personnes dont on devrait se rapprocher, avec qui converser, à bichonner, c'est‑à-dire soi. Oui, vous. Quand avez-vous pour la dernière fois dîné, déjeuné seul avec vous-même ? Pas ce genre de repas bouée de secours, mais délibérément provoqué avec toute la sensualité d'un(e) hédoniste. Choisir des nourritures que l'on aime, dans un cadre paisible (ou survitaminé), déclencher son bon plaisir, prendre un verre de vin (ou deux, ou trois), reprendre deux fois de la mousse au chocolat. Et partir sur un coup de tête.
François Simon
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