Des vainqueurs aux anges, des perdants en larmes... La voilà enfin cette fameuse « clarification » promise à la hâte et à l'aveugle par Emmanuel Macron, le 9 juin, en dissolvant l'Assemblée nationale. Depuis que les premières médailles des JO de Paris 2024 ont été distribuées, samedi à Châteauroux, les mots ont retrouvé un sens : aux premiers l'or, aux deuxièmes l'argent, aux troisièmes le bronze. Aux autres les regrets. Les Français - moi du moins - ont soif de records authentifiés, de médailles certifiées, de victoires tranchantes, de podiums incontestables, fussent-ils attribués au millième de seconde. Une fois passés les hymnes, vainqueurs et vaincus se rejoignent sur la plus haute marche, épaules soudées, breloques autour du cou.
La clarification, tout le monde s'y met. Joe Biden donnait-il des signes évidents de fatigue aux États-Unis ? Hop, Kamala Harris le remplace dans la course à la présidentielle américaine. Cyril Hanouna avait-il poussé le bouchon un peu loin en laissant s'exprimer les opinions les plus nauséeuses sur C8 ? Hop, l'Arcom, l'autorité de régulation de l'audiovisuel, prive Baba et sa bande de pimpins d'un port d'attache sur la TNT. Il n'y a qu'en politique que ça coince un peu. Personne ne veut reconnaître sa défaite. Du coup le président de la République se met à jouer les coachs, surestimant sans doute le pouvoir qu'il lui reste. Il fixe l'objectif, dessine au tableau noir un schéma tactique sans s'embarrasser des questions d'intendance. Son système de jeu tient en quelques mots : un gouvernement de large union. Il a même décidé tout seul de la date de la reprise de l'entraînement, même s'il ne connaît pas les joueurs et joueuses qui composeront l'équipe : après le 15 août, quand les JO ne seront plus qu'un souvenir et que les médias auront retrouvé de l'espace disponible pour s'intéresser à autre chose qu'aux héros de l'Olympe.