Dans le monde syndical, heureusement qu'il y a les fonctionnaires pour permettre une certaine unité. Sinon, au niveau interprofessionnel, le moins que l'on puisse dire est que les syndicats continuent d'avancer en ordre dispersé. Réunies en intersyndicale - la première depuis l'élection d'Emmanuel Macron - lundi 9 octobre au siège de la CGT, les organisations syndicales ont échoué, comme on pouvait le présager, à arrêter une riposte unitaire aux réformes du gouvernement. Résultat, seule la CGT appelle à une nouvelle journée d'actions le 19 octobre. Les syndicats ont juste convenu de faire un nouveau point de la situation tous ensemble le 24 octobre... c'est tout. Pour la CGT, à l'initiative, "l'un des objectifs principaux" était d'"organiser une grande journée unitaire pour faire converger tous les mécontentements", avait résumé son numéro un, Philippe Martinez.
Mais les syndicats ont constaté l'absence de "vision commune" des actions à mener pour peser sur les réformes et se reverront le 24 octobre, a annoncé Véronique Descacq, la numéro deux de la CFDT.
De fait, Emmanuel Macron a prévu de rencontrer les responsables patronaux et syndicaux jeudi 12 et vendredi 13 octobre pour évoquer les nouvelles réformes à venir (assurance chômage, formation professionnelle, apprentissage).
Pascal Pavageau (FO), très probable successeur de Jean-Claude Mailly, a relevé de son côté des "divergences" lors de la réunion mais a estimé que le rendez-vous du 24 octobre "pourrait aboutir à un appel à la mobilisation en novembre ". Il est vrai que les instances de FO, malmenées par la base, avaient décidé de lâcher un peu de lest...
La CFE-CGC souhaite aussi une mobilisation unitaire. Il est donc fort possible qu'une journée soit organisée en novembre. Mais, a priori, ce sera sans la CFDT. Sauf si les projets gouvernementaux sur l'assurance chômage font sortir la centrale de Laurent Berger de ses gonds en remettant en cause son aspect assurantiel.
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Pour l'unité, donc, il ne reste que les fonctionnaires dont les neuf organisations syndicales, pour la première fois depuis dix ans, se retrouvent dans la rue ce 10 octobre. On connait, l'objet de leur courroux : suppressions de 120.000 postes d'ici à la fin du quinquennat, gel des rémunérations, rétablissement du jour de carence, remise en cause de leur statut... Pour éviter que les choses ne s'enveniment, le gouvernement a commencé à déminer. Le Premier ministre Edouard Philippe a assuré que l'augmentation de 1,7 point de la CSG serait entièrement compensée. Quant au ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, il recevra les organisations syndicales le 16 octobre, non seulement pour évoquer la question salariale mais aussi pour engager une réflexion sur les missions de de la fonction publique... et donc son périmètre.
Dans les semaines à venir donc, la priorité du gouvernement va être d'éviter que les différents mécontentements ne coagulent.
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C'est déjà pour cette raison qu'il a lâché du lest avec les routiers en sanctuarisant leur régime de primes, quitte à faire - déjà- une entorse aux nouvelles règles prévues par les ordonnances réformant le droit du travail... D'autant plus que le débat sur le budget 2018, qui s'ouvre ce 10 octobre à l'Assemblée nationale, risque d'échauder les esprits avec le sentiment que les principales mesures visent à alléger l'imposition des « riches ».
(avec AFP)
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