Unité syndicale... c'est raté sauf chez les fonctionnaires

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Seule la fonction publique affiche une unité syndicale avec les 9 organisations de fonctionnaires qui appellent à descendre dans la rue ce 10 octobre. Dans le privé, en revanche, les syndicats continuent d’avancer en ordre dispersé.
Seule la fonction publique affiche une unité syndicale avec les 9 organisations de fonctionnaires qui appellent à descendre dans la rue ce 10 octobre. Dans le privé, en revanche, les syndicats continuent d’avancer en ordre dispersé. (Crédits : Stephane Mahe)
L'intersyndicale réunie lundi 9 octobre n'a débouché sur aucune action commune. La CGT redescendra dans la rue le 19 octobre et toutes les organisations se reverront le 24 octobre. En revanche, chez les fonctionnaires, l'unité syndicale prévaut.

Dans le monde syndical, heureusement qu'il y a les fonctionnaires pour permettre une certaine unité. Sinon, au niveau interprofessionnel, le moins que l'on puisse dire est que les syndicats continuent d'avancer en ordre dispersé. Réunies en intersyndicale - la première depuis l'élection d'Emmanuel Macron - lundi 9 octobre au siège de la CGT, les organisations syndicales ont échoué, comme on pouvait le présager, à arrêter une riposte unitaire aux réformes du gouvernement. Résultat, seule la CGT appelle à une nouvelle journée d'actions le 19 octobre. Les syndicats ont juste convenu de faire un nouveau point de la situation tous ensemble le 24 octobre... c'est tout. Pour la CGT, à l'initiative, "l'un des objectifs principaux" était d'"organiser une grande journée unitaire pour faire converger tous les mécontentements", avait résumé son numéro un, Philippe Martinez.

Mais les syndicats ont constaté l'absence de "vision commune" des actions à mener pour peser sur les réformes et se reverront le 24 octobre, a annoncé Véronique Descacq, la numéro deux de la CFDT.

"On a convenu une prochaine rencontre, une fois que chaque organisation aura rencontré le président de la République d'une part et le Premier ministre d'autre part, dans l'espoir d'en savoir plus sur les intentions du gouvernement", a-t-elle expliqué.

Trop de divergences entre les organisations

De fait, Emmanuel Macron a prévu de rencontrer les responsables patronaux et syndicaux jeudi 12 et vendredi 13 octobre pour évoquer les nouvelles réformes à venir (assurance chômage, formation professionnelle, apprentissage).

Pascal Pavageau (FO), très probable successeur de Jean-Claude Mailly,  a relevé de son côté des "divergences" lors de la réunion mais a estimé que le rendez-vous du 24 octobre "pourrait aboutir à un appel à la mobilisation en novembre ". Il est vrai que les instances de FO, malmenées par la base, avaient décidé de lâcher un peu de lest...

La CFE-CGC souhaite aussi une mobilisation unitaire. Il est donc fort possible qu'une journée soit organisée en novembre. Mais, a priori, ce sera sans la CFDT. Sauf si les projets gouvernementaux sur l'assurance chômage font sortir la centrale de Laurent Berger de ses gonds en remettant en cause son aspect assurantiel.

Fonctionnaires: le gouvernement tente de déminer

Pour l'unité, donc, il ne reste que les fonctionnaires dont les neuf organisations syndicales, pour la première fois depuis dix ans, se retrouvent dans la rue ce 10 octobre. On connait, l'objet de leur courroux : suppressions de 120.000 postes d'ici à la fin du quinquennat, gel des rémunérations, rétablissement du jour de carence, remise en cause de leur statut... Pour éviter que les choses ne s'enveniment, le gouvernement a commencé à déminer. Le Premier ministre Edouard Philippe a assuré que l'augmentation de 1,7 point de la CSG serait entièrement compensée. Quant au ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, il recevra les organisations syndicales le 16 octobre, non seulement pour évoquer la question salariale mais aussi pour engager une réflexion sur les missions de de la fonction publique... et donc son périmètre.

"On attend que le gouvernement entende ce que disent les neuf fédérations de fonctionnaires et que, le 16 octobre, soit vraiment prise la mesure de cette expression", a prévenu la secrétaire générale de la FSU Bernadette Groison.

Eviter la coagulation des mécontentements

Dans les semaines à venir donc, la priorité du gouvernement va être d'éviter que les différents mécontentements ne coagulent.

C'est déjà pour cette raison qu'il a lâché du lest avec les routiers en sanctuarisant leur régime de primes, quitte à faire - déjà- une entorse aux nouvelles règles prévues par les ordonnances réformant le droit du travail... D'autant plus que le débat sur le budget 2018, qui s'ouvre ce 10 octobre à l'Assemblée nationale, risque d'échauder les esprits avec le sentiment que les principales mesures visent à alléger l'imposition des « riches ».

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 11/10/2017 à 19:30 :
Les glaces ont sonné ? Franco est mort ?
a écrit le 11/10/2017 à 12:19 :
Et penser que l'on installe des fonctionnaires, a nos frais, dans cette zone administrative qu'est l'UE de Bruxelles pour remplacer les nôtres!! Râler sur les conséquences au lieu de s'attaquer aux causes me semble bien absurde!
a écrit le 11/10/2017 à 10:32 :
Les paresseux ou les faignants comme dit Jupiter Macron qui sont 5,3 millions d'agents publics qui ne sont jamais content et passe leur temps à pleurer, suffirait d'aligner leur statut et leur condition sur le privé c'est-à-dire de droit privé de même pour le futur code de travail concocté par Jupiter Macron. Croyez moi là ils fermeront leur gueule et en particulier les syndicats du public. L'état doit revenir à des fonctions régalienne.
a écrit le 11/10/2017 à 3:21 :
Ce serait bien d'éviter d'opposer fonctionnaires et secteur privé: le vrai problème vient de ces HAUTS-fonctionnaires, dont nos élus nationaux et internationaux, qui règlent notre quotidien à nos dépens; ah! Si seulement ils étaient payés aux résultats!
a écrit le 10/10/2017 à 19:54 :
Facile de critiquer les fonctionnaires quand on ne précise pas quel métier on fait.
Aujourd'hui les cadres du privé ont le plein emploi et sont bien mieux payés que les fonctionnaires. Ce sont eux les privilégiés.
Et en plus seul une minorité d'entre eux produit réellement des richesses.
Réponse de le 10/10/2017 à 20:42 :
Aujourd'hui les cadres du privé ont le plein emploi et sont bien mieux payés que les fonctionnaires. Ce sont eux les privilégiés.


Un agrégé a 12 heures par semaine et a 5 mois de vacances gagne moins !!!
Réviser vos classiques ... En taux horaire un est surpayé l'autre vivote .
Réponse de le 11/10/2017 à 0:09 :
@A bon
Alors là le discours typique du salarié du privé. On cite les agrégés, (qui ne représentent que 1% des fonctionnaires, corps d'élite et les 99% restants?), on fait passer leur temps de service pour leur temps de travail réel et pour couronner le tout on revoit le temps de service à la baisse.
Mais c'est combien le salaire des 1% de cadres les mieux payés?
Et depuis quand les cadres du privés "vivotent"?
Réponse de le 11/10/2017 à 5:09 :
@ à bon . Encore un âne qui a besoin de bouc émissaire et s'en tient à la présence devant les élèves !
Exit les préparations ' les corrections et les. Recherches .....!
L'objectivite niveau. Zéro !
Réponse de le 11/10/2017 à 6:33 :
@johnmckagan
Lrs cadres du privé ont le plein emploi, s
Réponse de le 11/10/2017 à 6:35 :
@johnmckagan
Les cadres du privé ont le plein emploi, sur quelle planète vivez-vous?
Réponse de le 11/10/2017 à 14:13 :
@oliver
En France
http://www.leparisien.fr/economie/emploi/vers-le-plein-emploi-pour-les-cadres-07-07-2017-7117413.php
a écrit le 10/10/2017 à 19:13 :
Quand il s'agit de f... le b... et de ne rien faire, il faut quand même constater que les fonctionnaires sont les plus forts...
Réponse de le 11/10/2017 à 5:13 :
Belle analyse de comptoir !
Remet nous donc une tournée Marcel. !
a écrit le 10/10/2017 à 18:21 :
Les loups sont rentrés dans Paris Martinez et jc mailly ? Mailly le tretes ils attend une place promise part macron le king ?
a écrit le 10/10/2017 à 17:43 :
C’EST CONTRE LES CAUSES QU’IL FAUT MANIFESTER, PAS CONTRE LES CONSÉQUENCES.

"Je ne manifesterai pas contre Macron" ..

Voici une excellente petite vidéo de 5 minutes, réalisée par une adhérente de l’UPR, qui explique pourquoi ce n’est pas contre les marionnettes du gouvernement qu’il faut manifester mais contre les traités européens qui en tirent les ficelles.

https://www.youtube.com/watch?v=INTtkLrt8wE
Réponse de le 10/10/2017 à 19:54 :
Excellente analyse, pétillante et pleine de perspicacité. L' UPR doit avoir place au débat. Comme le répète François Asselineau, aucun candidat ne gagne en n'ayant qu' 1% du temps de parole. Il est temps que les 29 000 adhérents se mobilisent dans des démarches collectives pour lutter massivement contre la censure dont l'UPR, ses adhérents et ses sympathisants font l'objet de la part des politiques
et médias européistes !
Bravo .
a écrit le 10/10/2017 à 16:24 :
Fini les ordonnances avec de gentils analgésiques, le docteur Macron va maintenant leur prescrire la chimiothérapie :-)
a écrit le 10/10/2017 à 15:51 :
c est pourtant ces syndicats qui ont appele a vote massivement macron.
a écrit le 10/10/2017 à 15:32 :
Fonctionnaires au boulot, on a un pays à reconstruire et une Europe à réformer.
Réponse de le 10/10/2017 à 19:57 :
Et vous quel métier faites-vous pour reconstruire le pays, que produisez vous pour l'exportation?
J'ai clairement envie de lâcher tous mes préjugés sur votre métier, mais c'est de bonne guerre non?
Réponse de le 11/10/2017 à 5:16 :
En périodes de crises les jalousies sont exacerbées. !
Réponse de le 11/10/2017 à 6:29 :
@johnmckagan
Votre réponse est sans intérêt et ne change en rien l'état lamentable, et qui s'agrave, de nos SERVICES publiques depuis 50ans. Coût v.s rendement...on est mal.

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