Vent de panique à la tête de l'État face au « scénario de la peur »

Marc Endeweld
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En juillet dernier, l'un de mes contacts rencontra dans une grande enseigne de bricolage un ancien haut cadre d'EDF. Ce dernier n'en menait pas large : il était en train d'acheter un groupe électrogène en prévision de futures coupures d'électricité. Car cet homme de la technique savait, dès cet été, qu'en l'état actuel du parc nucléaire français, le réseau électrique serait soumis à de très fortes tensions durant l'hiver.
Et pourtant : à l'époque, en France, aucun responsable politique ou économique évoquait ouvertement un tel scénario. Les spécialistes et initiés s'y préparaient. Pas les hauts fonctionnaires ou les responsables politiques qui ne cessent de naviguer à vue et d'avancer la tête dans le guidon. En politique, le court terme prime, comme les polémiques lancées sur les chaînes d'info.
Forcément, maintenant que les températures frôlent les degrés négatifs, la panique gagne le personnel politique. Cette semaine, ce fut même un grand festival de cacophonie. D'un côté, on trouva ainsi Olivier Véran, porte-parole du gouvernement pour faire dans la méthode Coué : « Nous ne sommes pas en train d'annoncer qu'il y aura des coupures d'électricité cet hiver ». Et le même jour, Olivia Grégoire, ministre déléguée des PME et du Commerce, admettait lors d'une interview télévisée : « il est possible qu'il y ait des coupures d'électricité qui concerneraient quelques millions de Français par jour ». Pour ne rien arranger, au même moment, trois arrondissements parisiens du centre (les 3ème, 4ème et 5ème) se sont retrouvés dans le noir complet durant près de vingt minutes suite à un incident technique. De quoi enflammer Twitter avec des journalistes parisiens pris de panique...
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Le week-end dernier pourtant, c'est le président lui-même qui avait décidé d'intervenir sur le sujet après avoir laissé sa Première ministre gérer le dossier, pour fustiger ces « scénarios de la peur ». Emmanuel Macron tenait à fustiger alors le « scénario fictif » de coupures de courant, tout en essayant de rassurer : « Pas de panique, ça ne sert à rien ». Bien évidemment, dans un avion, quand on en est déjà à dire « pas de panique », c'est que la situation n'est pas idéale.
Marc Endeweld
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