Vers une société du "détravail" ?
Patrick Cappelli
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« Le travail c'est la santé
Rien faire c'est la conserver
Les prisonniers du boulot
N'font pas de vieux os »
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Dès 1965, en pleines Trente Glorieuses, Henri Salvador alertait « ces gens qui courent au grand galop en auto, métro ou vélo » sur les dangers d'un rythme de travail effréné. L'abandon du bureau pendant plusieurs semaines et le télétravail effectué depuis sa maison de campagne ont fait réfléchir beaucoup de salariés. Une étude Monster et YouGov de 2020 a montré que 55 % des Français ont été amenés à réfléchir au sens de leur emploi. De plus en plus de salariés abandonnent des métiers difficiles, chronophages et mal rémunérés dans la restauration ou la santé. Entre février 2020 et février 2021, 50 000 personnes employées dans l'hébergement-restauration ont quitté leur job et 21 000 sont parties vers d'autres activités d'après la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques). Des cadres et des entrepreneurs aux revenus confortables et aux postes à responsabilité ont eux aussi changé de vie. Travailler moins pour vivre mieux devient tendance. La preuve : la semaine de quatre jours refait surface en cette année d'élection présidentielle. Total annonce réfléchir sérieusement à la mettre en place et LDLC, enseigne de matériel informatique, l'a instaurée depuis un an. Le candidat EELV Yannick Jadot a dit qu'il lancerait une concertation citoyenne sur le sujet s'il était élu. Les 32 heures sont une autre revendication des partis et candidats de gauche - la France Insoumise, EELV, Parti Communiste, Christiane Taubira - qui mettent en avant une étude de la Dares montrant que les 35 heures ont permis la création de 350 000 emplois sur la période 1998-2002. Malgré la fin de non-recevoir de la ministre du travail Élisabeth Borne sur un passage généralisé aux 32 heures et les réticences des syndicats patronaux qui hurlent à la remise en cause de la valeur travail, certains s'engouffrent dans ce mouvement émergent. C'est le cas des jeunes activistes nantais du Collectif Travailler Moins, qui nous invitent à ralentir pour vivre plus et à extirper le travail de la place centrale qu'il tient dans nos existences.
Patrick Cappelli
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